ToulÉco Green

Publié le mercredi 28 novembre 2012 à 22h40min par Thomas Gourdin

La Serre, la version solidaire du coworking à Toulouse

Claire Landat, Agnès Gaigneux, Julie Jodet et Anne-Marie Fontaine ouvrent au printemps prochain un nouvel espace de coworking de 3900m², la Serre, en plein cœur de Toulouse, destiné à accueillir les acteurs de l’économie sociale et solidaire.
JPEG - 36.3 ko

Le cadre est de taille. A la hauteur de ce projet porté par quatre femmes, toutes spécialisées dans l’économie sociale et solidaire. Depuis trois ans, Claire Landat, Agnès Gaigneux, Julie Jodet et Anne-Marie Fontaine planchent sur ce nouvel espace de coworking destiné aux entreprises solidaires.

« Nous sommes parties d’un double constat : il est difficile pour des créateurs d’entreprise d’avoir accès à des locaux et ils se retrouvent souvent isolés. Et contrairement à d’autres villes, il manque à Toulouse un espace de coworking, un lieu de mutualisation et de rencontre visible et accessible pour les entrepreneurs sociaux », explique Agnès Gaigneux, la trésorière de l’association la Serre. « Nous voulions un endroit moderne afin de dépoussiérer l’image de ce secteur d’activité. Car une jeune génération avec des idées nouvelles émerge », ajoute Claire Landat, la présidente.

40 à 45 postes

JPEG - 70.9 ko

Chose dite, chose faite. Derrière une large baie vitrée qui donne sur les allées Maurice Sarraut, les anciens locaux d’une entreprise se scindent en plusieurs espaces (et en plusieurs étapes selon l’état d’avancement des travaux). La résidence permanente, qui ouvre au printemps, se tourne vers les entreprises solidaires déjà en activité. D’une capacité totale de 40 à 45 postes, pas moins d’une quinzaine de TPE peuvent installer leur siège social. La résidence ponctuelle propose des open-space à la demi-journée et à la journée ou sous forme d’abonnement tandis que la résidence éphémère est un lieu que peuvent occuper les éco-designers et les artisans pour des évènements ponctuels. Mais pas seulement. Un espace atelier partagé verra le jour d’ici plusieurs mois en collaboration avec Artilec, le laboratoire de fabrication, ainsi qu’un showroom et un restaurant d’entreprise.

Pour autant, la Serre se réserve le droit de ne pas recevoir toutes les structures ESS. Les quatre fondatrices ont élaboré une charte que tout résident devra respecter. Ce dernier s’engage à inscrire son activité dans une « démarche éthique » (en terme d’emploi et en ayant une attitude éco-citoyenne sur les lieux, par exemple). Il doit aussi manifester clairement son « envie de faire partie d’un collectif ». Et, enfin, son activité est existante et viable.

Quid cependant du financement de ce beau projet ? « Nous avons apporté nos fonds propres au capital et emprunté. Nous avons aussi obtenu une aide de la communauté urbaine. Mais ce n’est pas suffisant », souligne la présidente, qui précise que l’association est en passe de devenir une entreprise pour pouvoir lever des fonds. De plus, les résidents permanents sont appelés à entrer au capital en prenant des parts sociales.
Audrey Sommazi

Sur les photos : Agnès Gaigneux, Claire Landat, Anne-Marie Fontaine, trois des quatre fondatrices de l’association la Serre / Les allées Maurice Sarrault à Toulouse. Crédits : DR.