Nos autres médias ToulÉco | ToulEmploi | ToulÉco TV | ToulÉco Tarn

Les Serres de Bessières misent sur le « zéro phyto » et la haute performance énergétique

Située en Haute-Garonne, l’exploitation maraichère « Les serres de Bessières » ambitionne de conquérir le marché des légumes frais du bassin toulousain. Ses tomates zéro phyto poussent sous une serre high tech chauffée par l’énergie résiduelle d’un incinérateur de déchets.

L’exploitation agricole « les Serres de Bessières », la plus grande serre de production intensive de la région, est désormais opérationnelle. Ses produits - des tomates grappes commercialisées sous le nom « tomate de Toulouse »-, irriguent les primeurs et les grandes surfaces. Avec un objectif de dix hectares de surface de production hors sol et 62 kilogramme de tomates par mètre carré, elle ambitionne de conquérir 22% du marché des tomates fraiches du bassin toulousain.

« Actuellement la région toulousaine importe plus de 70% des tomates consommées. La naissance de cette entreprise s’inscrit dans une logique de production locale et de reconquête de marché, au sein d’un territoire où les légumes frais, comme la tomate, sont le plus souvent importés », justifie Gilles Briffaud, agriculteur et initiateur du projet via la société familiale Fibaq. Pour la mise en exploitation des trois premiers hectares, sept millions d’euros ont été investis dont quatre millions apportés par le fonds Agro Invest [1], 200.000 euros par la région Occitanie et 300.000 euros par France AgriMer. D’ici fin 2017, l’extension du projet à dix hectares de serres devrait mobiliser neuf millions d’euros supplémentaires dont une partie financée par des certificats d’économie d’énergie.

Haute performance énergétique et zéro phyto

« Nous n’avons rien inventé mais beaucoup innové dans la combinaison des technologies les plus innovantes » détaille Gilles Briffaud. Première étape la récupération de la chaleur perdue de l’usine d’incinération Econotre qui fait l’objet d’un contrat sur 25 ans. Ce chauffage de la serre par eau chaude à basse température permet d’éviter 6350 tonnes de CO2 et jusqu’à 70% d’économie de coût par rapport au gaz naturel. Ensuite des installations permettent une gestion climatique optimale et économe en énergie : ventilation au sol pour limiter la condensation, tubes de végétation pour chauffer au coeur de la plante et deux écrans au plafond permettant une isolation thermique renforcée et la gestion de la luminosité. Côté eau, les eaux de drainage non consommées par la plante sont réutilisées et les eaux de pluies stockées soit une économie de 30% sur la ressource. Enfin tout est piloté par informatique via des outils de mesures sur les cultures.

C’est donc dans cet univers sous contrôle que travaille la plante posée sur des pains de laine de roche. « Nous avons planté du 8 au 10 février et les plantes vont produire jusqu’à la première semaine de novembre avec un nouveau bouquet tous les dix à quinze jours » précise Gilles Briffaud. Et si les parasites font irruption, ils seront combattus par leurs prédateurs élevés et nourris in situ. C’est ce qu’on appelle ’lutte biologique intégrée", l’objectif étant de produire des tomates locales, sans traitement phytosanitaire, à moins d’un euro le kilo.

Cent emplois d’ici 2018

Si ce projet fait pâlir les écologistes partisants d’une agriculture locale, bio, à taille humaine, il promet des emplois sur un bassin sinistré. Trente cinq emplois ont déjà été créés dont seize saisonniers longue durée et cent emplois permanents sont annoncés d’ici à 2018. En rythme de croisière, la serre actuelle (3,2 hectares) devrait générer un chiffre d’affaire compris entre 2 et 2.5 millions d’euros selon le cours de la tomate. Après l’extension à dix hectares, la SAS vise 6 à 7 millions d’euros en 2018. Dorénavant le Min n’aura plus à aller chercher ses tomates au Maroc.
Aurélie de Varax

Sur la photo : Gilles Briffaud, président et initiateur du projet « les serres de Bessières », via la société familiale Fibaq. Photo Les Serres de Bessières.

Notes

[1Société d’investissement dans l’agroalimentaire et l’agroindustrie financée principalement par Sofiprotéol, le Crédit Agricole Nord-Est et CDC Entreprises (une filiale de la Caisse des dépôts et consignations).

Réagir à cet article

Source : https://www.touleco-green.fr/Les-Serres-de-Bessieres-une-exploitation-zero-phyto-et-a-haute,19695