ToulÉco Green

Publié le jeudi 4 février 2016 à 16h45min par Aurélie de Varax

Toulouse. L’aéroport de Toulouse-Blagnac confronté à sa transition énergétique

Fort de son accréditation Airport Carbon niveau 2 en juin dernier, l’aéroport de Toulouse-Blagnac peaufine sa transition énergétique avec une réduction de 30% des GES prévue d’ici 2020. L’ambition est aussi d’associer l’ensemble de ses partenaires à cet objectif.

En juin dernier l’aéroport de Toulouse-Blagnac obtenait le niveau 2 de l’Airport Carbon Accreditation délivrée par l’ACI Europe qui récompense la mise en place d’un plan de gestion du carbone. L’objectif ? Réduire de 30% les émissions de gaz à effets de serre de l’aérogare d’ici 2020, en référence à l’année 2013. Si, malgré nos demandes répétées, l’entreprise n’a pas souhaité communiquer ses chiffres d’émissions de GES, elle atteste que l’objectif de réduction fixé sur 2015 n’a pas été atteint. « Nous avons relevé un dysfonctionnement sur le chauffage au niveau pilotage qui a impacté notre consommation de gaz », précise Alain de la Meslière, directeur des opérations. « Nous sommes confiants pour l’avenir car cela a été l’occasion pour nous de mieux intégrer le facteur humain dans notre pilotage de l’énergie », ajoute Anne Julia, responsable environnement. L’entreprise a notamment amélioré son process de décisions et poursuit la sensibilisation des personnels sur les objectifs du plan carbone.

Sans surprise, c’est sur l’amélioration des bâtiments que se situe l’enjeu majeur. Chauffage, climatisation et les centrales de traitement d’air engrangent plus de 70 % des consommations énergétiques et des émissions de GES. « Un plan d’amélioration du bâtiment a été engagé depuis 2010 sur lequel nous avons des actions pour améliorer l’isolation ou de déconstruction. Nous avons également un plan immobilier de 70 millions d’euros sur les cinq prochaines années qui englobe le réaménagement de la zone Blagnac 1 par des bâtiments nouvelle génération », précise Alain de la Meslière. En 2015 les chaudières à gaz dans l’aérogare ont été remplacées par une chaudière à condensation et une seconde à haut rendement, de quoi tabler sur une diminution de leur production de gaz à effet de serre de 15%, dont les effets sont attendus en 2016. Côté mobilité (8% des émissions de GES), sur les 48 véhicules utilisés par ATB pour entretenir les pistes, douze sont électriques et dix hybrides.

2016 : cap sur les renouvelables et l’ACA niveau 3

Outre la diminution de ses consommations d’énergie, l’aéroport se lance cette année dans la production d’énergies renouvelables avec le démarrage de l’installation de panneaux photovoltaïques sur une partie du parc autos P2, un marché remporté par la société Armorgreen pour 1,5 millions d’euros. La mise en service est prévue en 2017 avec une production annuelle estimée à 1120 mWh soit la consommation annuelle du P2 et 4% de la consommation globale. Sont à l’étude également, à horizon 2019, la conection au réseau de chaleur de Blagnac ou son alternative, une chaufferie biomasse.

Consolider l’ambition de l’ACA, niveau 2, c’est la priorité mais Alain de la Meslière ne cache pas qu’il vise déjà le niveau 3 qu’ont déjà obtenu Aéroport de Paris et Nice Côte d’Azur. « Le niveau 3 inclut dans l’objectif les partenaires de la plateforme comme les compagnies aériennes, les sociétés de fret et les loueurs de voitures. L’idée sur 2016 pour commencer est de nous réunir et qu’ils mettent en place une comptabilité annuelle de leurs émissions sur le trafic aéroportuaire ». L’atteinte du Graal est prévue pour 2018.
Aurélie de Varax

Sur la photo : Alain de la Meslière, directeur des opérations de l’aéroport de Toulouse-Blagnac.