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RSE. « Signer des partenariats pour replanter des arbres ne suffit pas » 

L’imprimerie toulousaine Print’Oclock annonce la mise en place en interne d’une feuille route axée sur la transition écologique avec vingt engagements concrets. Pour le dirigeant de la PME Antoine Roux, pas besoin d’être un grand groupe pour structurer sa RSE. Interview.

Antoine Roux, beaucoup d’entreprises communiquent actuellement sur la RSE [1], quitte à être accusées de « green washing ». Comment convaincre que la démarche est sincère ?
J’ai beaucoup réfléchi à cela, et je suis le premier exaspéré par les entreprises qui font du green washing. Dans mon secteur de l’imprimerie en ligne, beaucoup se contentent d’annoncer des partenariats avec des associations pour replanter des arbres à l’autre bout du monde, mettent un logo vert sur leur site internet et voilà. Ça ne suffit pas ! Quand on parle de RSE, il ne s’agit plus seulement de mettre un potager par ci, une ruche par là. Notre démarche est sincère, sérieuse, et communiquer dessus me permet par ailleurs de communiquer sur mon entreprise, et je ne m’en cache pas.

Une politique RSE est-elle plus difficile à mettre en place dans une PME que dans une grande entreprise ?
Je ne sais pas, mais ce qui est sûr, c’est que l’action pour le climat ne doit pas rester la seule affaire des grands groupes. Alors certes je n’ai pas de responsable RSE, mais nous nous donnons tout de même les moyens d’agir. La RSE n’est plus, chez nous, la cinquième roue du carrosse. On y passe du temps, et notre démarche est de structurer des actions qui existaient déjà, de les mettre en cohérence, de mesurer nos progrès et de nous imposer une « ligne rouge » à ne pas franchir. Par exemple, si un transporteur comme UPS ou TNT me fait une offre très alléchante en termes de prix pour acheminer mes colis mais que cela passe par le transport aérien, je dirai non.

Sans référent RSE, comment mesurer votre impact ?
Nous utilisons un logiciel qui s’appelle Zei, qui est un tableau de bord de toutes nos actions : suppression des gobelets à usage unique, tri sélectif, télétravail, consommation électrique, temps de conservation des e-mails, informatique reconditionné, etc.

Vous avez pris vingt engagements de nature sociétale et écologique. Quels sont les plus emblématiques ?

Je crois que le « zéro colis par avions dès 2020 » est une mesure très forte. PrintOclock a bâti son succès sur la promesse « tarifs et délais de choc ». Le défi du zéro colis par avion dès les premiers mois de 2020 va ainsi impliquer un nouveau modèle logistique, sans impact sur le temps de mise à disposition pour le client. Nous nous engageons aussi sur une diminution de 10 % de la consommation électrique dès 2020. Mais la RSE concerne aussi l’éthique au travail, avec le maintien de la parité femmes – hommes au board, ou encore un plan d’intéressement des salariés à la valorisation du capital de l’entreprise. J’ajoute aussi que nous investissons 30 % des résultats financiers dans des start-up françaises.
Propos recueillis par Sophie Arutunian

Sur la photo : Antoine Roux, fondateur de Print’Oclock. Crédits : Valentine Chapuis - ToulÉco.

P.S. :

PrintOclock comptera soixante-dix salariés d’ici fin 2020, et prévoit un chiffre d’affaires de 13,5 millions d’euros. Le site internet compte 200.000 commandes par an. La société cherche à construire un nouvel atelier sur la zone de Fondeyre ou la zone Thibaud, à Toulouse.

Notes

[1Responsabilité sociétale des entreprises

Source : https://www.touleco-green.fr/RSE-Signer-des-partenariats-pour-replanter-des-arbres-ne-suffit,28016