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Publié le jeudi 7 janvier 2016 à 21h07min par Aurélie de Varax

Toulouse Métropole investit 49 millions d’euros dans le réseau de chaleur baptisé « Plaine Campus »

Toulouse Métropole lance un nouveau gros chantier de sa transition énergétique, piloté par Dalkia. Destiné à alimenter l’équivalent de 15.000 logements, le nouveau réseau de chaleur et de froid « Plaine Campus » valorisera une énergie locale, renouvelable en économie circulaire.

« C’est le plus grand réseau de chaleur mis en chantier en France depuis ces cinq dernières années et le plus gros réservoir d’économies de gaz à effets de serre pour la métropole depuis la construction de la ligne de métro en 2007, avec 19.000 tonnes de CO2 évitées par an, » se félicite Pierre Trautmann, adjoint au maire de Toulouse, en charge de la commande publique. Le contrat de DSP (Délégation de service public) du nouveau réseau de chaleur de Toulouse Métropole a été signé officiellement le 18 décembre avec Dalkia, pour un montant global de 49 millions d’euros, dont 14 millions d’euros de subventions au titre du fond chaleur de l’Ademe. Les premiers travaux devraient être lancés dès le début de l’année 2017.

A partir de la récupération de l’énergie fatale de l’usine de valorisation des déchets du Mirail et de la récupération de la chaleur des datacenters des centres de recherches de l’Espace Clément Ader (7% de la chaleur récupérée), ce nouveau réseau de chaleur produira et distribuera de la chaleur et de l’eau chaude sanitaire à l’équivalent de 15.000 logements. Sont visés les quartiers toulousains de Rangueil (dont le CHU de Rangueil), Empalot, Niel, Saouzelong, St-Exupéry, Montaudran Aerospace et Malepère. La création d’un réseau de 36 kilomètres de canalisations est prévue et l’ensemble devrait être opérationnel pour le mois d’avril 2018.

Un projet écologiquement et économiquement vertueux

Ce nouveau réseau de chaleur vient ainsi compléter le premier réseau historique, mis en service depuis 1967 et qui a connu déjà différentes extensions mais n’utilise que 45% de la chaleur produite par l’usine d’incinération. « Avec ce nouveau projet, c’est 65% de la chaleur produite qui sera utilisée et nous arrivons au maximum de la capacité car l’été, la chaleur de l’incinérateur ne peut être réutilisée », précise Pierre Trautmann. Outre une économie annuelle conséquente sur le bilan carbone de la métropole toulousaine, ce nouveau réseau de chaleur permettra aux usagers d’utiliser de l’énergie à 70% renouvelable, le complément des 30% étant assuré en période de pointe par une chaufferie gaz prévue sur la zone.

De l’énergie presque verte donc, et, à un prix moins cher que le gaz. Le taux d’énergie de récupération utilisé étant supérieur à 60 %, les usagers vont bénéficier d’une réduction de la TVA sur leur facture, de 20 % à 5,5 %. Et le prix d’achat de la chaleur est compétitif à 66 euros du mégawattheure. Elle aussi gagnante, la collectivité bénéficiera d’une baisse de la Taxe sur les activités polluantes. « Nous prévoyons un gain annuel de l’ordre de 1,5 à 2 millions d’euros en comptant la vente de chaleur et ce projet va également donner un bol d’air au BTP », précise l’édile.
Aurélie de Varax

Sur la photo de gauche à droite : Elisabeth Toutut-Picard, Présidente de la Commission Environnement, Développement durable et Energies à Toulouse Métropole, Jean-Michel Mazalerat, président de Dalkia, Jean-Luc Moudenc, Valérie Patron, Directrice Régionale de Dalkia et Pierre Trautmann, Adjoint au Maire en charge de la commande publique. Photo Didier Cousy.