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La Région répond au dynamisme inédit des conversions en agriculture bio

Article diffusé le 7 mai 2016

Face à l’augmentation inédite des exploitants en conversion vers le bio en 2015, la Région Languedoc-Roussillon Midi-Pyrénées a dû voter le plafonnement des aides. Explications avec Judith Carmona, présidente de la Commission agriculture à la Région Languedoc-Roussillon Midi-Pyrénées.

Judith Carmona, la Région vient d’annoncer le plafonnement des aides à la conversion au bio des exploitants et au maintien des activités, pourquoi cette décision ?
Judith Carmona : La première raison est l’augmentation très importante des conversions avec 70.000 hectares sur 2015. C’est 34% d’augmentation par rapport à 2014 quand la moyenne nationale est à 17%. La Région est allée deux fois plus vite en matière de conversions et cela n’a pas été anticipé. L’agriculture bio est financée par le second pilier de la PAC, le pilier du développement rural via le programme de développement rural, un contrat que les régions ont signé avec l’État sur la période 2014-2020. Face à la forte augmentation des demandes de conversion en 2015, il a fallu trouver des compléments de financement. L’Etat a contribué en apportant une rallonge de financement en 2015 et par ailleurs l’Agence de l’Eau Adour-Garonne de manière conséquente ce qui nous permet de continuer à financer les aides à la conversion et les aides au maintien mais nous devons les plafonner pour continuer à accompagner le plus grand nombre possible de paysans et faire face à une augmentation forte et durable sur les années qui arrivent.

La Région privilégie donc le nombre d’agriculteurs en conversion plutôt que le nombre d’hectares ?
Plafonner une aide à l’hectare, en l’occurrence 30.000 euros annuel pour 100 hectares en conversion, cela donne une certaine idée de l’agriculture. Cela signifie politiquement qu’on va répartir la somme dont on dispose de façon équitable tout en maintenant une aide au maintien des exploitations. Si on ne plafonnait pas, on aiderait davantage les fermes de 400 ou 500 hectares. Plafonner permet d’aider plus de paysans. C’est une décision politique. D’ailleurs beaucoup d’aides sont déjà plafonnées, notamment en élevage même si les aides du premier pilier de la PAC ne le sont pas du tout.

Combien d’exploitations en conversion sont concernées par ce plafonnement rétroactif sur 2015 ?
On estime à environ une centaine les exploitants qui pourraient être concernés par ce plafonnement à cent hectares, sur les 3000 exploitants en conversion. J’ajoute que, si vous êtes trois agriculteurs dans une structure sociétaire de type GAEC avec 100 hectares chacun, vous multipliez les 30.000 euros par trois. Cela permet d’aider le plus grand nombre de paysans et c’est là l’intérêt principal.

La région LRMP est la première région bio de France avec un taux de conversion inédit, comment allez-vous financer cet élan sur le long terme ?
Aujourd’hui l’agriculture biologique est en croissance et n’a pas de problème de commercialisation et si on regarde la déclaration politique de François Hollande très ambitieuse pour l’agriculture biologique, à l’occasion de la quatrième conférence environnementale le 26 avril [1] , c’est encourageant et cela signifie que des financements complémentaires vont être octroyés sur le long terme. Sur 2016 nous sommes déjà à 72.0000 hectares nouveaux en conversion dont 20.000 en Languedoc Roussillon. Si la progression continue à ce rythme, il va falloir trouver d’autres types de financements. Outre l’État nous devons mobiliser d’autres acteurs mais je reste confiante.
Propos recueillis par Aurélie de Varax

Chiffres clés du bio sur la région Languedoc Roussillon Midi-Pyrénées

  • 1ère région bio de France en surfaces et nombre d’exploitations
  • 5732 exploitations agricoles bio
  • 245.633 hectares certifiés bio
  • 7% des exploitations agricoles de la région
  • 3000 exploitations en conversion
  • Viticulture : 35% des surfaces bio françaises
  • Elevage : 20 % des surfaces bio françaises
  • Fruits : 18 % des surfaces bio françaises
  • Légumes frais : 11 % des surfaces bio françaises
  • 70 % des brebis laitières bio françaises
  • 25 % de l’apiculture bio française

Notes

[1« J’avais promis le doublement des surfaces en bio sur notre sol en 2020. Aujourd’hui les surfaces progressent à un rythme supérieur à ce qui avait été prévu. L’Etat fera face à ses engagements budgétaires avec les régions de façon à ce que la France puisse devenir la première puissance agricole bio d’Europe et c’est possible. »Extrait du discours de François Hollande le 26 avril 2016 lors de la Conférence environnementale.

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Source : https://www.touleco-green.fr/La-Region-repond-au-dynamisme-inedit-des-conversions-en,19133