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Publié le jeudi 19 janvier 2017 à 12h48min par Aurélie de Varax

Toulouse métropole et EDF s’associent pour favoriser la transition numérique, énergétique et sociale

Lundi 16 janvier, Jean-Luc Moudenc, Président de Toulouse Métropole et Jean-Bernard Lévy, Président-Directeur Général d’EDF ont signé une convention pour une Métropole attractive, intelligente, durable et solidaire. Un partenariat d’intentions et de projets sur trois ans.

« Aujourd’hui la question énergétique relève d’un débat national et la loi de transition énergétique nous donne des responsabilités. Cette convention met noir sur blanc nos relations avec EDF qui sont passées d’une relation client-fournisseur à une relation partenariale. Jouer la transparence, c’est permettre de donner à nos actions une lisibilité accrue », a déclaré Jean-Luc Moudenc, président de Toulouse Métropole à l’occasion de la signature d’une convention partenariale avec l’industriel EDF.

Cette convention axés sur l’innovation s’appuie sur quatre chapitre : le numérique, la transition énergétique, l’innovation sociale et le rayonnement international. Elle mixe les déclarations d’intentions et les projets concrets dont certains déjà lancés. Le pilotage se fera par binômes EDF/Toulouse Métropole avec une gouvernance dédiée, qui fera avancer les dossiers dans un souci d’efficacité et de bénéfices mutuels. Côté EDF, ce n’est pas une première car l’entreprise a déjà signé un partenariat similaire en octobre dernier avec Montpellier Méditerranée Métropole. Côté Toulouse Métropole, d’autres partenariats avec des grands groupes ont été signés, notamment avec Airbus et GRDF.

Vers une métropole ouverte et sobre en énergie

Pour mieux maitriser les besoins et les consommations énergétiques, EDF et Toulouse Métropole poursuivront le développement de services innovants en s’appuyant sur les réseaux intelligents comme la maison connectée « So Oui » ainsi que de nouvelles solutions issues de l’open data. EDF et Toulouse Métropole souhaitent étudier la nature des données que la ville pourrait utiliser pour développer de nouveaux services aux citoyens et établir des projections sur les consommations énergétiques en 2030. Côté engagements concrets, EDF annonce la poursuite du concours Pulse lancé en 2016 (concours de start-ups dédié à l’innovation dans le secteur de l’énergie et de l’électricité). Pour rappel, la société toulousaine Kawantech a remporté le concours national EDF Pulse 2016 pour son projet d’éclairage innovant à détection de forme afin de diminuer la consommation d’électricité des villes. Après un an d’expérimentation à Toulouse, une commande de 485 appareils a été effectuée qui seront déployés dans les six mois.

EDF s’engage également à étudier la mise en œuvre de la charte du Small Business Act (charte locale destinée à favoriser l’accès des PME à la commande publique) pour ses propres procédures d’achats sur le territoire de la Métropole. Et favoriser avec ce « kit d’achat start-up » l’intégration des PME innovante dans le tissu économique. « EDF accompagne Toulouse Métropole dans ses réflexions sur l’optimisation énergétique des bâtiments et des transports », indiquent aussi les deux parties prenantes. Plusieurs objectifs de travail ont été définis : lancer un programme de dynamisation de la rénovation du parc résidentiel, développer la mobilité électrique, rénover le parc tertiaire public, développer l’utilisation du bois énergie, dynamiser le développement de la production photovoltaïque et favoriser la méthanisation territoriale. Parmi les projets en cours : l’exemple de l’extension du réseau urbain de chaleur et de froid Plaine Campus issu de l’incinération de l’usine d’ordures ménagères du Mirail pour alimenter 15.000 logements est signifiant.

Coopérer pour l’innovation sociale

Le troisième axe de la convention concerne l’emploi, l’insertion et la solidarité locale. « Des démarches incitatives seront lancées pour encourager et détecter des projets éligibles au FAPE : Fonds Agir pour l’Emploi EDF (fonds soutenant l’insertion et l’emploi des personnes en difficulté) » précise-t-on. Une réflexion est également encours pour étendre à d’autres quartiers la démarche audacieuse entamée par EDF et Toulouse Métropole en 2015 avec l’Atelier Solidaire. Cet atelier inédit en France et plusieurs fois récompensé, aide les habitants du quartier Empalot à améliorer leur cadre de vie en les sensibilisant aux écogestes et à la maitrise de l’énergie et de l’eau. Le bilan de cette expérience sociale est en cours.

Enfin, dans le cadre de Toulouse « Cité européenne de la science » pour l’année 2018 et forts de leur pratique de partenariats culturels et scientifiques, EDF et Toulouse Métropole conviendront « d’actions communes propres à valoriser le savoir-faire scientifique et technique du domaine de l’énergie ». 
A. de V.

Sur la photo : Jean-Bernard Lévy, président-directeur général d’EDF et Jean-Luc Moudenc, président de Toulouse Métropole signent la convention pour une Métropole attractive, intelligente, durable et solidaire. Photo Joachim Hocine.

1 Commentaire

  • Le 20 janvier à 11:05 , par un toulousain perplexe

    Le Président semble heureux de confier les rênes de la maîtrise des choix énergétiques locaux à une société anonyme gigantesque, un groupe financier engagé dans une stratégie mondiale. Croit-il que la grenouille puisse égaler le bœuf ?

    EDF est historiquement responsable d’une influence notable sur les choix politiques de notre pays. Celle-ci manque souvent de transparence.

    La plus récente illustration de cette influence politique est la promotion d’un parc de véhicules électriques (avec une prime gouvernementale de 10000 euros pour chaque achat de Zoé Renault). Pour EDF et les autres responsables d’équilibre, ce parc est destiné à être mis à profit pour mieux réguler l’équilibre des flux d’électricité dans les réseaux de transport (RTE). Les acquéreurs de ces batteries sur roues vont être invités, moyennant des indemnités modestes, à mettre leur investissement à disposition des fournisseurs responsables d’équilibre, EDF en tête, Ainsi, pour honorer ses engagements vis-à-vis de RTE, EDF reporte la charge de l’investissement en moyens de stockage d’électricité sur des acheteurs de véhicules électriques, Le Président toulousain trouve-t-il ce tour de passe-passe judicieux ? En est-il seulement informé par son prestigieux partenaire ?

    Donnons à réfléchir aux lecteurs en soulignant que les mariages des carpes et des lapins sont inégaux : Toulouse Métropole ne pèse pas lourd dans ces unions contre nature. Le Président aurait vraisemblablement intérêt à chercher des partenaires de taille plus raisonnable qu’EDF, Airbus, etc.

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