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ISO 26000 : La CCI de Midi-Pyrénées propose un dispositif innovant pour les PME

publirédactionnel

La Chambre de commerce et d’industrie de Midi-Pyrénées lance un nouveau dispositif pour accompagner 10 PME à intégrer le management de la responsabilité sociétale des entreprises (RSE) selon la norme ISO 26000. Jacques Igalens, directeur de Toulouse Business School, revient sur l’émergence et l’importance de la RSE dans les entreprises.

Ce dispositif innovant est financé par la Région Midi-Pyrénées et l’Ademe, l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie. Les PME éligibles recevront 70 % de subvention des coûts réels de l’accompagnement.

Jacques Igalens, directeur de Toulouse Business School, revient sur l’émergence et l’importance de la RSE dans les entreprises.
« Au début du siècle, lorsque le thème de la RSE est apparu dans les media et à travers les pratiques de certaines entreprises pionnières, l’économie occidentale était en période de croissance et certains observateurs affirmaient alors qu’il s’agissait d’une mode qui disparaitrait à la première récession. En 2013, nous sommes cinq ans après le séisme de 2008 et notre croissance est quasi-nulle mais la RSE est toujours là... Certes nous entendons souvent « Back to basics » mais ce qui a changé c’est qu’aujourd’hui la RSE est intégrée dans les « basics ».

Plusieurs explications peuvent rendre compte de ce changement d’optique. Malgré la crise, la pression des parties prenantes pour la RSE ne s’est pas relâchée, bien au contraire. Concernant les clients, par exemple dans le B to C, on disait qu’ils arbitraient entre le prix et la RSE, c’est faux ils veulent les deux ! Plusieurs cabinets de consultants qui observent les tendances d’évolution de la consommation (Landor Associates notamment) le confirment, les consommateurs sont de plus en plus attachés au caractère RSE des marques et des entreprises.

Dans le B to B c’est encore plus vrai, les relations de sous-traitance ou de fourniture entre entreprises réservent une place sans cesse croissante à l’évaluation du caractère socialement responsable du sous-traitant ou du fournisseur. Je conduis des recherches sur le comportement et les attitudes des salariés, les résultats sont également convergents, ils se sentent « fiers » de travailler pour une entreprise engagée dans la RSE et se déclarent prêts à participer à des initiatives sur le sujet. Concernant les jeunes diplômés, et surtout les diplômées, la réputation RSE de leur premier employeur devient un critère souvent déterminant de leur choix.

Nous remarquons que certains d’entre eux (souvent les meilleurs) acceptent de gagner moins pour travailler dans une entreprise qui correspond à leur vision de la responsabilité sociétale. Nous n’évoquons que pour mémoire la croissance continue de l’ISR (Investissement Socialement Responsable) qui est passé dans notre pays de 30 Milliards en 2008 à 115 Milliards en 2011. Et les banquiers ou les assureurs vont demain interroger de plus en plus leurs clients à ce sujet car l’entreprise qui ne respecte pas les principes de la RSE présente plus de risques que celle qui les respecte.

« Faire de la RSE un facteur de performance touche vraiment au fondement de l’entreprise »

Ces évolutions des attentes des parties prenantes de l’entreprise expliquent pourquoi nous sommes passés en dix ans d’une conception cosmétique de la RSE à une conception stratégique. Alors qu’il y a dix ou quinze ans la RSE se résumait à quelques pratiques proches du mécénat d’entreprise, aujourd’hui elle est ancrée dans les métiers et dans les fonctions supports*. Comme l’écrit Laurence Parisot, « la RSE est un véritable levier de performance pour l’entreprise, un moyen d’améliorer son efficacité économique, financière et sociale, sa compétitivité, ses profits à long terme » et j’ajouterais sa légitimité dans un environnement parfois peu propice à son essor et à son développement. Faire de la RSE un facteur de performance touche vraiment au fondement de l’entreprise, il s’agit parfois de transformer la conception des produits (éco-conception ou co-conception), parfois de transformer les process de fabrication (réduction des coûts, réduction des consommations), parfois de travailler pour de nouveaux segments de clientèle (approches de type BOP), parfois enfin de satisfaire les exigences de donneurs d’ordre résolument orientés RSE.

Mettre en place un dialogue avec les parties prenantes, intégrer la RSE dans les métiers et les fonctions supports ne s’improvise pas et l’entreprise peut gagner du temps si elle est accompagnée. Qu’il s’agisse d’anticiper les effets des nouvelles réglementations, notamment les obligations de reddition de comptes, ou les nouvelles exigences des donneurs d’ordre, la Chambre de commerce et d’industrie Midi-Pyrénées (CCI Midi-Pyrénées) a été à l’origine de plusieurs initiatives qui ont démontré leur efficacité depuis 2010. Elle a su, par exemple, mettre à profit la production de récents référentiels normatifs (SD 21000, ISO 26000, label Lucie**) pour aider des PME à faire de la RSE un axe de diversification et une opportunité de création de recettes nouvelles.

Elle a contribué à la création d’un club de dirigeants de PME résolument engagés dans le développement durable et la RSE***, ce club est devenu un lieu d’échange d’expériences et de bonnes pratiques environnementales et sociales. Elle a donné l’exemple en s’appliquant à elle-même les principes de la RSE****, notamment dans la reddition de comptes. Elle a su mener des partenariats régionaux avec les acteurs territoriaux du développement durable (l’Ademe, l’Agence de l’eau Adour-Garonne, Face et l’Arpe notamment) ainsi qu’avec la Région et le fonds national d’aménagement et de développement du territoire. Elle dispose désormais d’un réseau d’experts susceptibles de répondre à toutes les grandes questions que se posent les entreprises sur le sujet, depuis la conception jusqu’à la reddition de comptes en passant par le dialogue avec les parties prenantes.

L’exemple de la société régionale Regain Perform illustre bien l’intérêt de participer au Club dirigeants durables. Regain qui était détentrice de la certification ISO 9001 depuis 1996 cherchait un deuxième souffle, elle l’a trouvé par l’obtention du label Lucie, qui concrétise l’engagement de la société en faveur du développement durable dans les domaines social, économique et environnemental selon la norme ISO 26000 et Regain a ainsi remporté le marché de la marine nationale pour la fourniture d’uniformes... »

Renseignements sur le site de la CCI de Midi-Pyrénées

  • *Cf, pour de plus amples développements, l’ouvrage du Cercle de l’entreprise et du management : La responsabilité sociale des entreprises :défis, risques et nouvelles pratiques sous la direction de Jacques Igalens, Editions Eyrolles (2012)
  • **Label créé à l’initiative de Qualité France Association pour répondre aux attentes des associations de consommateurs, l’Agence Lucie a pour vocation de développer le label Lucie aligné sur la norme ISO 26000. L’évaluation du respect des exigences est effectué par Vigeo ou Afnor Certification.
  • ***Club Dirigeants Durables Midi-Pyrénées (Président : Serge Clerens) : www.dirigeants-durables-midipyrenees.fr
  • ****Rapport d’activité annuel et reporting RSE 2012 de la CCI de Midi-Pyrénées : www.midi-pyrenees.cci.fr

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Source : https://www.touleco-green.fr/ISO-26000-La-CCI-de-Midi-Pyrenees