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Publié le jeudi 31 janvier 2019 à 19h02min par Johanna Decorse

Transports. Le vélo Vuf démarre un nouveau cycle

Après deux années de recherche, la société toulousaine Vuf vient de démarrer la commercialisation de son vélo utilitaire à assistance électrique pour une phase test auprès de plusieurs entreprises. La production en série sera opérée par un partenaire industriel des Pyrénées-Atlantiques.

Résultat de deux années d’« expérience terrain » à travers la Recyclette et son activité de collecte des huiles alimentaires usagées dans le centre-ville de Toulouse, le premier Vuf a vu le jour en mars 2017 sous la forme d’un prototype. Ce vélo utilitaire à trois roues, à assistance électrique, ultra-compact et modulaire, est conçu pour transporter jusqu’à 110 kilos et 600 litres et près du triple s’il est équipé d’une remorque.

« Nous sommes partis du fait que l’offre en matière de vélo utilitaire était inadaptée aux besoins des professionnels. Durant deux ans, avec notre projet pilote la Recyclette, nous avons testé tous les modèles disponibles sur le marché, une dizaine au total, pour dresser le portrait robot du véhicule idéal. A l’issue, nous avons conçu le Vuf, validé par des ergothérapeutes et des médecins du travail », explique Thomas Chenut, fondateur de la société toulousaine à l’origine de cette innovation.

Un process industriel

Accompagné par bpifrance et lauréat 2017 de la GreenTech du ministère de l’Environnement, le projet Vuf a pu passer du prototype à une phase industrielle avec l’arrivée d’un partenaire de poids, le sous-traitant aéronautique Lophitz. Ce groupe familial à 100 %, spécialisé dans le traitement de surface et l’usinage de pièces composites, est basé dans les Pyrénées-Atlantiques et emploie 220 salariés pour un chiffre d’affaires de 17 millions d’euros.

C’est dans son usine de Mauléon que l’industriel a décidé d’implanter une ligne de fabrication entièrement dédiée au Vuf avec un objectif d’une centaine de vélos par mois d’ici trois ans. « Sur un marché qui reste très artisanal, notre objectif est de parvenir à une production en série grâce à un transfert de compétences. L’idée est de calquer les process utilisés pour l’aéronautique sur le cycle avec des matériaux légers, robustes et facilement maintenables, utilisés dans l’industrie de pointe et qui répondent à l’usage intensif qu’en feront les professionnels », précise Thomas Chenut.

Des vélos en leasing

La société Vuf qui emploie actuellement dix personnes entre son siège social toulousain et le site de Mauléon, a déjà commercialisé une cinquantaine de vélos auprès de différentes entreprises pour une phase de test avant déploiement. Vendu entre 6500 et 10.000 euros, le Vuf se pose comme une « alternative » aux véhicules utilitaires traditionnels. « Nous présentons un véritable avantage économique à l’achat et à l’entretien puisque nous sommes cinq fois moins chers qu’une voiture électrique et au moins quatre fois plus rapides si l’on tient compte de l’engorgement urbain, du temps de déchargement. Avec le Vuf, nous limitons aussi le stockage au sol », explique le jeune dirigeant. La société, qui vise un chiffre d’affaires d’1 million d’euros en 2019, devrait recruter cette année trois commerciaux pour développer un réseau de distributeurs en France et en Europe. Vuf devrait aussi proposer une location longue durée de ses véhicules d’ici la fin du premier trimestre.
Johanna Decorse

Sur les photos :
En haut : les vélos utilitaires Vuf, de fabrication française sont conçus pour porter jusqu’à 300 kilos et deux mètres-cube de charges. Ils devraient intégrer d’ici la fin du premier trimestre 2019 un tracker développé avec Orange pour anticiper les échéances de maintenance sur les véhicules.
En bas : Thomas Chenut, fondateur de la société toulousaine à l’origine de cette innovation. Photos DR.