Nos autres médias ToulÉco | ToulEmploi | ToulÉco TV | ToulÉco Tarn

Linky, le compteur de la transition énergétique, à l’heure des doutes

Alors que la grogne anti-linky monte à Toulouse, Enedis veut rassurer sur le risque sanitaire des ondes émises et rappelle le rôle du compteur comme outil de la transition énergétique. Un avis que contestent pourtant des industriels européens.

D’ici fin juin, douze mille compteurs linky auront été installés sur Toulouse et Balma mais la grogne anti-linky monte dans la ville rose où l’association Robin des Toits de Toulouse organise des permanences depuis le 16 juin. « Pour l’instant la mobilisation est ténue par rapport au Tarn et à l’Aveyron où nous avons déjà eu quatre réunion avec cinquante à deux cents personnes, » indique Marie France Hébrard.

Sur la région, vingt-trois communes ont déjà entamé une démarche de refus contre le compteur communicant qui présenteraient, selon eux, plusieurs dangers, à commencer par le risque sanitaire d’une nouvelle propagation de champs électromagnétiques.

Le point sur les ondes

« Un rapport de l’agence national des fréquences (ANFR) atteste que Linky n’émet pas d’ondes. Linky émet via le courant porteur en ligne (CPL) qui est un signal électromagnétique et non pas une onde de radiofréquence comme le Wifi », rappelle Gaétan Gueguen, directeur territorial Toulouse Métropole d’Enedis (Ex-ERDF). Un avis que nuance Marie-France Hebrard : « le CPL franchira bien le compteur Linky pour détecter à minima les objets gros consommateurs d’énergie (fours, cumulus etc). Ensuite l’émetteur Radio Linky (ERL) déjà prêt chez les fabricants qui sera prochainement proposé aux consommateurs fonctionnera lui, comme un Wifi pour permettre à Linky de communiquer avec les appareils domestiques et piloter les consommation, d’où l’augmentation des ondes que nous dénonçons. Et c’est sans parler des concentrateurs ».

Dans son rapport l’ANFR établit que les champs magnétiques à proximité du compteur Linky apparaissent du même ordre de grandeur que ceux émis par des équipements type téléviseur, lampe ou chargeur d’ordinateur. Elle ajoute cependant que « ce premier volet de l’étude sera complété par des mesures des niveaux de champs électromagnétiques créés par les concentrateurs situés dans les transformateurs de quartier ainsi que sur les futurs équipements radio susceptibles d’être proposés par les fournisseurs d’électricité ». Reste qu’une fois les briques installées, cela sera probablement compliqué de faire marche arrière.

Linky en débat en Europe

Selon Enedis, la brique Linky est essentielle pour réussir la transition énergétique. « Si demain nous voulons des réseaux intelligents capables d’intégrer les énergies renouvelables, il nous faut cette première brique. C’est un projet de cinq milliards d’euros lié à la modernisation du réseau qui est rentable. Il sera amorti sur vingt ans par des gains de productivité », martèle Gaétan Gueguen.

Si le projet émane d’une directive européenne de 2006 fixant à 2020 l’obligation de remplacement de 80% des compteurs, il ne fait pourtant pas l’unanimité en Europe. Des délégués de l’industrie ont remis en cause la pertinence des compteurs intelligents début juin lors de la convention annuelle de l’association européenne de l’électricité Eurolectric. Selon Markus Merkel membre du conseil d’administration gestionnaire du réseau de distribution allemand EWE, les compteurs intelligents seraient plus utiles s’ils fournissaient des données en temps réel de la consommation d’énergie plutôt que les écarts d’environ quinze voire trente minutes donnés par les compteurs actuels. D’autres acteurs plaident pour une intégration plus rapide des renouvelables, le développement des réserves d’énergie, et une meilleure gestion de la demande d’énergie. De quoi semer le trouble.
Aurélie de Varax

Photo Enedis

2 Messages

Réagir à cet article

Source : https://www.touleco-green.fr/Linky-le-compteur-de-la-transition-energetique-a-l-heure-des,19571