ToulÉco Green

Publié le jeudi 3 mars 2016 à 16h13min par Virginie Mailles Viard

Toulouse Business School lance son grand Tour des solutions alternatives

Des lombrics pour des stations d’épuration, des habitats groupés bioclimatiques, des laboratoires de fabrication participatifs. Les étudiants de B3D de TBS, ont fait le Tour de France des solutions alternatives.

Les étudiants du bureau du développement durable, B3D, de Toulouse Business School, réinventent le mythique Grand Tour : celui qui au 18e, envoyait en Europe sa jeunesse se former aux humanités. Ils s’appellent Mathilde de Bortoli, Priscilla Merot, Arthur Gerôme, Yanis Lammari, et ils se sont donné cinq jours pour faire le tour de France des solutions alternatives à notre mode de vie. Un Tour qui s’inscrit dans le cadre de la plateforme AIM2 Flourish, soutenue par les Nations Unies.

« Nous voulions briser l’idée que le DD c’est pour les Bobos. »

A bord de leur voiture GPL, de Lilles à Paris, en passant par Lyon, Montpellier et Toulouse, ils ont « visé large », comme l’explique Priscilla Merot. « C’est un Tour à l’image du développement durable. Nous avons sélectionné les lieux en fonction des alternatives. Nous voulions faire tomber l’idée que le DD c’est pour les Bobos. Nous sommes partis à la rencontre des gens, pour faire face aux situations, voir des solutions qui sont applicables, performantes. Et reproductibles. »

Ainsi à Montpellier, le Tour prend racines chez Ecohabitons, une association pour la création d’habitats participatifs. Elle a créé un espace-ressources et un lieu de rencontres pour l’émergence de projets d’habitat groupé bioclimatique et écologique. « Ce n’est donc pas une utopie », conclut Priscilla. « Nous avons vu que ces valeurs sont réalisables, que les habitants ne sont pas des rêveurs. »

L’habitat écologique, c’est la préoccupation de la mairie de Combaillaux, dans l’Hérault. Ici on a refusé de relier les fosses septiques au « tuyau à la mer ». Et choisi l’épuration des eaux usées par l’intervention des vers de terre. Un procédé mis en place par le pôle agronomique Acropoles de Montpellier. Une démarche politique et citoyenne exemplaire pour l’équipe du Tour. « Le maire de Combaillaux prouve que les politiques peuvent agir, trouver des solutions applicables de suite. Ici, ce sont les vers qui nettoient l’eau, et non les procédés chimiques. »

A Lyon, une ferme dans une gare routière

Les techniques organiques, c’est aussi la marque de fabrique de Refarmers. Installée dans une ancienne gare routière lyonnaise, cette ferme urbaine fabrique ZIpgrox, un système de culture verticale. Le Tour y a expérimenté la réutilisation des ressources, le réaménagement intelligent du territoire, la nature en plein centre ville. Refarmers est née dans l’incubateur de l’Agrapole à l’ISARA-Lyon. C’est à Lyon également que le Tour a rencontré Les Curieux. Dans cet espace de mode, on n’affiche pas la couleur, le vert. Comme le précise Priscilla, « la communication green écolo, ça ne marchait pas. Les gens viennent sans savoir que tout est bio. Cela démocratise cette démarche, et l’ouvre à un public plus large. »

Le Tour s’est terminé dans la Ville rose, direction le FabLab et les Imaginations Fertiles. Au sein du FabLab, laboratoire de fabrication d’objets, les entrepreneurs testent et impriment en 3D leurs projets. « Et voient si c’est commercialisable ou pas. Ici, on transmet son savoir-faire, c’est collaboratif. » Même combat pour les espaces de co-working des Imaginations Fertiles : le partage des espaces, avec des ateliers pour les entrepreneurs sociaux.

Les étudiants du Tour des solutions alternatives présenteront le film de leur voyage lors des 10 ans des Assises Nationales du DD, le 7 avril. Pour eux, il s’agit dorénavant d’éclairer leurs confères sur l’importance du développement durable dans leur travail. Et de signer des partenariats, pour que l’année prochaine, de nombreuses voitures GPL sillonnent la France pour un Grand Tour des solutions alternatives 2016.

Virginie Mailles Viard

Sur la photo de gauche à droite : Arthur Gérôme ; un jeune travaillant sur le site de la station ; Yanis Lammari ; Odile Verdure Labeille (professeur de RSE à TBS et responsable des ANE du DD) ; Daniel Floutard maire de Combaillaux ; Prescillia Merot ; Mathilde De Bortoli.