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Publié le mercredi 30 janvier 2013 à 20h12min par Virginie Mailles Viard

La Cartoucherie : un écoquartier explosif




La mairie de Toulouse croyait avoir acheté un terrain dépollué. Mais les sols du futur écoquartier de la Cartoucherie n’ont pas tardé à se faire entendre : à quelques centimètres sous terre, les démineurs ont trouvé des milliers d’obus. Et c’est tout le passé de Giat, spécialiste de l’armement terrestre, qui refait surface sur un des futurs écoquartiers (...)
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Si le nom de baptême du site ne laisse aucun doute sur son ancienne activité, la municipalité de Toulouse ne s’attendait pas à de telles résurgences. « Nous avons un document qui fait état de la dépollution des sols », rappelle l’adjoint au maire en charge du quartier, Nicolas Tissot. « Ce terrain a coûté 28 millions d’euros et, comme tout terrain industriel, il est vendu dépollué selon le principe du "pollueur payeur". Légitimement nous pensions qu’il l’était. Nous sommes aujourd’hui en contentieux avec le Giat(groupe spécialisé dans l’armement terrestre, ancien occupant du site, ndlr). »

Ce sont les anciens bâtiments du site qui ont mis le feu au poudre : leurs fondations reposaient sur des munitions chargées ou non, des boulets de l’époque napoléonienne, des obus des années 50, des étuis de cartouche, des tubes de tir, et des éléments électroniques qui équipaient les chars Leclerc. Soit plus de 47.000 pièces qui ont transformé le site en haut lieu de l’archéologie militaire. « C’est en sondant les sols que nous avons fait cette découverte. Il y a également une pollution chimique qui va nécessiter un retraitement du terrain. On ne peut pas construire un village sur des obus », poursuit Nicolas Tissot.

La pollution déborde le site

Carrotage des sols, évacuation de la terre, déblayage minutieux, la dépollution pyrotechnique réalisée par la société Géomines doit durer jusqu’à l’été 2013. D’autant que l’envergure des travaux ne cesse de s’accroître, la mairie ayant découvert que la pollution débordait du site. « Nous allons devoir dépolluer le long de la voie du Toec, sous les piquets qui marquent la limite du terrain. Nous ne pouvons laisser cette pollution collée à l’écoquartier », explique l’adjoint au maire.

Le parking, également en dehors du site, goudronné depuis 15 ans, sera soumis aux mêmes exigences. « Nous allons faire les choses proprement et jusqu’au bout », assène Nicolas Tissot. « Les travaux de réhabilitation des sols sont donc prolongés, et l’équipe de déminage renforcée. Nous ne voulons plus prendre de retard, pour que l’Ecole Régionale de Santé puisse s’installer. » Les premiers logements, soumis à concours et cahier des charges, devraient voir le jour fin 2013.

Virginie Mailles Viard


Sur la photo : le site de la Cartoucherie doit accueillir un vaste écoquartier, dont la première phase prévoit 550 logements et 30.000m² d’activités tertiaires. Crédits : DR.