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Le premier parc solaire midi-pyrénéen 100% citoyen est sur les rails

Dimanche dernier se tenait, à Brengues dans le Lot, la première réunion d’information citoyenne sur le projet porté par l’association Céléwatt d’un parc solaire au sol 100% citoyen. Ce sera le premier du genre en ex-Midi-Pyrénées.

En ces temps où les taux rémunérateurs de l’épargne sont bas, les initiatives d’investissements dans des projets citoyens locaux sortent du bois. Comme le projet de grappe de parcs solaires citoyens lotois porté par l’association citoyenne Céléwatt dans la vallée du Célé, entre Cahors et Figeac. La première réunion citoyenne avait lieu ce dimanche sur la commune de Brengues, une réunion d’information en prévision de la mobilisation de l’épargne citoyenne début 2017. Si la région languedocienne compte déjà deux projets de ce type, c’est le premier projet villageois 100% citoyen sur le sol midi-pyrénéen.

Accompagné par l’incubateur d’innovation sociale Catalis et Enercoop Midi-Pyrénées, Céléwatt espère inaugurer son parc au sol d’une capacité de 250 kilowatt crête, soit 1600 m2 de panneaux solaires, à l’été 2017. De quoi fournir l’électricité pour deux cents habitants, hors chauffage. Installé en hauteur sur le plateau calcaire du causse, le parc sera sans impact visuel. « Dans cette région des Causses du Quercy, où les villages de 200 à 600 habitants sont isolés des centres de décision, les dynamiques associatives sont très fortes car il faut souvent compter sur soi pour faire avancer les projets. Ce terreau était propice à une dynamique citoyenne et collaborative comme le projet de Brengues, » souligne Bertrand Delpech qui co-préside l’association Céléwatt avec trois habitants de la vallée dont le maire de Brengues.

Mobiliser l’épargne citoyenne pour le territoire

Si les porteurs du projets Céléwatt sont tous bénévoles, ils bénéficient de l’accompagnement du dispositif d’incubation Enercoop Catalis pour avancer sur les volets techniques, économiques, juridiques et maintenant sur la mobilisation citoyenne. Pour un coût global estimé de 300.000 euros, l’ambition est d’utiliser presque exclusivement l’épargne citoyenne qui sera renforcée par le dispositif d’aide lancé par la Région Occitanie cet été, pour accompagner les projets d’énergie citoyenne. « Si notre projet est choisi, chaque euro citoyen sera abondé à hauteur d’un euro dans la limite de 500 euros par citoyen et d’une enveloppe globale de 100.000 euros », précise Bertrand Delpech qui attend également le coût final du raccordement au réseau Enédis pour clôturer son prévisionnel.

Prochaine étape attendue pour fin 2016 : la création d’une SCIC et le lancement de l’appel à souscription au capital. Si les parts au capital ne rapporteront que 0,5% à 1%, ceux qui auront apporté cent euros auront également la possibilité de prêter de l’argent au projet avec un rendement prévu entre 2 et 2,5%. De quoi convaincre les villageois de mobiliser leur épargne bancaire sur un projet de territoire. « Si tout se passe bien à Brengues, notre ambition est d’essaimer dans les petites communes autour et même ailleurs, » espère Bertrand Delpech. A travers cette démarche, Céléwatt espère que les habitants seront aussi incités à réfléchir à leur mode de vie, à rechercher comment faire des économies d’énergie et privilégier les circuits courts.
Aurélie de Varax

Photo Mas.

4 Messages

  • Jerome le 23 septembre 2016 14:13

    De belles motivations mais pourquoi cette implantation au sol aux multiples impacts négatifs (sur la faune, la flore, le ruissellement des eaux...) alors qu’il existe des surfaces de toiture plus qu’il n’en faut et au plus proche des lieux de consommation ?

    • Olivier CHOLLON le 31 octobre 2016 11:18

      Bonjour
      Je suis du même avis que Jerome . Pourquoi ne pas utiliser les milliers de m2 constitués par les toits des hangars agricoles, des nombreux petits hangars des zones industrielles et autres supermarchés.
      Même si les panneaux de ce projet sont démontables, ils n’en constituent pas moins une diminution de surface agricole utilisable ( en bio par exemple) à ce jour.
      Imaginez qu’on généralise cette initiative à toutes les communes !!!
      cordialement
      Olivier

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  • Aurélie le 20 novembre 2016 22:36

    Comme les remarques de Jérome et Olivier, je ne comprends pas trop cette utilisation au sol..l’impact n’est pas anodin et on peut faire autrement.. Des surfaces de toitures inutilisées existent partout..Qu’est ce qui peut bien motiver ce choix ?

  • CéléWatt le 24 novembre 2016 22:53

    Bonjour,

    Nous avons choisi une parcelle très rocheuse, sans usage agricole et en cours de fermeture par les genévriers.
    Le parc sera l’occasion de ré-ouvrir ce milieu et d’y réintroduire un pâturage régulier, entre et sous les panneaux. Objectif : recréer la pelouse sèche, caractéristique du causse. Et les panneaux seront montés sur de petits plots béton. Double avantage : pas de fracture de la roche, donc pas d’effet sur l’hydraulique, et démantèlement facile en fin de vie du parc.

    La solution de panneaux en toiture aurait été plus facile (et plus rentable). Mais notre vallée est riche en patrimoine historique, donc pas de panneaux solaires autorisés en toiture dans les villages. Et sur les causses environnants, les bâtiments agricoles sont plutôt anciens. Il aurait été artificiel de construire un nouveau hangar (très visible) rien que pour y mettre des panneaux.

    Envie de plus de détails ? N’hésitez pas à nous écrire à contact (AT) celewatt.fr

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Source : https://www.touleco-green.fr/Le-premier-parc-solaire-midi-pyreneen-100-citoyen-est-sur-les,19954