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Publié le jeudi 23 avril 2015 à 13h45min par Aurélie de Varax

Alseide révolutionne la compensation carbone locale

Afin de compenser leurs émissions carbone localement, l’entreprise Malet, le Nouveau Logis Méridional, Scopelec et Veolia vont financer la gestion durable de 50 hectares de forêts dans le Tarn. Une innovation portée par un consortium baptisé Alseide.

Proposer aux entreprises de compenser volontairement leurs émissions de gaz à effet de serre en préservant les forêts locales privées, c’est l’innovation lancée par le nouveau consortium Alseide composé de Biocenys, le Conservatoire des espaces naturels Midi-Pyrénées, l’école d’ingénieurs de Purpan, le bureau d’études Gilles Barreau expertise forestière et le spécialiste de l’ingénierie pédagogique Taoma. Quatre entreprises midi-pyrénéennes ont déjà fait le grand saut : l’entreprise Malet, Le Nouveau Logis Méridional, Scopelec et Veolia.

Moyennant un engagement financier triannuel, chacune pourra compenser environ 150 tonnes équivalents CO2 chaque année correspondant à 15 hectares de forêts gérées. Et recevra un certificat de stockage de ces émissions. « Ces chiffres ont été définis sur la base des publications scientifiques sur le stockage carbone des forêts », explique Emmanuelle Parache, fondatrice de Biocenys à l’origine du projet.

Améliorer la gestion forestière

Avec 30% du territoire boisé, Midi-Pyrénées est la quatrième région forestière. 82% sont des forêts privées dont moins de 10% sont gérées durablement c’est à dire avec une régularité dans les coupes et un suivi des essences. Selon Emmanuelle Parache, c’est une révolution culturelle. « Avec l’aide des entreprises qui stockeront leurs émissions, nous proposons aux petits propriétaires de prendre en gestion leur forêt durablement comme une ressource qui valorise le territoire : filière bois, sentiers de promenades. » Fort de l’expertise du bureau d’études Gilles Barreau, les 600 hectares de forêts près de Giroussens (Tarn) que le consortium a en gestion, seront certifiées gestion forestière durable PEFC.

Autre atout expliqué par Emmanuelle Parache : « Les entreprises contribuent aussi à créer des réservoirs de biodiversité en abondant à un fonds spécifique visant à acquérir de vieux massifs très riches en biodiversité cédés gracieusement au fonds inaliénable du Conservatoire des espaces naturels ». Un massif de sept hectares en Haute-Garonne est en cours d’acquisition.

En complémentarité avec les démarches de compensation volontaire

Le paysage régional de la compensation carbone locale proposée aux entreprises et collectivités est déjà investi par plusieurs acteurs : l’Arpe Midi-Pyrénées pilote la plantation de haies champêtres à travers Carbone Local et la Fondation Goodplanet propose d’accompagner les projets agroforestiers du programme Agr’eau. Mais le territoire investi par Alseide - la gestion durable des forêts anciennes et la constitution de réservoirs de biodiversité - est innovant. Le consortium dispose de 500 hectares à céder aux entreprises ou collectivités. « On aimerait que la Région adhère », confie Emmanuelle Parache. Alseide, tel la nymphe éponyme des sous-bois, entend également exporter son modèle ailleurs en France.
Aurélie de Varax

Sur la photo : un insecte à protéger : la rosalia. Photo N.Guis pour Alseide.

4 Commentaires

  • Le 24 avril 2015 à 09:18 , par Jerome

    Dommage que ce budget face penser à un budget de communication et non à une volonté de changement dans les pratiques.
    En effet, abonder à un fond peut être louable, mais il faudrait aussi, par exemple, adopter l’éco-conduite ou mettre en place un plan de déplacement… Les comportements de nombreux véhicules estampillés au nom des entreprises ou les abords de sites avec les stationnements sauvages, montrent que le véritable intérêts n’est pas collectif…

    • Le 28 avril 2015 à 14:43, par Nicolas

      Bonjour Jérôme,

      Je me tiens à votre disposition pour évoquer la conduite et les démarches du Nouveau Logis Méridional.

      Cordialement

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      • Le 29 avril 2015 à 11:05, par Jérôme

        Nicolas,
        Je comprends votre désarroi, comme d’autres peuvent aussi l’être, d’avoir pu vous sentir associé à ma remarque. Cependant, vous avez sans doute compris qu’elle avait un caractère touchant à l’activité de transport de personnes et donc nullement votre structure à la vocation sociale affirmée. Toutefois, pour répondre à votre sollicitation et à la lecture de votre démarche RSE, il me semblerait intéressant, à une époque où les notions de « devoir » et « responsabilité » ont peu à peu disparu au fur et à mesure que les droits se sont développés (alors que ce n’est pas antinomique), d’étudier les ’conditions’ d’accession à un logement et qui plus est social. Il pourrait être intégré la participation à l’entretien des parties communes par exemple. Outre l’effet d’économies, cela permettrait surtout d’assurer à tous un cadre de vie le plus agréable possible en minimisant les possibilités de dégradations par négligences qui ne sont souvent le fait que d’une minorité mais qui touchent l’ensemble.
        Comment responsabiliser les gens pour les valoriser et apporter un mieux vivre ? Je pense qu’il y a de nombreux leviers à exploiter qui pourraient convenir aux uns ou aux autres des locataires et où chacun, comme le bailleur, y trouveraient un intérêt direct dans ce multiple intérêt collectif au sens très large.
        Bien cordialement.

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  • Le 24 août 2015 à 13:11 , par Jean Luc

    Additionnalité, unicité des crédits carbone, suivi sur le long terme, standard de certification indépendant : autant de principes de qualité qui doivent être associés au terme de « compensation ».

    Voir http://multimedia.ademe.fr/catalogues/master-compensation-carbone/

    Est ce que cela est pris en compte par Alséïde et comment ?

    Je ne vois pas où est la révolution, mais je vois bien où est la mésinformation pour cette initiative qui emploie le terme de compensation carbone pour un projet qui ressemble à beaucoup d’autres

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