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Publié le mercredi 10 décembre 2014 à 21h37min par Virginie Mailles Viard

Veso Concept, réservoir à idées biosourcées pour l’industrie du transport

Veso Concept travaille sur les matériaux biosourcés, à destination de l’industrie des transports. Sa démarche entre recherche et monde industriel, le place comme un acteur prépondérant d’un secteur en plein essor : les biomatériaux. Rencontre avec son gérant, David Hardy.

Veso Concept, pourquoi ce nom de baptême, que signifie-t-il  ?
 David Hardy : Veso veut dire Véhicule Earth Space Ocean. Veso Concept est une entité qui s’intéresse au monde du transport, à la mobilité. A travers la partie ingénierie de la mécanique où nous développons la partie matériaux. La connaissance de la matière est importante dans notre activité pour créer des objets d’aujourd’hui et de demain. Ceux qui nous concernent sont principalement des pièces de structures automobiles, de l’aménagement intérieur d’avions et des produits de sport & loisirs… Pareil pour le naval. Nous sommes sur la thématique des matières ėco-composites. Nous sommes classés bureau d’études, mais notre méthodologie de travail nous rapproche plus d’un réservoir à idées.
 
Ce que vous vouliez créer c’était un lieu où l’on puisse réfléchir sur les matériaux de demain ?
Pas que les matériaux, même si aujourd’hui on pousse énormément sur la partie matériaux biosourcés. Au départ, trois gros volets ont été développés : la partie matériaux, la partie énergie verte, puis exploitation véhicule. Au fil du temps, ce qui est monté en puissance c’est la partie développement des matériaux biosourcés. Nous travaillons sur le lin et le bambou, et demain on va s’intéresser à des produits comme la soie d’araignée, la noix de coco, la banane… On s’intéresse à beaucoup de matériaux verts, après il faut trouver le moment opportun de pouvoir travailler dessus, et de le présenter à des clients.
 
Il faut qu’il y ait la possibilité d’une activité économique viable ?
 Oui, nous sommes dans une démarche de recherche et développement appliqués, ce n’est pas de la recherche fondamentale. Nous essayons d’extraire de cette recherche fondamentale des pré-listes de nouvelles matières ou directement auprès de certains exploitants de matières végétales. Le marché n’a pas besoin d’être mûr, on a une démarche de modèle push : quand un composé - renfort plus matrice - est suffisamment mature et qu’il y a un potentiel technologique, nous travaillons sur la valorisation scientifique, technique, environnementale et économique, pour obtenir un prototype. Le marché des biomatériaux est en plein essor.
 
Quelle est la démarche réalisée par Veso Concept ?
Il y a un service principal : un client souhaite réaliser un nouvel objet, où il veut associer à des fonctions spécifiques des critères environnementaux, plus du design, plus des critères liés à la consommation d’énergie pour produire cette pièce… Il fait appel à nous pour savoir si c’est réalisable, ce que l’on va proposer comme conception du produit en adéquation avec la matière. Nous apportons des idées pour améliorer un produit, nous amenons des solutions. Et nous réalisons un prototype. Nous laissons à nos clients les phases d’industrialisation. On est très en amont sur le sourcing de la matière, la transformation des renforts et des matrices, puisque nous développons des protocoles de composites « verts ». Par la suite le client produira son objet. Cette démarche et ce service n’existent nulle part ailleurs. Nous nous situons à l’interface entre la recherche fondamentale et l’industriel.
 
Veso Concept fait partie du programme Cleansky, pour quel objectif  
 Ce programme est un appel à projets Europe, il nous a été proposé par Aerospace Valley avec le support de la CCI Midi-Pyrénées. Veso Concept travaille au national, mais nous n’avions pas encore une vision européenne. Cet appel était en plein dans notre thématique, mais il nous manquait des partenaires pour pouvoir répondre : la partie définition d’un renfort bambou confiée à Cobratex,, la réalisation de l’objet spécifique lié à l’aéronautique à Keative Engineering Service, et nous pour la mise en œuvre du composite spécifique. 
Nous travaillons donc ici sur des matériaux ėco-composites à base de bambou, en réponse à un constructeur avion. Ce qui est intéressant, c’est qu’il y a une aide financière de l’Europe pour nous aider à développer le sujet, qui répond à un besoin d’un constructeur avion, donc s’il y a une réussite de ce programme, il y aura des conséquences produits et services. C’est un réel bénéfice pour les trois partenaires. 
 
Le marché sur lequel vous travaillez est national, bientôt européen, qu’en est-il de la région Midi-Pyrénées ?
Au niveau de notre clientèle, on est à 80% hors région mais le marché local via l’aéronautique s’y intéresse de plus en plus même si la fibre de carbone est prépondérante. Le sujet de l’environnement est plus porteur au nord de l’Europe, mais la conscience collective prend le dessus de jour en jour et la planète nous rappelle à l’ordre. 
 
Propos recueillis par Virginie Mailles Viard