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Publié le mercredi 31 juillet 2013 à 20h00min par Virginie Mailles Viard

Le mipys, la première monnaie complémentaire régionale

Une nouvelle monnaie complémentaire devrait entrer en circulation en Midi-Pyrénées dès 2014. A parité avec l’euro, le mipys a vocation à créer du pouvoir d’achat, de l’activité et de l’emploi en région, notamment en favorisant la rénovation énergétique via des prêts à taux zéro.

Monnaie régionale, d’investissement et numérique, voilà notamment ce qui fait l’originalité du Mipys, la nouvelle monnaie complémentaire qui pourrait entrer en circulation en Midi-Pyrénées dès 2014. La région s’affirme comme innovante dans le domaine avec cette démarche.

« Le mipys a vocation à être une monnaie de consommation qui circule rapidement pour enrichir le PIB local et donc créer de l’emploi et de l’activité. Son objet est la rénovation énergétique pour parer à l’enjeu de la transition énergétique dans les bâtiments anciens, qui touche 200.000 logements en Midi-Pyrénées et 150.000 qui sont au seuil de la précarité énergétique. Cette monnaie doit en effet permettre ces investissements via l’octroi de prêt à taux zéro », détaille Gérard Poujade de l’Arpe - l’agence régionale du développement durable -, l’initiateur de la création du Mipys. « Il s’agit de la première monnaie citoyenne d’investissement et donc d’un échelon de plus dans ce qu’on peut réaliser avec elles. Le mipys et le sol violette sont donc véritablement complémentaires », reprend Frédéric Bosqué, le co-fondateur du sol violette, la monnaie complémentaire toulousaine.

Une monnaie vectrice de pouvoir d’achat

Le mipys présente plusieurs caractéristiques. Il sera 100% numérique et détenu via un smartphone, une carte bancaire ou le web, ce qui permet notamment de tracer les échanges à 100% et d’empêcher toute fraude fiscale ou sociale. A parité avec l’euro, cette monnaie complémentaire jouera le rôle de carte de fidélité et les réductions obtenues auprès des entreprises adhérentes seront créditées directement sur le compte des utilisateurs. « Elle a en effet pour objectif de créer du pouvoir d’achat en permettant de capitaliser les remises accumulées », souligne Gérard Poujade. « En outre, plus le mipys sera dépensé rapidement, moins les frais de gestion seront élevés, afin de faire en sorte que cette monnaie ’fondante’ soit utilisée rapidement. Il faut en effet garder à l’esprit qu’une monnaie complémentaire circule huit fois par an contre trois fois pour l’euro. Elle créera donc directement de l’activité et de l’emploi. Ainsi, chaque fois qu’un mipys sera mis en circulation, ce sera un gain de 5 euros pour le PIB. »

Le mipys passera par le système bancaire traditionnel. « Nous avons vocation à créer un réseau qui acceptera cette monnaie et les acteurs bancaires se montrent déjà intéressés par notre démarche », poursuit le président de l’Arpe.

Une SCIC pour le gérer

Le calendrier de la mise en place du mipys démarre dès maintenant avec la rédaction des règles définissant les monnaies régionales d’investissement partout en France. En septembre 2013, si 100 entreprises, collectivités, ou associations y adhèrent, une association de préfiguration de la monnaie sera créée. Elle aura vocation à finaliser les règles de circulation du mipys et à porter sa prospection. Enfin, cette association se transformera en société coopérative d’intérêt collectif (SCIC) quand elle réunira 1000 adhérents, en 2014, selon les prévisions de Gérard Poujade. La monnaie commencera alors à circuler et les premiers prêts en mipys seront contractualisés.

« La SCIC comptera trois instances dans sa gouvernance : un conseil d’administration pour la gestion de la structure, un comité d’engagement qui vérifiera la pertinence des prêts, et un conseil scientifique composé d’économistes qui s’assureront que les mipys génèrent de l’activité supplémentaire, de sociologues et d’ingénieurs pour la pertinence énergétique de la démarche », conclut Gérard Poujade.
Agnès Frémiot

Sur la photo : Le mipys a été présenté au public lors d’un petit-déjeuner sur les monnaies complémentaires en présence de Stéphanie Cabanot (Tookets) Jean Philippe (Crédit Agricole Pyrénées Gascogne), Gérard Poujade (Arpe), Marie-Laure Arripe (maître de conférence retraitée) et ; Frédéric Bosqué (sol violette). Crédits : Arpe