ToulÉco Green

Publié le jeudi 19 mars 2015 à 20h06min par Aurélie de Varax

Toulouse Métropole dévoile sa feuille de route pour une croissance verte

La métropole toulousaine fait partie des vingt « territoires à énergie positive pour une croissance verte » de Midi-Pyrénées. Jusqu’à 2 millions d’euros sont en jeu pour la métropole. Elisabeth Toutut-Picard, présidente de la commission environnement, nous éclaire sur ce dispositif.

Toulouse métropole est lauréate de l’appel à projets ministériel « Territoire à énergie positive pour une croissance verte ». Elisabeth Toutut-Picard, pouvez-vous expliquer ce dispositif ?
Cet appel à projet a été lancé en octobre 2014 par deux ministres, la ministre du Logement, de l’Égalité des territoires et de la Ruralité et la ministre de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie. Il s’inscrit dans le cadre du projet de loi sur la transition énergétique actuellement débattu au parlement. Les ministères ont souhaité accompagner les territoires sous présentation et sélection de dossiers. Pour Toulouse Métropole, c’est une opportunité d’affirmer notre stratégie énergétique au niveau national et cela nous met le pied à l’étrier pour anticiper la révision de notre plan climat énergie territoire, prévue pour fin 2016.

Quelle est la dotation prévue ?
Entre 500.000 euros et jusqu’à deux millions d’euros seront attribués par l’État sur trois ans. Les modalités d’utilisation et de contractualisation sont en cours de finalisation. Il faut savoir que cet appel à projet a rencontré un succès incroyable qui prouve qu’il y a une très forte dynamique territoriale en matière de projets d’adaptation au réchauffement climatique. Pour la Métropole, c’est une aubaine d’avoir cet argent surtout que nous avons des soucis budgétaires et que l’état s’est beaucoup désengagé dans ses dotations, la stratégie étant justement de réinjecter l’argent sur des filières prioritaires.

Quelle est la feuille de route prévue ?

Nus avons structuré notre réponse en deux grands types d’action : des actions structurantes pour consolider la démarche au niveau du territoire, et des actions qui renvoient à une stratégie d’expérimentations innovantes. Sur les actions structurantes, la cible première est de favoriser l’économie locale, la démarche de croissance verte à travers le small business act. Nous avons proposé aux PME et TPE une charte d’engagements autour de la commande publique. Au lieu de faire de très gros appels d’offres auxquels elles ne peuvent répondre nous avons décidé de faire des petits lots, par exemple dans les domaines énergétiques. Autres projets : des opérations de travaux comme l’extension du réseau de chaleur urbain du Mirail produit par l’usine d’incinération à l’éco-quartier de la Cartoucherie. Nous sommes en train de mettre en place un plan de déplacement des marchandises et nous travaillons à un référentiel d’aménagement et d’urbanisme durable. 47% de nos émissions de GES sont dûes aux transport et 35% au bâtiment, ce sont nos cibles. C’est pourquoi nous travaillons sur un référentiel qui serait utilisé pour les projets d’aménagement et d’urbanisme pour faire en sorte que nos projets d’urbanisation intègrent en amont des critères environnementaux pour moins de consommation dans les bâtiments.

Ces projets sont déjà lancés et seront co-financés, qu’en est-il des nouveaux projets ?
Nous aimerions faire financer des démarches de conseil en énergie auprès des particuliers pour savoir comment réduire les factures. Ce conseil en énergie serait partagé entre toutes les communes de la métropole, soit 750.000 habitants. Nous avons également le projet de création d’un centre de l’éco-construction, un lieu pour les particuliers et les entreprises où seraient valorisées toutes les techniques existantes pour faire de l’éco-construction. Nous travaillons ensuite sur une série d’innovations en expérimentation : nous venons par exemple d’ouvrir dans le quartier d’Empalot très touché par la précarité énergétique, un atelier solidaire. C’est un appartement modèle où des professionnels des économies d’énergie pourront donner de l’information et des formations et prêter du matériel de bricolage, le tout pour réduire les factures. Ce projet, monté avec Habitat Toulouse, EDF, Leroy-Merlin et différentes associations, sera inauguré en juin. Nous aimerions ensuite lancer d’autres ateliers dans les quartiers. Nous avons aussi passé une convention avec Météo France pour qu’ils nous accompagnent pour faire de la prospective climatique. La Région va être fortement impactée par le réchauffement climatique. Je voudrais qu’ils éclairent ma politique d’adaptation au climat.
Propos recueillis par Aurélie de Varax

Sur la photo : Elisabeth Toutut-Picard, présidente de la Commission environnement de Toulouse Métropole. Photo Bernard Aïach- Mairie de Toulouse.

1 Commentaire

  • Le 20 mars 2015 à 09:43 , par Efficience

    Il est trop souvent facile de se cacher derrière des investissements pour simuler des actions de progrès pour la collectivité.
    Les réseaux de chaleur, la cogénération… pourtant incités par l’Europe depuis plus de 10 ans n’en sont qu’au balbutiements dans notre ville (il va sans dire qu’aucun objectif français n’est atteint) pourtant on en a toujours beaucoup parlé sans que la volonté de les mettre en oeuvre existe. Le côté trop efficace et donc économique n’intéressent pas les acteurs économiques qui cherchent à accroître leurs revenus. De même, moult chantiers sont effectués avec des « salariés » détachés… rappelons nous aussi des pavés de la rue Alsace Lorraine qui viennent d’Asie…

    Pourtant, pour marquer sincèrement une volonté politique d’être efficace dans une croissante verte et sociale, il suffirait par exemple de :
    * instaurer une tarification progressive de l’eau et de l’énergie. Un tarif à prix coûtant pour les besoins de premières nécessités (les 5 premiers m3/an/personne pour l’eau), puis des paliers exponentiels car la surconsommation nuit à autrui même si le consommateur est à même de se l’offrir.
    * faire la chasse au stationnement sauvage - qui entrave la sécurité, les déplacements et l’évolution vers une mobilité citoyenne, - qui dégradent le mobilier urbain et l’image de la ville, - qui est un modèle d’inexemplarité et d’incitation à l’irrespect.

    Voilà des actions efficaces, économiques, sociales et en faveur de tous, qui permettraient peut-être de faire à nouveau confiance en des politiques qui peines à oeuvrer pour l’intérêt de la collectivité.

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