À Toulouse, l’Adie, dynamique promoteur du microcrédit depuis trois décennies

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L’antenne régionale de l’Association pour le droit à l’initiative économique (Adie), qui permet à des personnes n’ayant pas accès au système bancaire traditionnel de créer leur entreprise, fête ses 30 ans de présence dans la Ville rose. L’Adie met en avant son impact très positif sur le tissu économique régional pour continuer de convaincre collectivités et fondations de continuer à la soutenir.

Trente bougies pour l’Adie en Occitanie. L’antenne régionale de l’Association pour le droit à l’initiative économique (Adie), qui permet à des personnes n’ayant pas accès au système bancaire traditionnel d’entreprendre, a ouvert en 1996 à Toulouse avec pour directeur Yves Jarland. Dès 1997, elle a été présente à la Reynerie, un quartier prioritaire de la ville (QPV). « Il a fallu faire un effort de pédagogie important pour promouvoir le microcrédit, qui avait montré son efficacité dans de nombreux pays du Sud global, démontrer que c’était très loin d’être inconscient et que, au contraire, c’était un levier de croissance économique », confie celui qui est actuellement directeur des partenariats de l’Adie Occitanie.

Le cap des 1000 microcrédits est passé en 2002 et, depuis lors, l’association n’a cessé de se développer dans la région avec une accélération marquée depuis 2019. Entre 2019 et 2025, l’aide met en avant un nombre d’entreprises financées en augmentation de 83 % et une progression de 29 % des personnes soutenues dans le cadre d’une aide à la mobilité. Depuis l’ouverture de l’antenne régionale, 30.000 microcrédits auraient ainsi été accordés et 130 millions d’euros injectés dans l’économie locale.

Pour l’année 2025, le bilan avancé est également bon, avec 2483 personnes financées l’an passé (+8 %), dont 1764 entrepreneurs (+3 %) et 719 individus dans le cadre du dispositif pour lever les freins à leur mobilité. Au total, près de 11,6 millions d’euros ont été octroyés (+11 %) à travers 1937 microcrédits professionnels et 722 microcrédits mobilités. Autre nouvelle positive en 2025, le cap des cent bénévoles a été dépassé dans la région et l’Adie a ouvert de nouvelles agences à Auch, Béziers et Carcassonne.

« Investir dans l’Adie, c’est rentable »

Ces dernières années, l’Adie s’était fixé en Occitanie l’objectif de « prouver aux personnes les plus éloignées de l’entrepreneuriat qu’elles sont tout à fait légitimes à entreprendre ». Et les derniers chiffres recensés montrent que l’association va dans le bon sens et fait mieux que la moyenne nationale des autres Adie régionales. 35 % des personnes financées en terres occitanes percevraient les minimas sociaux, contre 7 % en moyenne dans les autres territoires ; 23 % seraient sans diplôme contre 6,5 % en moyenne ailleurs. L’Occitanie finance aussi plus dans les zones rurales (32 % contre 16 %) et dans les QPV (13 % contre 8 %). Enfin, le financement de l’Adie est paritaire en Occitanie alors que la moyenne nationale est de seulement 40 % de femmes entrepreneures soutenues. Point d’amélioration dans la région, le soutien aux jeunes entrepreneurs de moins de 30 ans, plus faible qu’ailleurs. Ils ne représentent que 23 % des personnes soutenues alors qu’ils sont 30,8 % en moyenne dans les autres territoires.

Dans un contexte de baisse des budgets des collectivités locales depuis deux ans, l’Adie veut tout de même convaincre les élus locaux de ne pas trop diminuer leur soutien. « Investir dans l’Adie, c’est rentable. On estime que les contributions sont rentabilisées en 4,6 mois en moyenne. Pour un euro de contribution, 4,94 euros de valeur seraient créés en deux ans. En deux ans, ce sont 227 millions d’euros qui seraient générés au total grâce au microcrédit professionnel », indique Christophe Nicaud, le directeur de l’Adie Occtanie.

« La Région et un certain nombre de départements ont diminué leur soutien de manière importante. Les collectivités sont souvent contraintes à des choix difficiles. Au contraire, d’autres ont pu renforcer leurs subventions. Nous sommes en tout cas toujours en train de leur démontrer l’utilité de nos actions », poursuit-il. L’Adie peut aussi compter sur des financements privés comme celui, par exemple, de la fondation RTE et de la fondation Cylad. L’association reconnait qu’elle a dû « renoncer ces dernières années à pérenniser certains de ses emplois pour cause de baisses de subventions ». Une situation économique plus contrainte qui n’entame toutefois pas les ambitions importantes de la structure, puisqu’elle espère en 2026 « accorder un peu plus de 3000 microcrédits (+15 %) et financer 25 % d’entrepreneurs en plus dans les QPV et 10 % dans les zones rurales ».
Matthias Hardoy

Sur la photo : Christophe Nicaud, le directeur de l’Adie Occtanie. Crédit : Hélène Ressayres - ToulÉco.

Des chiffres en + :

Les entrepreneurs soutenus par l’Adie en Occtanie entreprennent :
* à 24 % dans des commerces.
* à 11 % dans les services à la personne.
* à 28 % dans d’autres services, en particulier à destination des entreprises.

95 % des microcrédits accordés seraient remboursés quatre ans plus tard.

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Source : https://www.touleco-green.fr/A-Toulouse-l-Adie-dynamique-promoteur-du-microcredit-depuis,51306