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Publié le jeudi 7 juin 2018 à 09h19min par Aurélie de Varax

Toulouse Canopée veut combattre les îlots de chaleur en déployant des îlots de fraîcheur en ville

Installé en septembre Place Roguet, Toulouse Canopée sera le premier démonstrateur de Canopée : une solution végétalisée déployée par la start-up parisienne éponyme pour combattre les îlots de chaleur en créant des îlots de fraîcheur.

Adapter les villes au réchauffement climatique, c’est notamment lutter contre les phénomènes d’îlots de chaleur. Ces hausses de températures localisées sont provoqués par les activités humaines et l’urbanisme notamment les surfaces qui absorbent la chaleur comme le goudron. Le projet Toulouse Canopée lancé le 24 mai dernier veut lutter contre ce phénomène en installant dès septembre sur la place Roguet sa première Canopée : un bouquet de trois corolles végétalisées soit 100 mètres carrés de plantes.

« Cette place est recouverte d’un dallage en pierre et non végétalisée et fait partie des zones d’ilots de chaleur de la métropole », explique Céline Massarutto, ambassadrice du projet Toulouse Canopée. « La végétalisation sur les corolles va remplir trois fonctions dans la lutte contre les îlots de chaleur : augmenter la réverbération de l’énergie solaire vers le ciel, ce qui limite le stockage de chaleur dans le sol, créer de l’ombrage et rafraîchir l’air ambiant de façon totalement naturelle via l’évapotranspiration des plantes. »

Soutenu par Toulouse Métropole et plusieurs partenaires privés ainsi que l’école d’ingénieurs de Purpan, ce projet est porté depuis un an par la Commission « lutte contre le réchauffement climatique » des jeunes bénévoles de la Jeune chambre économique (JCE) de Toulouse en liens étroits avec la start-up parisienne Urban Canopee qui a conçu le prototype.

Le premier démonstrateur de Canopée en France

Depuis quelques temps, les jeunes bénévoles de JCE souhaitaient trouver une solution pour lutter contre les ilots de chaleur urbain. « Nous nous sommes rendus compte que tout le monde cherchait à innover dans les capteurs. Inutile de refaire la roue », raconte Céline Massarutto. La jeune femme décide d’interroger les scientifiques de l’école d’ingénieurs de Purpan à Toulouse et des Ponts et Chaussées à Paris. Elle entre alors en relation avec Hubert Chaumet, ingénieur de l’école parisienne et fondateur d’Urban Canopee qui cherchait justement à trouver l’endroit propice à l’installation de son premier démonstrateur. Tout va très vite : les jeunes bénévoles investis sur le projet contactent la Mairie de Toulouse qui accepte de soutenir le projet.

Les essences végétales qui seront installées en septembre sur la structure autonome en eau et énergie fournie par Canopee, seront sélectionnées par des élèves de l’école d’ingénieurs de Purpan. Ils effectueront également les relevés des capteurs installés sur le dispositif. « L’idée est de mesurer comment grandissent les plantes pendant trois ans et comment elles absorbent la chaleur et rejettent de la fraicheur », précise Céline Massarutto. Afin de fournir à la start-up Urban Canopee les données utiles au déploiement de sa solution dans d’autres villes.
Toulouse Canopée espère lever 10.000 euros sur la plateforme Ulule tout en mobilisant les toulousains. D’autres partenaires financiers complèteront ce montant pour réunir les 23.000 euros nécessaires.
A. de V.

Sur la photo 1 : dessin perspective du bouquet de Canopée qui sera installé Place Roghuet en septembre 2018. Photo 2 : l’équipe de la JCE qui porte le projet à Toulouse, lors de la remise du prix Ulule à Futurapolis 2017. Photo DR