Nos autres médias ToulÉco | ToulEmploi | ToulÉco TV | ToulÉco Tarn

Les automobilistes sont les plus exposés à la pollution de l’air

L’automobiliste reste l’usager des transports le plus exposé à la pollution, selon une étude réalisée par l’observatoire régional de l’air (Atmo Midi-Pyrénées Oramip), en partenariat avec la Région, SMTC Tisséo et Toulouse Métropole.

Malgré la généralisation des filtres à particules, le dioxyde d’azote et les particules ultrafines s’introduisent dans les voitures. Comme en 2008, les automobilistes restent les usagers de transport les plus exposés à la pollution de l’air en période de pointe, confirme l’étude 2015 d’Atmo Midi-Pyrénées Oramip, l’agence agréée pour surveiller la qualité de l’air en Midi-Pyrénées, en instance de fusion avec AIR Languedoc-Roussillon.

Cette étude qui fait référence au niveau national a été co-financée par la Région Occitanie, Tisseo et Toulouse Métropole. Plus de 15.000 mesures ont été réalisées entre février et mai 2015 sur 41 trajets représentatifs des déplacements domicile-travail effectués sur le territoire. Piétons, cyclistes, conducteurs de voitures et usagers des transports en commun ont été équipés pour mesurer leur exposition aux principaux polluants émis lors de ces déplacements : le dioxyde d’azote NO2, les particules PM10 (particules de diamètre inférieur à 10 microns) et les particules ultrafines (PUF) dont le diamètre est inférieur à 0,1 micron. Par rapport à l’étude de 2008 ont été ajoutés les trajets en TER et en tram.

Une corrélation observée entre les particules ultravides PUF et le NO2

Parmi ses enseignements, l’étude à révélé une corrélation importante entre les niveaux de NO2 et les PUF. Contrairement aux particules PM10, ces particules ultrafines pénètrent dans l’habitacle de la voiture sans que les filtres d’entrée d’air ne limitent leur entrée. "Une information importante en terme d’impact sanitaire, dans la mesure où ces particules ne sont pas soumises à surveillance réglementaire, a insisté Dominique Tilak, directrice Atmo-Midi-Pyrénées Oramip.

Si la normes réglementaires d’exposition au dioxyde d’azote (200 µgr/m3) ne sont pas dépassées, l’exposition au dioxyde d’azote et aux particules fines est la plus forte en voiture avec des concentrations en NO2 moyennes à 127 µgr/m3. Viennent ensuite les bus avec une concentration moyenne à 92 µgr mais similaire aux automobilistes pour les trajet empruntant le périphérique, puis le TER (81µgr) et notamment les 46% de TER qui fonctionnent au diesel. Les cyclistes qui roulent sur la voie de circulation sont ensuite exposés à des moyennes à 87µgr tandis que la marche à pied et le tramway sont moins exposés (59µgr et 52µgr). Enfin, le métro tire son épingle du jeu avec la concentration en NO2 la plus faible : 26 µgr/m3.

Concernant l’exposition au PM10, les usagers du métro restent les plus exposés à ces particules produites par le freinage des rames en circulation, même si l’exposition a été divisée de moitié depuis 2008 grâce à l’amélioration de la ventilation.

Susciter le changement

Au niveau individuel, Dominique Tilak a souligné que « les piétons et cyclistes peuvent limiter leur exposition aux polluants émis par le trafic routier de 45 à 55% en empruntant un itinéraire moins exposé à la circulation ». Par exemple en privilégiant les quartiers résidentiels, les sites propres ou l’hypercentre toulousain. Quant à l’automobiliste, il peut choisir des véhicules moins émetteur que le diesel - la voiture essence émet déjà huit fois moins de NO2 - et tenter de limiter son impact environnemental par des pratiques comme le covoiturage ou le travail en tiers-lieus.

« En perspective, cette étude révèle l’intérêt de privilégier l’usage des transports en commun et des modes actifs plutôt que celui de la voiture », a souligné Marthe Marti, administratrice d’Atmo et de Tisséo. "La stratégie doit être multi-entrée. L’information des citoyens mais aussi les enjeux réglementaires et les choix urbains peuvent contribuer à fluidifier le trafic et donc favoriser la qualité de l’air, a conclu Thierry Suaud, vice-président d’Atmo Midi-Pyrénées Oramip.
A. de V.

Pollution de l’air : un enjeu de santé publique
Selon l’OMS, La pollution atmosphérique raccourcit l’espérance de vie des personnes affectées et contribue à l’apparition de maladies graves. Celles-ci qui provoqueraient selon un rapport publié par l’Agence européenne pour l’environnement (AEE),plus de 524 000 décès prématurés en Europe par an, soit la troisième cause de mortalité.

1 Message

Réagir à cet article

Source : https://www.touleco-green.fr/Les-automobilistes-sont-les-plus-exposes-a-la-pollution-de-l-air,20616