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Providentiel coquillage offre une seconde vie aux coquilles d’huitres

Depuis Ramonville Saint-Agne, Providentiel Coquillages valorise et transforme les bio-déchets coquillés d’Occitanie en nouveaux produits pour l’agriculture bio : fertilissant, paillage et nourriture pour les poules. Une campagne de crowdfunding est lancée sur Miimosa.

C’est en rendant visite à son cousin au Cameroun en août 2016 que l’idée de créer une entreprise pour valoriser les coquilles d’huiles a germé dans la tête de Daniel Moukoko. Ce dernier découvre que les poules sont très friandes de coquilles d’huitres, particulièrement riches en calcium. En creusant le sujet avec ses deux meilleurs amis - Jean-Louis Clément et Gaëtan Leguay -, il découvre d’autres valorisations possibles des précieuses coquilles, notamment dans le domaine de l’agriculture biologique pour réaliser des paillages naturels ou fertiliser les sols. Le temps de monter une filière en Occitanie dans le Bassin de Thau (Sète) et le trio lançait la start-up Providentiel coquillage en juin 2017. Soutenue par Madeeli, le projet est actuellement incubé au sein de l’incubateur d’innovation sociale Catalis et installé au Périscope à Ramonville-Saint-Agne

« Il faut savoir que la coquille d’huitre contient beaucoup d’oligo-éléments qui sont bons pour beaucoup de choses », raconte Daniel Moukoko. « Jusqu’ici les coquilles du Bassin de Thau, soit 12.000 tonnes annuelles, étaient incinérées ou partaient en carrière comme remblais. Encombrantes, elles ont un coût écologique ainsi qu’un coût pour les ostréiculteurs et les collectivités. Nous proposons de les valoriser, en partenariat avec le CRCM , le groupement des ostréiculteurs de Méditerranée. » Providentiel Coquillages rachète donc les coquilles à l’entreprise qui les collecte. Puis elle soustraite le nettoyage, le broyage à une usine de Sète. Elles sont broyées de différentes tailles selon les usages. le paillage aura une grosse granulométrie et l’amendement des sols sera très fin.

L’agriculture bio comme marché cible

La jeune société cible les agriculteurs, à commencer par les viticulteurs ainsi que les éleveurs de poules et les particuliers. « Nous travaillons avec le laboratoire agrochimie de Toulouse pour affiner les propriétés biochimiques des coquilles d’huitres », expose Daniel Moukoko. « Par un processus naturel dû à leur fonction de filtration de l’eau dans le milieu marin, les coquilles ont la capacité de faire remonter l’eau qui se trouve ne profondeur dans les sols et de luter ainsi naturellement contre l’acidification. » Un procédé moins nocif, invasif et énergivore que la chaux fréquemment utilisée par les viticulteurs pour amender les sols. Autre application pour le broyât d’huitre : la paillage naturel, puisque le broyât permettrait de conserver l’humidité du sol et de libérer des éléments fertilisants. Une conviction qui est également en cours de validation scientifique. A moyen terme, Providentiel Coquillages vise également des débouchées dans le secteur des cosmétiques

Côté perspectives, la start-up s’appuie sur un distributeur et compte livrer ses premiers produits dans la région fin 2017. Elle table sur un référencement dans de grandes enseignes comme Truffaut ou Gamm Vert et la vente de mille tonnes de produits dès 2018 soit un chiffre d’affaires de 800.000 euros. L’équipe, actuellement de trois personnes devrait rapidement s’étoffer de quatre nouvelles recrues. Pour l’heure, la start-up a lancé une opération de crowdfunding sur Miimosa pour accompagner le financement d’une ensacheuse afin de livrer bientôt ses premiers clients.
Aurélie de Varax

Sur la photo : Jean-Louis Clément, Daniel Moukoko et Gaëtan Leguay, les trois cofondateurs.

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Source : https://www.touleco-green.fr/Providentiel-coquillage-offre-une-seconde-vie-aux-coquilles-d,22399