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Publié le jeudi 15 février 2018 à 18h35min par Aurélie de Varax

Pollution de l’air : « les émissions associées à l’aéroport de Toulouse-Blagnac sont réelles mais minimes »

Atmo Occitanie a révélé mercredi 10 février l’état des connaissances sur l’impact de l’activité d’Aéroport de Toulouse-Blagnac sur la qualité de l’air. Bilan : entre 2 et 5 % des émissions de Toulouse Métropole. La voiture reste le grand pollueur de la métropole toulousaine.

Mercredi 10 février, Atmo Occitanie, organisme indépendant chargé de mesurer et analyser la pollution sur la région Occitanie a levé le voile sur un sujet sensible pour les toulousains : l’impact des activités de l’aéroport de Toulouse-Blagnac (ATB) sur la pollution atmosphérique de l’ère environnante. Une zone à enjeux forts étant donné la taille de l’édifice et sa proximité avec l’agglomération toulousaine. Et le verdict est sans appel : "les émissions associées à l’aéroport de Toulouse-Blagnac sont de l’ordre de 2% à 5 % des émissions de Toulouse Métropole" a déclaré Dominique Tilak, directrice générale d’Atmo Occitanie. "L’impact est réel mais minime et toujours en deçà des seuils autorisés. Il est limité aux abords de la zone de roulage des pistes et des axes routiers et ne comporte pas d’impact direct sur les populations environnantes."

Dans le détail, la part de la pollution provenant de l’aéroport sur les émissions de Toulouse Métropole est de 5% des émissions de dioxyde d’azote (Nox), 2 % des particules fines (PM10), 2,5% des particules ultrafines (PM 2,5) et 3 % des émissions de gaz à effet de serre. Autre information utile : 86% à 89% de ces polluants sont issus directement de l’activité des aéronefs, au décollage surtout, le reste provenant des activités au sol des sous-traitants, de l’activité routière de la Rocade pour accéder à l’aéroport et du chauffage.

Modelisation de la dispersion des polluants

Fort d’un partenariat avec ATB, Atmo Occitanie surveille l’air de la zone aéroportuaire depuis 2004. Unique en son genre en France, le dispositif comprend deux stations fixes de mesure de la pollution de l’air, l’une au bord des pistes et l’autre à proximité de l’accès routier aux parkings. Une station mobile provisoire a été ajoutée au nord des pistes et une trentaine de points de mesures mobiles qui mesurent le dioxyde d’azote et le benzène en proximité des pistes. Un travail qui fait référence au niveau national depuis sa reconnaissance en 2014 par l’Acnusa, l’Autorité de Contrôle des Nuisances Aéroportuaires.

Mais ce qui fait la richesse des résultats obtenus sur l’année 2017, c’est la validation d’un modèle sur la dispersion de la pollution. Celui-ci a pu être réalisée en agrégeant toutes les données obtenues avec les données météo ainsi que l’historique, heure par heure, de l’ensemble des mouvements d’avions. « Nous avons découpé les décollages par tranches de 50 mètres entre le sol et l’altitude de 900 mètres pour mesurer à chaque fois la pollution ramenée au sol », précise Dominique Tilak. En 2018, le même travail sera réalisé pour étudier la situation lors d’un épisode de pollution c’est à dire lorsque les conditions météorologiques sont défavorables à la dispersion. L’objectif est aussi d’évaluer divers scénariis prospectifs en lien avec la hausse attendue du trafic aérien.

Chasse aux polluants

Selon Alain de la Mellière, directeur des opérations d’ATB, "la hausse du nombre de mouvements d’avions ne sera que d’1,6 % par an durant les six prochaines années, pour atteindre 111.000 en 2022 mais l’aéroport peut mieux faire pour continuer de limiter les polluants. "Nous prévoyons de poursuivre notre politique de rajeunissement des flottes d’avions des compagnies accueillies à Blagnac. Nous demandons aussi à nos sous-traitants d’utiliser des véhicules électriques et notre flotte de véhicules au sol sera à 70 % électrique en 2019." Par ailleurs l’usage des APU, moteurs thermiques auxiliaires alimentant l’avion au sol est déjà limité à dix minutes, l’électricité prenant le relais. A terme, ATB mise aussi sur la filière hydrogène pour alimenter en électricité tous les véhicules au sol dans le cadre du projet Hyport porté par la région Occitanie.
Aurélie de Varax

Crédit Photos : Aéroport de Toulouse-Blagnac.