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Changement climatique. Le département de Haute-Garonne annonce un plan de territoire sur l’eau

Avec 15.000 nouveaux arrivants par an en Haute-Garonne, le manque d’eau pourrait devenir le frein majeur au développement économique. Le conseil départemental pilote une étude majeure pour un projet de territoire qui maîtrise l’eau sur le bassin Garonne Amont.

« Pour éviter que la Garonne ne soit totalement à sec en été, 52 millions de mètres cube d’eau sont stockés chaque hiver, principalement dans quatre lacs d’altitude situées en Ariège. Mais l’été dernier ayant été très chaud, plus de la moitié du stock avait déjà été épuisé début septembre pour le soutien d’étiage (période où le niveau est le plus bas) », a souligné Georges Méric, président du conseil départemental de la Haute-Garonne en marge du Colloque « Eau et changement climatique », organisé par l’institution le vendredi 10 novembre. Une situation qui ne devrait pas s’améliorer dans le contexte du changement climatique qui prévoit d’ici 2050 une diminution des cours d’eau d’environ 20 à 25% et jusqu’à 50% en période d’étiage.

Conscient de cet enjeu, le département a inscrit l’eau en priorité dans son plan environnement fixé en janvier avec l’allocation de 85 millions d’euros sur cinq ans. L’instance vient également de lancer une étude pour élaborer un projet de territoire sur le bassin Garonne Amont dont les ressources sont particulièrement vulnérables pour répondre aux différents usages : eau potable, agriculture, industries, électricité. « Nous pilotons ce projet en concertation avec tous les acteurs concernés : l’État, l’agence de l’eau Adour-Garonne, les trois départements limitrophes Ariège, Hautes-Pyrénées et Tarn-et-Garonne mais aussi les élus locaux, les professionnels, les associations, les agriculteurs et les usagers », précise Jean-Michel Fabre, vice-président en charge du développement durable et du plan climat.

85 millions d’euros sur cinq ans

Parmi les actions récentes pilotées par le département, l’amélioration de la maitrise de l’eau sur le Canal de Saint-Martory, la sécurisation du remplissage du barrage de Montbel en Ariège, l’utilisation d’anciennes réserves agricoles pour réalimenter l’Aussonnelle, les travaux sur le barrage du Filheit (Ariège) permettront de mobiliser dix millions de mètres cubes supplémentaires.

Le département a également dressé un inventaire des zones humides. « 4500 hectares ont été recensés et sont cartographiés et jouent un rôle majeur dans la rétention des inondations et la réglementation des cours d’eau », ajoute Jean-Michel Fabre. Un état des lieux prospectif est également en cours via le réseau31 sur les eaux souterraines afin d’évaluer ce qui pourra être mobilisable dans les années à venir. Et depuis fin 2016, vingt-neuf conseillers agro-environnement prêchent la bonne parole de l’agro-écologie auprès des exploitants agricoles.

La question des nouvelles réserves

Fort de son implication, le département a pris le leadership du projet de territoire. Dix-huit mois d’études sont prévus doté d’un budget de 500.000 euros. Toutes les possibilités seront étudiées : économies d’eau, optimisation des ressources existantes, meilleure gestion des canaux et notamment le canal latéral à Toulouse, mutations agricoles ainsi que la création de nouvelles réserves.

« Cette question est posée. Il faudra en assurer le portage et ce que cela impliquera en terme de concertation dans le contexte de l’après Sivens », précise l’édile qui ajoute aussi « qu’une gestion concertée est à construire avec les gestionnaires des ouvrages hydro-électrique afin d’établir un partage de l’eau entre les différents usages. »
A. de V.

Photo Loïc Bel et Rémy Gabalda.

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Source : https://www.touleco-green.fr/Changement-climatique-Le-departement-de-Haute-Garonne-annonce-un,23196