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Publié le jeudi 9 juin 2016 à 15h36min par Aurélie de Varax

TWB, l’accélérateur d’innovations dans le carbone renouvelable, cartonne

initié par l’Inra en 2011, le démonstrateur pré-industriel TWB (Toulouse White Biotechnologie) a inauguré mardi ses nouveaux locaux à Ramonville-Saint-Agne. Un doublement de surface qui prouve le succès de ce modèle d’innovation ouverte au service du carbone renouvelable.

« Les nouveaux locaux que nous inaugurons sont déjà plein », s’enthousiasme Pierre Monsan, directeur et fondateur de TWB ce mardi matin, devant un parterre de personnalités emblématique de la gouvernance du démonstrateur qui associe quarante-cinq partenaires privés et publics, dont trente industriels.

Face à son indéniable succès, l’outil pré-industriel lancé en 2011 sous la triple tutelle de l’Insa, l’Inra et le CNRS pour accélérer la recherche et l’industrialisation de procédés liés au carbone renouvelable, s’est vite trouvé à l’étroit. Au sein du parc du Canal à Ramonville-Saint-Agne, 1700 m2 supplémentaires, soit le double des premiers locaux, accueillent désormais quatre-vingt personnes dont dix-sept permanents et de nouveaux plateaux techniques équipés de matériel de pointe.

Une plateforme robotique nouvelle et unique

Le plus emblématique des nouveaux équipements est une plateforme robotique de culture microbienne. « Elle permet d’accélérer considérablement le développement de procédés industriels pour des applications en chimie verte (biomatériaux, biopolymères, biocarburant, industrie pharmaceutique). Par exemple les conditions de culture d’un micro-organisme peuvent être obtenues dans un temps jusqu’à cinq fois plus courts par rapport aux outils conventionnels », précise Michel Manach responsable des partenariats industriels.

Ce nouvel accélérateur de recherche à disposition des chercheurs et entreprises pour leurs projets de R&D, a coûté 950.000 euros, cofinancés par le Conseil Régional, le programme Feder, Toulouse Métropole, le Sicoval et TWB. La réhabilitation des locaux loués à l’Institut Pierre Fabre s’est élevé à 860.000 euros couverts par la subvention initiale de 20 millions d’euros alloués au projet en 2011 dans le cadre du Programme d’Investissements d’Avenirs. Afin d’accompagner les développements futurs de TWB, 3500 m2 sont déjà réservés pour le démonstrateur sur le campus de l’Insa Toulouse à échéance 2020.

S’affranchir du carbone fossile

Entre 2012 et 2015, TWB a hébergé 57 projets soit 18 millions d’euros de contrats signés au service de la recherche accélérée de bioprocédés permettant de s’affranchir du carbone fossile, un objectif très proche de la cible des 21,8 millions d’euros fixés pour 2019. Les recherches menés ont déjà débouché sur treize brevets. Parmi les projets prometteurs, TWB héberge EnobraQ créée en novembre 2015. Première start-up issue d’un projet de recherche de TWB, elle développe une levure capable d’utiliser des rejets de CO2 pour produire, par exemple, des biocarburants. La société a déjà levé 3,3 millions d’euros et devrait atteindre sa preuve de concept avant fin 2017.

Autre pépite accompagnée par TWB, le projet Thanaplast doté de 22 millions d’euros sur cinq ans et porté par Carbios, société auvergnate dédiée au développement de nouveaux plastiques biodégradables. « Le principe repose sur un autre usage des enzymes introduites au moment de la fabrication du film plastique pour qu’après son utilisation il s’autodétruise en quelques semaines » précise Jean-Claude Lumaret, directeur général de Carbios. Avec un marché évalué à plusieurs dizaines de milliards d’euros, les produits biosourcés s’imposent progressivement comme une réponse possible aux enjeux du siècle.
Aurélie de Varax

Sur la photo : le nouveau robot ingénierie des souches de TWB. Photo Baptise Hamourin pour TWB.