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Toulouse : mais pour qui roule La Recyclette ?

La Recyclette pédale pour les petits restaurateurs du centre-ville de Toulouse. Thomas Chenut collecte leurs huiles alimentaires usagées. Un projet 100 % toulousain en phase de test. Qui pourrait se développer au national.

Juché sur un vélo électrique tirant une remorque tatouée d’un grand-bi, Thomas Chenut se faufile dans les rues de Toulouse et dans les rouages d’une industrie qui croise l’oélochimie et l’énergie : le recyclage des huiles alimentaires usagées. Depuis quatre mois, La Recyclette pédale là où les camions ont de plus en plus de mal à circuler, en centre-ville. Thomas Chenut collecte les huiles usagées des petits restaurants du centre de Toulouse. « La Recyclette propose des petits contenants, et un passage bi-mensuel, donc moins de maintenance pour ces restaurateurs souvent seuls à tout gérer. » Mais dans cette filière très structurée et très concurrentielle, l’activité proposée par Thomas Chenut, a-t-elle des chances de se développer ? « Oui c’est une niche, mais je réalise la même prestation qu’un camion, qui peut bloquer une route entière, en passant deux fois par mois, et en proposant le même service. Et je suis plus réactif par rapport à la circulation qui paralyse le centre-ville. Je ne subis pas la pression des livreurs en camion. »

Des huiles recyclées à Muret

Des atouts qui ont séduits Allo à l’huile, entreprise de collecte et de traitement des huiles et graisses alimentaires, basée à Muret, qui teste l’activité de La Recyclette. « Elle me fournit les seaux de 21 litres. Je leur rapporte environ 300 litres par mois. On s’est donnés six mois pour voir si c’est viable. J’arrive au bout, et j’y crois. La petite restauration est un marché plus isolé, qui ne dispose pas d’un service adapté. Ils ont peu de place dans leur local à poubelles pour stocker ce déchet épais qui est très polluant, colle, sent mauvais. Dont il faut rapidement se débarrasser. » 

Mais la collecte des huiles usagées n’est que la partie immergée du travail de terrain de La Recyclette. De sa visite dans les locaux à poubelles des restaurants, Thomas Chenut, a levé d’autres perspectives économiques : le traitement des nuisibles. « Ce sont des activités qui se rejoignent. La présence des nuisibles est liée à la gestion des déchets. Mes passages me permettent d’observer et d’avertir le restaurateur. J’ai passé l’agrément Certibiocide, pour intervenir, c’est également un marché d’opportunités. »

La collecte et l’élimination des huiles usagés est obligatoire, et Toulouse compte un millier de petits restaurants. Un beau marché pour un projet que Thomas Chenut espère dupliquer dans d’autres villes aux contraintes urbaines similaires. « Comme Bordeaux ou Montpellier. Je me mets dans la roue de la politique de la ville et de son aménagement local. Les sociétés de service à vélo se développent, il y a tout un monde à Toulouse qui se crée et se structure et des voies de développement intéressantes. »

Virginie Mailles Viard
Sur la photo : Thomas Chenut, créateur de La Recyclette. Crédit photo Hélène Ressayres.

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Source : https://www.touleco-green.fr/Toulouse-mais-pour-qui-roule-La-Recyclette,16628