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Agriculture urbaine : la revanche de la campagne sur la ville

Dossier - première partie

Alors que l’urbanisme grignote les champs dans les bassins urbains de la région, les vignes, les potagers et de nouvelles formes d’agriculture écologiquement intensives comme l’élevage d’insectes, prennent leur quartier en ville. Peuvent-ils nourrir les citadins pressés ?

Atteindre l’autosuffisance alimentaire d’ici 2020, c’est le pari que vise la municipalité d’Albi pour ses cinquante deux milles habitants. Au menu : du bio, des potagers partagés, y compris sur l’espace public avec les « incroyables comestibles » et des circuits courts. Depuis quelques années, la nature fait son grand retour en ville. A l’image des projets les plus avancées sur le sujet comme les Fermes Lufa à Montréal, on se prend à rêver de cueillir ses salades en coin de rue ou de les acheter sur son toit d’immeuble.

Certes la commune de Montpellier peut revendiquer quatre cent hectares agricoles, soit 7% de son territoire et les toulousains possèdent, en leurs murs, le plus grand domaine agricole en bio de la région - deux cent cinq hectares cultivés -, ainsi que le plus grand potager urbain de France, sur le toit de la clinique Pasteur. Mais l’ambition nourricière de l’agriculture urbaine n’en est qu’à ses prémices avec des ambitions régionales peu marquées.

Une vocation plus sociale qu’économique

« Par rapport à l’agriculture traditionnelle qui doit être rentable dans la vente de la production, l’agriculture urbaine entend conjuguer tous les piliers du développement durable : le social, l’environnement et l’économique et chaque projet met le curseur davantage sur un des piliers », souligne Florian Champoux, spécialiste de l’agriculture urbaine au sein du bureau d’études toulousain Terr’eau ciel. A travers le fleurissement de potagers urbains, fermes pédagogiques et autres agroparcs, ce sont les composantes environnementales et sociales qui semblent aujourd’hui privilégiées dans les deux métropole régionales Toulouse et Montpellier. Du moins pour l’instant car certains projets émergents empruntent les voies de l’agriculture high tech écologiquement économe et économiquement rentable, comme la ferme d’insectes de Micronutris à saint Orens ou le concept de potager en aquaponie sur une place de parking de Citizen Farm.

C’est donc par la capacité d’innovation de ses start-up que la région se démarquerait plutôt qu’une volonté politique au sein des grands centres urbains. « Une ville comme Lyon réfléchit et se positionne sur l’agriculture urbaine, certainement du fait de sa densité plus importante qu’à Toulouse ou Montpellier. Pour l’ex-région Midi-Pyrénées, les choix de développement économiques sont beaucoup plus axés sur l’aéronautique que l’agriculture », analyse Florian Champoux. L’expert prédit un changement d’ici trois ans impulsé par les projets parisiens : la capitale compte installer une vingtaine d’exploitations agricoles et a lancé l’appel à projets « Paris-culteurs » pour exploiter une centaines d’hectares de surfaces végétalisées dont un tiers en agriculture urbaine.
A.deV.

Photo Hélène Ressayres pour Touleco Green.

Retrouvez le 27 octobre la seconde partie du dossier : « Agriculture urbaine : Toulouse, un laboratoire de fermes high-tech. »

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Source : https://www.touleco-green.fr/Agriculture-urbaine-la-revanche-de-la-campagne-sur-la-ville,20200