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Publié le jeudi 22 janvier 2015 à 20h00min par Aurélie de Varax

Antargaz et Coca Cola financent la plantation de 8000 arbres sur le bassin Adour-Garonne

Soutenue par l’Europe, le Ministère de l’agriculture et le secteur privé soucieux de réduire son empreinte carbone, l’agroforesterie a le vent en poupe. Antargaz et Coca Cola financent la plantation de 8000 arbres, le plus gros projet de ce type sur le bassin Adour-Garonne.

Selon Alain Canet, président de l’Association française d’agroforesterie (Afaf), « la lutte contre le réchauffement climatique est devenu un sujet de société sur lequel tous les acteurs sont invités à travailler ensemble, même si ils n’ont pas au départ le même niveau d’engagement. » Et de saluer l’initiative d’Antargaz, acteur majeur de la distribution de gaz sur le marché français, qui inaugure ce vendredi 23 janvier, en partenariat avec la Fondation GoodPlanet, son projet de soutien au programme d’agroforesterie Agr’eau. D’ici trois ans, 2800 arbres seront plantés dans le bassin Adour-Garonne chez quinze agriculteurs. Une initiative de mécénat pionnière dans le programme Agr’eau également soutenu par Coca Cola, via la plantation de 5500 arbres.

« Les entreprises veulent entrer dans des projets de séquestration de carbone. Certes ils s’en servent pour communiquer mais en stockant du carbone durablement dans les sols et en augmentant la productivité agricole » souligne Alain Canet. Pour Antoine Willaume, directeur de la communication d’Antargaz, c’était logique d’avoir une action de lutte contre le réchauffement climatique dans le sud-ouest où l’entreprise a une présence historique. « Nous avons un centre de stockage à Embiez, trois dépôts à Boussens, Nérac et Lacq et notre service logistique à Pau doté de 130 camions ». Concernant l’impact chiffré de ces projets, il sera évalué post-projet par la fondation GoodPlanet, cheville ouvrière du dispositif. En effet la séquestration de carbone se fait dans la biomasse et dépend des vitesses de croissance des différentes espèces.

Un coup de projecteur sur l’agroforesterie

Zone fortement agricole avec des cultures très gourmandes en eau, le Bassin Adour-Garonne fait l’objet de problèmes récurrents quant à la qualité de l’eau et sa disponibilité. C’est dans ce contexte qu’est né le programme Agr’eau en mai 2012, en partenariat notamment avec l’Agence de l’eau Adour-Garonne. Son objectif ? Initier de nouvelles pratiques agricoles autour de l’agroforesterie pour protéger les sols par le génie végétal tout en créant des réserves en eau. « C’est maintenant avéré que des haies d’arbres autour des champs n’empiètent en rien sur les rendements et apportent de l’ombre, une amélioration des sols, plus d’auxiliaires de cultures et des revenus complémentaires. Mais planter un arbre pour un agriculteur, c’est coûteux et cela prend du temps », détaille Alain Canet. D’où l’intérêt de ces partenariats privé. Selon l’expert, un euros investi peut en rapporter dix si l’on prend en compte les services écologiques rendus et les revenus directs.

Jack de Lozzo, agriculteur spécialisé dans la polyculture d’élevage à Samatan dans le Gers bénéficie des plantations financés par Antargaz. Cent arbres viennent d’être plantés sur ses terres, un mix d’arbres pour bois d’oeuvre et bois énergie.
Aurélie de Varax

Sur la photo : plantation de haies d’arbres sur les terres de Jack de Lozzo, exploitant agricole partenaire du programme financé par Antargaz. Photo Arbre & Paysage 32.

Présentation d’Agr’eau
Agr’eau est un programme pluriannuel de sensibilisation, d’accompagnement et de soutien technique au développement de la couverture végétale des sols sur le bassin Adour-Garonne. Il a été lancé en 2012 par l’association française d’agroforesterie (Afaf) avec l’appui de l’Agence de l’eau Adour-Garonne et en partenariat étroit avec l’Institut de l’agriculture durable (IAD), l’association occitane de conservation des sols (AOC Sols) et Arbre et Paysage 32.
Au coeur du projet Agr’eau, 300 fermes pilotes facilitent l’expérimentation et le transfert de compétences. Représentatives de la diversité des agriculteurs et des conditions de production du bassin, elles accueillent les exploitants lors de journées techniques.

3 Commentaires

  • Le 23 janvier 2015 à 09:49 , par Jérôme

    Voilà une vrai solution pérenne, éprouvée (même si l’agroforesterie est encore peu répandue tant cela ne favorise pas les intérêts privés de grands groupes), économique et favorable à tous.
    Des cultures adaptées à l’environnement et la pluviométrie, une organisation qui réduit l’évaporation, favorise la biodiversité, décompacte le sol et maintien un hygrométrie favorable… Voila une attitude bien différente de celle du projet de barrage de Sivens qui aurait créé des désordres irréversibles et maintenu des mauvaises pratiques.

  • Le 23 janvier 2015 à 10:13 , par Bertrand

    Et pour le canal du Midi ils peuvent faire quelque chose ? En dehors de l’esthétique d’un ouvrage classé au patrimoine mondial, les platanes permettent de diminuer l’évaporation de l’eau dan une région fortement ensoleillée.

    • Le 23 janvier 2015 à 12:28, par Jérôme

      Effectivement il est indispensable d’agir pour éviter l’évaporation de l’eau du canal, maintenir les berges, préserver un corridor biologique et redonner du sens à ce canal qui à l’origine était une voie économique tant par sa fonction de transport de marchandises mais aussi par la végétation de ses berges constituée d’arbres fruitiers variés. Malheureusement comme trop souvent, aux dépens de tous et pour les intérêts exclusifs de quelques uns, ici la Compagnie des Chemins de Fer du Midi, la plantation d’une essence unique (favorisant le prolifération de maladies), le platane (aux feuilles imputrescibles et engorgeant les canaux) a été choisi pour un choix économique courtermiste favorable (uniquement) à la navigation fluviale sur le moyen terme.
      Aujourd’hui la bien-pensance veut soutenir un canal fait de platanes en dépit de tout bon sens et cela à grand renfort de budgets qui feront défaut pour des actions utiles à tous.
      Et en plus, l’aspect « végétal » de l’action font que les politiques estampillent ce GreenWashing de développement durable… C’est bien évidement tout le contraire.

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