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Publié le jeudi 15 juin 2017 à 18h29min par Aurélie de Varax

Toulouse. « L’augmentation du covoiturage régulier, ne serait-ce que de 3 %, pourrait désengorger le périphérique »

A l’occasion de la présentation du premier « challenge covoiturage inter-entreprises » mardi 13 juin à Toulouse, Valérie Vincent, conseillère en Mobilité Entreprise chez Tisséo SMTC fait le point sur le potentiel du covoiturage domicile-travail.

Tisséo SMTC vient de lancer le « challenge covoiturage 2017 », de quoi s’agit-il ?
Valérie Vincent : Nous avons construit ce challenge covoiturage pour nos adhérents suite à une expérimentation fructueuse menée en 2015 et 2016 dans le cadre du programme européen CHUMS (Changing habits for urban mobility solutions) auquel Toulouse a participé ainsi que quatre autres villes européenne. L’objectif visait à changer les habitude de mobilité pour des solutions alternatives et en particulier le covoiturage qui reste un peu en dessous des autres modes alternatifs à la voiture que sont le vélo, la marche à pied et les transports en commun. Cette participation a duré deux ans avec l’organisation de deux éditions de « semaine du covoiturage » où les entreprises participantes incitaient fortement leurs salariés à covoiturer. La première année nous avons travaillé avec deux groupements d’entreprises - le PMIE Héliopôle et le PMIE TOP - soit 14.000 employés. En 2016, quatorze entreprises ont rejoint l’opération. Le nombre d’inscrits au programme a augmenté même s’il est difficile de mesurer la progression des covoiturage à l’intérieur des structures. Nous avons alors décidé de poursuivre la dynamique en lançant ce challenge covoiturage que nous avons présenté mardi à nos entreprise adhérentes.

Qui sont aujourd’hui vos adhérents ?
Depuis 2008, nous accompagnons les entreprises dans la mise en place du covoiturage domicile travail. C’est inscrit dans notre projet mobilité de travailler sur le report modal de la voiture vers d’autres formes de mobilité. Nous avons 5000 inscrits sur notre plate-forme qui regroupe plusieurs types d’adhésion : des adhésions entreprises et individuelles. Nous comptons environ cent entreprises adhérentes dont Airbus et le CHU qui couvrent déjà 40.000 employés ainsi que de nombreuses structures de plus petites tailles très dynamiques. Le potentiel de développement du covoiturage est très important : selon l’Enquête ménage et déplacements 2013, le taux de remplissage des trajets domicile-travail est de 1,28 personnes par véhicule ce qui est faible. Des travaux ont montré que l’augmentation du covoiturage régulier, ne serait-ce que de 3 à 5% pourrait significativement désengorger le périphérique.

En quoi va constituer le challenge ?
L’objectif est de valoriser le covoiturage et de développer son usage régulier. Du 2 au 13 octobre 2017, les employés des entreprises participantes seront invités à covoiturer le plus possible sachant qu’il peut y avoir des équipages (conducteur et covoituré) inter-entreprises. Il y aura trois catégories d’entreprises en fonction du nombre de salariés et deux pris seront remis par catégorie : le prix de la meilleure entreprise et le prix des quatre équipages plus méritants de chaque catégorie. Plusieurs entreprises ont déjà confirmé leur intérêt pour le challenge dont Airbus, Liebherr, l’Onera et le plan de mobilité inter-entreprises de l’Heliopole de Balma.

Quelle est votre perception de l’évolution du covoiturage depuis dix ans ?
Cette pratique s’est popularisée ces dernieres années. La méfiance des débuts a disparu et aujourd’hui l’objection majeure reste la difficulté à s’organiser autour d’horaires prédéfinis, perçue comme une contrainte. L’offre Tisséo cible plutôt des équipages pérennes qui vont covoiturer le matin et le soir, souvent une à deux fois par semaine les jours les plus engorgés sur le périphérique : le mardi et le jeudi mais le co-voiturage spontané, à la minute, se développe aussi et apporte une réponse à ces craintes avec d’autres outils comme les services Coovia ou Rézo Pouce (l’auto-stop aménagé). Ce qui est sûr c’est que des événementiel comme ce Challenge peuvent faciliter la prise de conscience que c’est possible de façon occasionnelle mais aussi quotidiennement. Et faciliter le passage à l’acte.
Propos recueillis par Aurélie de Varax

Photo Tisséo SMTC.

1 Commentaire

  • Le 17 juin à 16:44 , par Jérôme

    Le CHU construit des parking pour assurer la demande de ses collaborateurs car plus de 80% d’entre eux viennent en voiture… Un PDE efficace serait utile surtout pour une structure qui doit faire de la prévention en santé, non ? L’inscription du CHU à ce programme de co-voiturage n’est-elle pas une simple op de greenwashing ?
    Concernant la Rocade, ou le trafic routier en général, une très faible baisse de trafic suffit généralement à le rendre fluide et donc utile pour tous. Les alternatives à la voiture individuel à passager unique sont nombreuses et profitables à la majorité… Il faut simplement faire contribuer les usagers de la voiture aux coûts et nuisances que celle-ci fait supporter à la collectivités pour enfin inciter à des attitudes citoyennes. Un exemple efficace sur l’exemple du CHU mais Airbus apporte aussi son lot de désordre sur la voie publique ? - Ne pas autoriser les multiples parking du CHU, - Demander au CHU l’autorisation de mises en fourrière des véhicules sauvages sur son site, - Appliquer la mise en fourrière systématique en périphérie, - Instaurer un paiement symbolique de 5€ la journée… , -Eveiller les dirigeants du CHU sur ce qu’est un PDE et sur son utilité pour qu’ils puissent se l’approprier et soit efficace… et demander une atteinte de résultats à ceux qui sont présentés comme « manager » !

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