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Projet de scierie à Lannemezan : en hêtre ou pas ?

Les opposants dénoncent un projet surdimensionné, les porteurs de l’idée veulent valoriser la filière bois. Le point de désaccord : la création d’une scierie industrielle à Lannemezan, aujourd’hui en stand-by.

« Touche pas à ma forêt. » Pour le clamer haut et fort une nouvelle fois, une marche à travers bois était organisée dimanche 16 mai sur la commune d’Arbas (Haute-Garonne). Fin mai, rebelote. Le collectif Touche pas à ma forêt, qui regroupe quarante-sept associations, partis politiques et organisations syndicales, remet le couvert en organisant deux jours de mobilisation, à Lannemezan (Hautes-Pyrénées) et à Nestier, dans ce même département. « Nos actions visent à informer et sensibiliser les citoyens autour de notre alternative », explique Mathilde Gelamur, une porte-parole du collectif. « On n’est pas des radicaux », tient-elle à faire savoir. « Nous savons qu’il faut faire quelque chose et nous ne sommes pas contre la filière bois. Mais, nous portons une autre gestion forestière comme la création d’un circuit depuis l’exploitation à la transformation du bois. »

C’est contre le projet porté par le groupe italien Florian d’installer une scierie sur une friche industrielle de 5 hectares sur l’ancien site de l’usine Péchiney, sur le plateau de Lannemezan, que le collectif s’érige, et ce depuis plusieurs mois. Une « méga-scierie », comme l’ont qualifiée ses opposants, dont l’ambition est de transformer chaque année 50.000 m3 de bois de hêtre de haute qualité en bois d’œuvre, utilisable pour la confection de parquets, de meubles, d’escaliers. « Pour fournir une telle quantité, il faut couper un volume total de 500.000 m3 de bois. Et l’ensemble de la forêt de la chaîne des Pyrénées serait concernée et exploitée », affirme Mathilde Gelamur, habitante de Capvern, qui dénonce « un projet surdimensionné ». « Le groupe veut faire de l’argent et est dénué de réflexion environnementale. »

25 emplois directs et de 225 emplois induits

À la manoeuvre, la communauté des communes du plateau de Lannemezan et Florian, entreprise déjà présente sur plusieurs sites en Europe (Croatie, Hongrie, France), qui compte 1000 salariés. « Le bois est une ressource naturelle renouvelable sous-employée », observe Jean-Michel Noisette, ancien fonctionnaire de la direction départementale du territoire et chargé de mission sur le dossier Florian. « Le hêtre est peu exploité dans les Pyrénées, entre 10 et 20%, et par peu d’acteurs », poursuit-il.

Pour répondre aux détracteurs du projet, il abat ses arguments, un à un. Déjà, « le groupe Florian est familial, ils dispose de plusieurs sites en France et sa vision n’est pas de faire uniquement du sciage, mais des produits finis. De plus, c’est la filière existante, gérée au deux-tiers par l’Office national des forêts (ONF) qui fournira du bois au gestionnaire italien. Ce dernier ne dictera pas les coupes à faire, ni les volumes. »

De plus, promet M. Noisette, « la scierie, on la veut pour la collectivité et elle y restera. Car elle ne sera pas financée en totalité par Florian. » Dotée d’un budget de 10 à 11 millions d’euros, elle serait portée par les collectivités, via l’Agence régionale aménagement construction Occitanie (Arac), à hauteur de 60%. Le Monsieur Forêt, bras droit de Bernard Plano, maire de Lannemezan, annonce également la création de 25 emplois directs et de 225 emplois induits.
Où en est le projet ? Le choix du prestataire chargé de l’étude-concertation, décidée par le préfet des Hautes-Pyrénées et la Région Occitanie, est en cours. Les conclusions sont attendues à la fin de l’année. D’ici là, Florian « patiente » et les opposants ne désarment pas.
Audrey Sommazi

Sur la photo : Une marche à travers bois était organisée dimanche 16 mai sur la commune d’Arbas (Haute-Garonne). Crédits photo : Touche pas à ma forêt.

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Source : https://www.touleco-green.fr/Projet-de-scierie-a-Lannemezan-en-hetre-ou-pas,31253