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Eau : l’ex-Languedoc Roussillon enregistre un déficit annuel de 80 millions de mètres cube

A l’occasion de la Journée mondiale de l’eau, Laurent Roy, directeur de l’agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse, fait le point sur les efforts d’économies d’eau à réaliser dans un contexte de changement climatique en ex-Languedoc Roussillon.

Laurent Roy, quelles sont les enjeux liés à l’eau sur les territoires de l’ex-Languedoc Roussillon ?
Laurent Roy : Il y a une très forte pression sur la ressource. Un diagnostic qui est sans doute partagé avec l’agence de l’eau Adour-Garonne mais qui est un peu différent car nous sommes en climat méditerranéen ce qui veut dire des étés très secs et donc une ressource tendue.

Combien d’eau manque-t-il ?
Nous estimons que sur les quatre départements en tension de l’ancienne région LR, à commencer par l’Aude et les Pyrénées Orientales, le déficit d’eau serait de 80 millions de mètres cube d’eau. C’est la consommation annuelle d’une ville d’un million d’habitants. Et cela ne va pas s’arranger avec le réchauffement climatique puisqu’on constate une augmentation nette de la température estivale donc les besoins en eau s’accroissent. Par ailleurs, si la pluviométrie apparait comme globalement stable, les simulations de météo France montrent que nous avons perdu 25% de précipitations estivales en quarante ans. Cette pluviométrie - on l’observe déjà -, risque aussi d’être plus concentrée avec des épisodes très abondants et éventuellement catastrophiques et le reste du temps des longues périodes de sécheresse. Nous observons aussi des modifications des régimes hydrologiques liés à un plus faible enneigement hivernal.

Que faire pour s’adapter ?
L’Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse a été pionnière en France puisque nous sommes le premier bassin à avoir adopté en 2014 un plan de Bassin adapté au changement climatique. Il partait d’une analyse scientifique sur les évolutions climatique et en déduisait les effets sur les territoires le plus vulnérables et les mesures qui paraissaient les plus pertinentes. C’est ce plan qui a nourri notre Schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux (SDAGE) adopté fin 2015. Celui-ci dit que dans tous les territoires en tension, il faut réaliser un plan de gestion de la ressource en eau (PGRE). C’est ainsi que nous avons déterminé qu’il manque 80 millions de m3 pour être à l’équilibre. Presque la moitié de ce déséquilibre est sur le bassin versant de l’Aude avec un manque chiffré à 37 millions de m3.

Que propose donc le PRGE de l’Aude qui vient d’être adopté ?
Le PGRE repose sur des mots clés : la concertation, les économies et, en ultime recours, la substitution notamment par le recours aux eaux du Rhône. L’importance de la concertation est une spécificité de notre approche pour que tous les acteurs sur le bassin versant soient mobilisés - collectivités, agriculteurs, industriels et associations -, pour déterminer ensemble quelles sont les mesures les plus appropriés pour parvenir à l’équilibre et se responsabiliser. Il doit passer par des économies d’eau dans tous les secteurs : la consommation potable, la gestion de fuites, l’agriculture, l’industrie… Le travail sur l’Aude me parait très exemplaire sous l’angle de cette concertation. Et en terme de résultat, le chiffrage devrait permettre d’économiser 31 millions de mètres cube à horizon 2021 sur les 37 millions à trouver. Nous sommes proches de l’objectif.

Où en est la politique régionale de l’eau en Occitanie ?
Nous nous concertons avec l’agence de l’eau Adour-Garonne. Concernant la mise en place d’une politique régionale de l’eau annoncée l’été dernier, les deux agences travaillent en étroite collaboration autour des travaux menés par la région. Le diagnostic avance.
Propos recueillis par Aurélie de Varax

Photo Daniel Gillet.

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Source : https://www.touleco-green.fr/L-ex-Languedoc-Roussillon-enregistre-un-deficit-annuel-de-80,21504