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Publié le jeudi 26 mai 2016 à 13h58min par Aurélie de Varax

Stéphane Gruet : « Il faut démocratiser l’habitat participatif »

C’est le plus gros programme en habitat participatif sur la région. A l’occasion de la pose de la première pierre du programme « Aux 4 vents » ce jeudi 26 mai à l’écoquartier de la Cartoucherie à Toulouse, rencontre avec Stéphane Gruet, directeur de l’Aera.

Stéphane Gruet, vous avez largement contribué au montage du programme en habitat participatif "Aux 4 vents" qui accueillera quatre-vingt neuf familles en 2018. Quelle est votre principale mission au sein de l’Aéra (Actions, Etudes et Recherches sur l’architecture, l’habitat et la ville) ?
Stéphane Gruet : L’Aera est leader en France de l’habitat participatif en accession sociale à la propriété. Nous accompagnons des aménageurs, opérateurs et architectes et en parallèle nous animons le processus de constitution du groupe d’habitants et la phase de programmation du projet. Trois cent familles se sont déjà lancées. En lien avec le groupe des Chalets, nous avons livré en février 2015 le premier projet en SCIAPP (Société cvile immobilière d’accession progressive à la propriété) à l’immeuble Chloris, à Ramonville. C’est un montage innovant qui permet à des personnes qui n’ont pas accès au crédit bancaire d’entrer dans un processus d’accession progressive à la propriété. Quatre autres opérations intégrant ce dispositif sont en cours : Callisto à Balma, Arbram et Terra Arte à Bayonne et la résidence Aux 4 vents à Toulouse.

En quoi l’habitat participatif est pertinent pour la ville ?
Souvent qualifié de « troisième » voie du logement, ce type d’habitat permet aux futurs habitants de se réapproprier la conception du bâti, de l’espace et du vivre ensemble, d’être réellement parties prenantes pour disposer d’un habitat à la mesure de leurs besoins et de leur mode de vie. Cet habitat, ainsi approprié par les habitants, favorise leur investissement durable dans le quartier et contribue à sa valorisation tant sociale qu’immobilière. Il participe ainsi à un développement durable des nouveaux quartiers au plan social, économique et environnemental et pour les quartiers dévalorisés à un véritable renouvellement urbain.

Y a-t-il une ambition en la matière dans notre grande région ?
Les élus sont frileux concernant les projets en auto-promotion étant donné la difficulté des montages et le risque d’un "entre-soi" alors que la politique de la ville plaide la mixité. C’est pourquoi notre objectif est de démocratiser l’habitat participatif auprès des bailleurs sociaux en faisant en sorte que ce mode de construction soit accessible à tous et toutes les conditions de revenus. Actuellement sur la région, les seuls projets ont été monté avec le Groupe des Chalets. Nous ne sommes pas à la pointe. A Bordeaux, trois opérateurs se sont déjà lancés et nous sommes également démarchés par le secteur privé.
Propos recueillis par Aurélie de Varax