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L’huile des algues : le Graal vert de la cosmétique



L’huile extraite des algues rapportera 18 millions d’euros aux partenaires du projet Algraal. Ils étaient tous réunis sur le centre de R&D et site de production de Seppic à Castres dans le Tarn, le 30 janvier 2014.



C’est un consortium composé d’industriels, de pôles de compétitivités, de partenaires publics, qui s’aventure en 2014 dans la recherche d’une huile extraite d’algues, à destination de l’industrie de la cosmétique. Le groupe Seppic qui détient un site de production et un centre de R&D à Castres, a fédéré autour du projet Algraal, des entreprises françaises spécialisées dans le végétal et la chimie fine. L’objectif pour ce spécialiste mondial de la cosmétique est de trouver de nouvelles sources d’huiles originales qui respectent l’environnement.

Cette recherche est motivée par la demande d’une clientèle qui refuse la présence d’huile de palme dans ses produits. « Mais il ne s’agit pas pour autant de tourner le dos à l’huile de palme dans notre production, »

 explique Sandra Manceau, chef de projet R&D chez Seppic. « Puisque c’est une huile qui détient le profil idéal aujourd’hui en termes de coût, de propriétés. Et sa production fait vivre des gens, nous n’allons donc pas arrêter l’huile de palme. Mais le défi scientifique c’est de trouver des alternatives, un produit équivalent, à travers une source d’huile différente pour une clientèle qui veut des produits bios. Il y a là un marché à prendre. »



Le projet Algraal : une algue à 18 millions d’euros


Un an après avoir fait l’acquisition de Biotechmarine, un leader des actifs cosmétiques issus des biotechnologies marines, Seppic continue sa prospection. Les trésors engloutis sont conséquents : les retombées économiques pour les partenaires du projet Algraal sont estimées à 18 millions d’euros. « Et la création de 31 emplois, plus 6 emplois maintenus », souligne la responsable R&D. 


Après avoir labellisé le projet auprès des pôles de compétitivité - Agrimip, Trimatec, Pass et Cosmetic Valley - Seppic a pu déposer Algraal, dont le coût est estimé à 4 millions d’euros, au Fonds Unique Interministériel (FUI). Il accorde 1,5 millions d’euros, dont la moitié est apportée par les collectivités régionales et territoriales. Délivré par l’Etat, le FUI permet de financer des projets de R&D collaboratifs entre grandes entreprises, PME et laboratoires. C’est le cas du projet Algraal, qui réunit 4 partenaires industriels - Seppic, Fermentalg, La Mesta, Vegeplast - et 3 partenaires publics : l’Université du Havre, l’INP/ENSIACET et l’INRA. 



L’entreprise girondine Fermentalg, spécialisée dans la culture de micro-algues, détient une vaste souchothèque de 1300 souches différentes. « Elle extraira l’huile des algues. Il en reste une biomasse résiduelle, qui peut être valorisée en biomatériaux »
 détaille Sandra Manceau. C’est là où Végéplast, spécialiste de la transformation des ressources renouvelables en pièces bioplastiques, basé à Tarbes, entre en jeu. L’INP-ENSIACET, école nationale d’ingénieurs à Toulouse, collaborera avec Végéplast sur les caractéristiques physico-chimiques et mécaniques des masses algales. L’entreprise niçoise La Mesta transformera elle l’huile algale en alcool gras, que Seppic fera évoluer en émulsionnant.

Seppic disposera d’ici 3 ans d’une nouvelle source de production d’alcool gras et d’émulsionnants d’origine algate. Clarins et Yves Rocher se sont déjà engagés à utiliser cette huile dans leurs produits.




Virginie Mailles Viard


Sur la photo : l’ensemble des partenaires privés et publics du projet Algraal. Dans le corps du texte, Sandra Manceau Chef de projet R&D chez Seppic.

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Source : https://www.touleco-green.fr/L-huile-des-algues-le-Graal-vert-de-la-cosmetique,12778