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Publié le jeudi 26 novembre 2015 à 15h26min par Thomas Gourdin

Toulouse. Gimm Traiteur engagé dans une opération pilote contre le gaspillage alimentaire

Le professionnel toulousain fait partie des huit pilotes du réseau Traiteurs de France à expérimenter la redistribution des surplus alimentaires à des acteurs solidaires. Il table sur une vingtaine d’opérations par an.

La tragique actualité a précipité la première mise en application d’une opération pilote en matière de lutte contre le gaspillage alimentaire. Le 18 novembre dernier, quelques jours après les terribles attentats qui ont frappé Paris et Saint-Denis, l’agence de communication toulousaine Pur’events a (logiquement) annulé le grand séminaire qu’elle avait organisé pour le compte d’ErDF. 400 cadres y étaient attendus et toute la partie restauration avait déjà été préparée par Gimm Traiteur, qui a finalement pu reverser ces aliments à l’épicerie solidaire La main à la pâte, dans le quartier de Rangueil.

Le traiteur toulousain est ainsi l’un des premiers membres du réseau Traiteurs de France, label qui regroupe trente-six professionnels haut de gamme dans l’Hexagone (représentant 1000 salariés et 175 millions d’euros de chiffre d’affaires), à expérimenter le partenariat passé avec la start-up parisienne Écosphère, spécialisée dans la revalorisation des produits alimentaires. Le groupement a d’ailleurs été reçu à l’Assemblée nationale en octobre dernier pour signer un engagement ferme. « L’événementiel est connu comme étant générateur de gaspillage », admet Gérard Calvet, patron-fondateur de Gimm Traiteur et tout nouveau président de Traiteurs de France. « Cela fait un an que nous travaillons sur ces questions. »

Une redistribution au nom du client final

Dans la pratique, Écosphère forme progressivement les personnels de tous les membres de Traiteurs de France pour leur apprendre à identifier les produits que la loi – très stricte à ce sujet – autorise à redistribuer. La start-up a également mis en place une application mobile, afin que chaque traiteur puisse communiquer en temps réel sur les denrées qu’il peut redistribuer. Elle se charge ensuite en urgence de la collecte et de trouver un acteur solidaire à qui reverser ces aliments. « Cela représente un coût de 200 euros par collecte pour Gimm Traiteur », précise Gérard Calvet, qui espère avoir recours à cette pratique une vingtaine de fois par an en cas d’annulation d’un événement ou de grand surplus.

Particularité de ces opérations : pour l’association ou épicerie solidaire qui reçoit les produits, les donateurs ne sont pas Gimm Traiteur et Écosphère, mais bien le client final. Dans ce premier cas, ErDF et Pur’events. Un procédé incitatif car il permet au client de bénéficier d’une déduction fiscale de 60 %. « A terme, nous pouvons aussi imaginer d’autre cycles de revalorisation de ces produits agroalimentaires, comme l’extraction des pigments naturels pour les peintures », ajoute Xavier Corval, fondateur d’Écosphère.

« Une nouvelle étape dans notre politique de RSE »

« Un jour, la loi imposera la lutte contre le gaspillage alimentaire dans la responsabilité sociétale des entreprises », ajoute-t-il. Pour l’heure, l’Assemblée nationale a dû revoir sa copie, le Conseil constitutionnel ayant censuré la partie du projet de loi sur la transition énergétique concernant ces questions. Un nouveau texte a été présenté en août. Il prévoit d’interdire aux acteurs de la grande distribution de rendre impropre à la consommation des denrées alimentaires encore consommables.

Si cette loi ne concerne pas encore les professionnels de la restauration, Gimm Traiteur a ainsi pris les devants en devenant l’un des huit pilotes pour le compte de Traiteurs de France. « C’est une nouvelle étape dans notre politique de RSE mise en place il y a trois ans », appuie Gérard Calvet. Le traiteur toulousain, qui emploie trente-six personnes et une centaine d’extras, propose notamment une vaisselle recyclable et biodégradable, de véritables couverts et verres réutilisables, et depuis peu un packaging made in France.
Thomas Gourdin