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Lancement d’H2Pyr, l’autoroute de l’hydrogène d’Albi à Saragosse

H2Pyr, le projet qui prépare l’autoroute de l’hydrogène d’Albi à Sarragosse sera lancé mardi 13 septembre. Rencontre avec Alain Picasso, directeur de l’agence EDF une rivière un territoire, à Rodez, un des partenaires du projet.

Alain Picasso, le projet H2Pyr devrait permettre à la première flotte de véhicule hydrogène de rouler sur 900 kilomètres d’Albi à Saragosse dès le printemps 2017. Expliquez-nous.
Ce projet est issu d’un appel a projet européen pour favoriser la coopération entre les régions transfrontalières des Pyrénées. Doté de quatre millions d’euros sur trois ans et très innovant, il comprend deux volets : la construction de six stations de distribution d’hydrogène dont une à Pamiers en Ariège pour ouvrir un réseau de stations tous les cent kilomètres d’Albi jusqu’en Espagne. Le second volet est un projet de recherche associé qui porte sur deux éléments fondamentaux. On va instrumenter les électrolyseurs qui permettent de produire de l’hydrogène à partir de l’électricité pour mesurer leur comportement dans le temps et optimiser leur utilisation. On va aussi instrumenter les véhicules hydrogène pour mesurer leur autonomie réelle dans différents scénarios de conduite. A ma connaissance, c’est le seul projet de ce type en Europe.

Quelles sont les stations prévues ?
Côté français, la station sur le circuit d’Albi est déjà en service. En janvier est prévue l’ouverture de celle de Rodez en partenariat avec l’entreprise Braley, les six nouvelles stations du projet H2Pyr seront ouvertes d’ici avril 2017 dont Pamiers en France, une station en Andorre et trois en Espagne. Côté espagnol, trois autres stations sont déjà existantes. Au total cela devrait permettre à la flotte hydrogène une autonomie sur plus de 900 kilomètres.

Quels seront précisément les différents scénarios de production d’hydrogène et de distribution ?
Côté production d’hydrogène par électricité, certaines stations comme Rodez vont utiliser l’électricité du réseau car elles sont en centre ville sans moyen de production, d’autres vont s’appuyer sur des moyens éoliens ou photovoltaïques locaux. A Pamiers, c’est une première en Europe, nous allons mobiliser une centrale hydroélectrique. Côté distribution, le projet prévoit de distribuer de l’hydrogène à différentes pression car on va avoir trois types de véhicules : des vélos ; des véhicules électriques équipés d’un prolongateur d’autonomie à qui on va délivrer du 350 bars, des véhicules électriques à pile à combustible où la pression est de 700 bars et deux bus. L’avantage de l’hydrogène comme carburant est qu’il n’émet pas de gaz à effet de serre, ni de particules fines et nuisances acoustiques. Un autre avantage qu’on ne met pas assez en avant : c’est une production nationale, voire locale, donc c’est bon pour la balance commerciale du pays.

Quelles seront les retombées économiques pour la Région ?
C’est difficile de les quantifier aujourd’hui mais je pense qu’il y aura beaucoup de retombées liées à ce projet et aux autres projets hydrogène, comme celui de Rodez. De plus en plus d’entreprises régionales sont en train d’investir cette nouvelle filière technologique comme Ondulia qui porte le projet de station à Pamiers, ou Braley dans l’Aveyron. On est en train de développer des compétences sur l’amont et sur l’aval aussi car s’il n’y a pas d’usage, la filière n’existe pas. Sur Rodez un pool d’acteurs publics et privés sont mobilisés comme Braley, EDF, l’agglomération, deux opérateurs de mobilité par autobus. Ils vont utiliser l’hydrogène pour leurs besoins de mobilité et cela va donner envie à d’autres.

EDF accompagne ces projets, notamment sur les volets techniques et études, quel est l’enjeu ?
Cela s’inscrit dans la volonté de décarboner les usages énergétiques. 30% des émissions de carbone sont liées aux transports donc il y a un enjeu à décarboner la mobilité en passant à l’électrique ou à l’hydrogène. Le second volet, c’est que l’hydrogène va permettre aux véhicules électriques de mieux se développer en renforçant leur autonomie dans les territoires, notamment ruraux ou accidentés comme en zone montagneuse. C’est également intéressant pour des flottes d’entreprise soumises à de fortes rotations car un plein d’hydrogène c’est comme un plein d’essence. Enfin les ENR prennent de l’importance au niveau de la production mais on peut difficilement les prévoir et les stocker. En Europe, On va avoir de plus en plus de séquences de surcapacité par rapport aux besoins et donc c’est intéressant de stocker cette électricité en produisant de l’hydrogène. Surtout si cela permet de décarboner la mobilité.
Propos recueillis par Aurélie de Varax

Sur la photo : un véhicule à hydrogène de la flotte de l’entreprise Braley devant la centrale hydroélectrique de Camberac. Photo Braley.

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Source : https://www.touleco-green.fr/Lancement-d-H2Pyr-l-autoroute-de-l-hydrogene-d-Albi-a-Saragosse,19818