ToulÉco Green

Publié le jeudi 3 décembre 2015 à 16h27min par Aurélie de Varax

Solutions climat. Qui sont les pépites de la croissance verte ?

Dossier - première partie.

Eau, vent, biomasse, soleil, forêts, recherche en pointe, clusters, 47 territoires à énergie positive… La Région Midi-Pyrénées regorge d’atouts pour effectuer sa transition énergétique. Découvrez les jeunes pousses qui façonnent notre avenir low carbone.

Réduire les consommations d’énergie et recourir massivement à des énergies propres sont les deux atouts pour décarboniser une économie dépendante massivement des énergies fossiles. Si les défis sont bien là, en Midi-Pyrénées comme ailleurs, le terreau est propice aux innovations. Et les start-up du cru ne manquent pas de solutions.

L’énergie verte en pleine ébullition

C’est une évidence, le réseau à sens unique de transport de l’électricité doit se transformer en réseau multi-directionnel qu’il faut gérer de façon intelligente par des appareils connectés entre eux et par des systèmes de stockage d’énergie. Plusieurs start-up et PME régionales peaufinent des solutions, à commencer par le lotois Whylot. Créée en 2011, la société compte quinze collaborateurs et vingt brevets déposés dans le domaine de l’électricité : des moteurs électriques à haut rendement et des méthodes de stockage de l’électricité. "Nous travaillons actuellement sur un gros programme de recherche qui devrait déboucher en 2016 sur un produit totalement innovant dans ce domaine", confie Romain Ravaud, président fondateur de Whylot.

Autre défi dans le monde de l’énergie verte : celui de la compétitivité des énergies renouvelables qui doivent améliorer leur rendement. Et sur le territoire, les idées fusent. Un an après son lancement commercial, « Les installateurs experts Sunibrain ont déjà équipé 10.000 m2 de panneaux photovoltaïques avec cette technologie, son système breveté de refroidissement par aspersion d’eau de pluie. » Ce bijou promet une amélioration du rendement net des panneaux de 20%. Sur l’éolien, Epsiline mesure la vitesse du vent avec un laser développé avec le Laas CNRS. Installé sur le toit des éoliennes, il permet d’optimiser les réglages des pales pour améliorer la performance énergétique. Enfin, pour tirer partie de la force de l’eau, de façon continue, y compris sur des basses chûtes d’eau, MJ2 technologies parie sur la petite hydroélectricité. Sa VLH, une grande turbine totalement immergée et sans nuisances environnementales s’adapte aux rivières imposantes comme le Tarn, l’Aveyron, le Lot ou la Garonne. Enfin, certains misent déjà sur les circuits courts de production-consommation d’électricité comme la start-up Ilek qui propose aux industriels de produire chez eux l’électricité qu’ils consomment, grâce à une centrale photovoltaïque installée sur le toit qui reste la propriété d’Ilek. « L’énergie produite est revendue au client sur la base d’un tarif du kilowatt-heure plafonné sur 20 voire 30 ans », détaille Julien Chardon, fondateur d’Ilek. 

Cap sur les mobilités alternatives

Pour verdir le transport qui endosse 34% des émissions de gaz à effet de serre régionales, il faut miser sur des énergies plus vertes que le pétrole. Et aussi optimiser la mobilité douce et inventer de nouveaux moyens de transports. Ici comme ailleurs, les dernières avancées technologiques sont de la partie. Coovia met l’open data au service de la mobilité dans la métropole toulousaine grâce à son application qui mixe les transports en commun en temps réel, y compris le covoiturage. Le Blablacar toulousain prépare son déploiement à Lyon, Nantes, Rennes et Paris. Côté nouveaux engins, ThityOne a inventé le vélo à assistance électrique en libre service. Une première expérimentation avec la ville de Vannes a débuté en 2014 et depuis, la jeune pousse poursuit son échappée. Les deux roues sont maintenant géolocalisables grâce à un GPS du réseau toulousain Sigfox, une ville au Danemark et Barcelone ont passé commande.

Avec ses 120 kilomètres d’autonomie électrique, le Colibus du gersois Univers VE Helem circule, en silence et sans émissions, dans les rues les plus étroites et les plus roulantes de Toulouse, Paris, Bordeaux, Monaco, Montauban Aix en Provence et Strasbourg pour améliorer les performances de livraison sur les derniers kilomètres. Et déjà les Groupes La Poste, Exapaq et DHL l’ont adopté. "En 2016 nous prévoyons 180 véhicules et l’ouverture des marchés européens," précise Daniel Nowacki, directeur industriel. Et quid de la mobilité à l’hydrogène vert ? Il pourrait être à la pompe dans l’Aveyron début 2017. Les entreprises Braley, EDF et l’Institut de recherche Eifer se sont regroupés afin de développer un projet de distribution d’hydrogène pour des véhicules, sur l’agglomération du Grand Rodez. Braley sera ainsi l’opérateur d’une station de distribution d’hydrogène pour les véhicules utilitaires. Le corridor de l’hydrogène est sur les rails.
Aurélie de Varax

Sur la photo : les créateurs de Coovia, surnommé le Blablacar toulousain. Photo Kevin Figuier.