Un nouveau visage pour incarner les Scop dans l’ouest de la région Occitanie. L’architecte Nathalie Perrot, de l’agence Enzo & Rosso (Muret), est, depuis septembre 2025, la nouvelle présidente de l’Union régionale des Scop Occitanie-Pyrénées [1]. Elle succède à Rémy Roux, dirigeant d’Ethiquable. « Face au réchauffement climatique, à l’instabilité politique, à la crise de la biodiversité, le modèle des Scop est porteur de cohérence, de valeurs et de sens. Mais je veux, durant mon mandat, insister sur le fait que les entreprises coopératives sont aussi économiquement gagnantes, profitables », explique Nathalie Perrot, dont la structure est devenue une scop en 2022 et qui, par ailleurs, préside actuellement le Club des entreprises du Muretain (CEM). « Le taux de pérennité à cinq ans des Scop est supérieur à celui des entreprises classiques (77 % contre 61 %) », rappelle Cyrille Rocher, directeur de l’Union régionale des Scop (Urscop) Occitanie-Pyrénées.
En Occitanie ouest, le modèle coopératif continue à séduire. En 2025, l’Urscop Occitanie-Pyrénées a accompagnée dix-huit nouvelles entreprises coopératives [2] représentant 136 emplois et représentant plus de 15,4 millions de chiffre d’affaires. À la fin 2025, le territoire comptait 332 entreprises coopératives générant au total 4407 emplois et 529 millions d’euros de chiffre d’affaires. Si on regarde l’ensemble de l’Occitanie, on est à 580 entreprises coopératives générant 778 millions d’euros de chiffre d’affaires et 7682 emplois.
Parmi les nouvelles Scop, l’Union régionale met en avant la transformation du cinéma toulousain ABC, la reprise par ses salariés de la société tarnaise spécialiste du bloc baie béton Compobaie devenue 3B Concept après une liquidation judiciaire [3], la cession du garage Fauroux de Lisle-sur-Tarn (Tarn), qui compte trente-huit collaborateurs et ferait un chiffre d’affaires de 4,8 millions d’euros, ou encore la reprise de l’entreprise lotoise MétalFormage, spécialisée dans la mécano-soudure, qui fait vivre dix-sept personnes et revendique un chiffre d’affaires de 1,9 million d’euros.
« Faire des jeunes des ambassadeurs des sociétés coopératives »
Pour l’Urscop Occitanie-Pyrénées, l’année 2026 va être très particulière, puisque l’union régionale va accueillir à Toulouse le trente-huitième congrès des sociétés coopératives les 26 et 27 mars [4]. Deux jours pour réfléchir à la place des sociétés coopératives et leur avenir. « Les Scop ne sont pas perçues à leur juste valeur. Nous sommes traitées un peu comme l’économie sociale et solidaire, à laquelle un certain nombre des Scop sont rattachées. Nous sommes considérées par les élus comme un supplément d’âme qu’on aide de façon mesurée. Il va falloir qu’on se montre plus proactifs, qu’on leur prouve que l’on est des acteurs économiques qu’ils ont tort de négliger », confie le directeur de l’Urscop Occitanie-Pyrénées, donnant un peu la tonalité des échanges à venir dans quelques jours. La présidente est sur la même longueur d’onde. « Nous voulons agir davantage dans les lycées, par exemple, pour faire des jeunes des ambassadeurs des sociétés coopératives durant leur vie professionnelle », explique Nathalie Perrot.
Le modèle des Scop devra peut-être aussi évoluer pour perdurer, voire s’imposer. « L’avenir est peut-être à une forme d’hybridation. Les Scop pourraient reprendre certains aspects, certaines manières de faire des entreprises classiques. Les règles actuelles limitent un peu l’émergence de grands champions économiques qui pourraient être des porte-drapeaux. Quand on voit le monde économique classique évoluer à travers, par exemple, le statut d’entreprise à mission, on peut se dire qu’il faut de notre côté évoluer aussi un peu, être un peu plus souple. Cela sera un débat à affronter pour la nouvelle génération qui arrive aux manettes des Scop », analyse Cyrille Rocher.
Matthias Hardoy
Sur les photos :
* L’équipe de 3B Concept. Les salariés de l’entreprise Compobaie ,spécialiste du bloc baie béton ont été accompagnés par l’Urscop Occitanie-Pyrénées pour reprendre leur entreprise. Crédit : Urscop Occitanie-Pyrénées.
* Nathalie Perrot, nouvelle présidente de l’Urscop Occitanie-Pyrénées ; Cyrille Rocher, directeur de l’Urscop Occitanie-Pyrénées et Sophie Hemardinquer, responsable de la communication au sein de la structure. Crédit : M.H - ToulÉco.
Des infos en +
Comment fonctionne une Scop ?
* Au minimum 51 % du capital de l’entreprise doit appartenir aux salariés.
* Pour les prises de décisions importantes, une personne égale une voix quelque soit le montant du capital détenu.
*Les managers sont choisis par les salariés associés.
* Le partage de la valeur doit etre équitable :
– 25 % au minimum doit aller aux salariés sous forme de participation et d’intéressement.
– 15 % au minimum doit aller à l’entreprise pour consolider ses fonds propres et investir.
– Une part doit aller aux salariés-associés.
* Moins de 5 % des Scop sont issues de redémarrage d’entreprise en difficulté.
Notes
[1] L’Urscop Occitanie-Pyrénées est composée de seize collaborateurs, dont douze pour accompagnement des entreprises coopératives. L’Urscop Occitanie-Pyrénées reçoit des aides de la Région, de l’Union européenne et dans une moindre mesure de la Ville de Toulouse.
[2] Onze créations, trois cessions, trois reprises après liquidation et une transformation. Quatre en Haute-Garonne et dans le Lot, trois dans le Tarn, dans les Hautes-Pyrénées et en Aveyron et une en Ariège. 31 % sont dans le secteur des transports, 21 % dans la construction et 14 % dans la culture.
[3] L’entreprise de vingt personnes générerait 2,8 millions d’euros.
[4] Au moins 1600 personnes sont attendues.

