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Publié le jeudi 21 juin 2018 à 15h00min par Aurélie de Varax

Toulouse inaugure le plus grand programme d’habitat participatif de France

Devenir propriétaire, un rêve lorsque l’on a peu de moyens. Un rêve devenu réalité pour les 89 familles engagées dans le projet d’habitat participatif social « Aux quatre vents », inauguré cette semaine à Toulouse, à la Cartoucherie.

Le programme immobilier « Aux quatre vents » inauguré ce 20 juin, réalisé par le Groupe des Chalets au coeur de l’écoquartier de la Cartoucherie et aménagé par Oppidea, comprend 89 logements répartis en quatre Îlots. De la conception à la livraison des bâtiments, cinq ans ont été nécessaires pour co-construire la plus grande opération d’habitat participatif de France.

« Sur les 89 logements, 71 sont en accession sociale à coûts maitrisés à travers les dispositifs PSLA et SCIAPP et 17 logements sont dans la coopérative d’habitants Abricoop », souligne Stéphane Gruet. Architecte et philosophe, il dirige la Scic FAIRE-VILLE qui a orchestré le volet participatif du dispositif.« Cette nouvelle forme d’accession à la propriété permet une conception adaptée selon les attentes de tous et de chacun, ainsi que la mutualisation choisie d’espaces et de services. Les habitants deviennent acteur de leur cadre de vie, dans une mixité choisie. Pour faire une ville durable, il faut absolument associer les habitants ».

L’art de la méthode

Selon l’expert « la méthodologie, c’est tout dans cette affaire car il faut aller jusqu’au bout ». L’accompagnement rigoureux permet à chaque protagoniste - habitant, bailleur, aménageur, urbaniste architecte - d’être à sa place afin de ne pas perdre de temps sachant que l’aspect novateur impose une difficulté d’acculturation et qu’il faut un engagement fort de tous. A la Cartoucherie, la participation des habitants a réclamé une méthodologie impliquant « une sorte de pacte social local » : élaboration d’une charte, procédure de cooptation des habitants, procédure de programmation participative, suivi individualisé des familles. En réfléchissant ensemble, les futurs résidents ont appris à se connaitre. Au fil des réunions, ils ont choisi de partager plusieurs espaces moyennant une trentaine d’euros par mois : deux salles polyvalente dont une de 125 m², une salle de bricolage où chacun dépose ses outils et peut emprunter ceux des autres, une salle de musique, un atelier créatif, deux buanderies, une grande cuisine, deux terrasses sur les toits, un jardin en cœur d’îlot, des parkings vélo…

Depuis la loi ALUR de 2014 qui lui a donné un statut juridique, l’habitat participatif réservé jusqu’alors à une élite militante s’est institutionnalisé. Grâce à l’opération d’envergure réalisée à Toulouse qui prouve la réussite du modèle, Stéphane Gruet porte l’espoir d’un développement à grande échelle de ce modèle d’accession à la propriété et de son inscription dans les grandes lignes politiques. L’éminence grise et sa structure FAIRE VILLE accompagnent actuellement une dizaine de projets en Occitanie, en Aquitaine et en région parisienne.
A. de V.

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