ToulÉco Green

Publié le mardi 15 octobre 2013 à 18h03min par Aurélie de Varax

Soleil voilé sur la centrale photovoltaïque de Calmont

Alors que le projet des sept éoliennes près de Calmont est toujours bloqué, la mise en service de la centrale photovoltaïque au sol, avec ses 52.000 panneaux, est effective. Un projet phare en Haute-Garonne mais qui se heurte à la grogne des agriculteurs.

C’est fait. La communauté de communes des Coteaux du Laurageais sud (Colaursud) est entrée massivement dans l’ère du renouvelable. Entre blé et tournesol, elle accueille désormais un champ d’un autre type, productif et vert lui aussi, un champ de 52.000 panneaux solaires sur 27 hectares. La centrale solaire de Calmont devrait produire 15.800 mégawatts-heure par an, de quoi alimenter 4000 foyers en énergie verte. Soit le plus gros projet photovoltaïque en Haute-Garonne.

« Nous apportons notre contribution à la transition énergétique dans la mise en place d’énergies propres. Un pas en avant aussi vers l’autonomie de notre territoire », se félicite Christian Portet, président de Colaursud et maire de Calmont. Avec ce projet, la communauté de communes s’attend à une recette fiscale annuelle de 50.000 euros. Toujours bon à prendre à l’heure des économies tous azimuts. Quant à Ténergie, le constructeur, il entend montrer avec Calmont que l’énergie issue du photovoltaïque est aussi compétitive que les autres énergies puisque le coût de production de la centrale se rapproche des estimations annoncées pour la centrale nucléaire EPR de Flamanville (plus de 100 euros par mégawatt-heure). Il faut dire que Ténergie a repris en 2012 un projet initialement monté par Veolia à un tarif de rachat de l’électricité déjà fixé (11.68 centimes d’euro le kilowatt-heure) et plus avantageux que les conditions en vigueur, soumises à des baisse de tarifs chaque trois mois.

Les agriculteurs dénoncent une « fumisterie »

Sous une mer de panneaux photovoltaïques, s’étendent 27 hecatres de terres cultivables, et cultivées, jusqu’au démarrage du chantier. D’où la grogne des agriculteurs. « Nous trouvons utile d’explorer le renouvelable mais ici, c’est un projet consommateur de surfaces cultivables alors qu’il y a des terrains en friche » ; explique Patrice Ramond, secrétaire général du syndicat des Jeunes agriculteurs de la Haute-Garonne (SJA). Bien qu’il puisse sembler réducteur d’opposer le photovoltaïque à l’agriculture, les opérateurs photovoltaïques sont incités à privilégier les friches et les terres en jachère sur le fondement de la circulaire Borloo du 19 novembre 2009.

Ironie du sort, la question ne s’est pas posée à Calmont puisque le plan d’occupation des sols avait déjà été modifié en 2005. « Le terrain a été repéré comme future zone d’activité dès la confirmation de la sortie d’autoroute Mazères-Saverdun-Calmont sur l’A66, » raconte Christian Portet. Lors de l’enquête publique, aucune réaction de la part des agriculteurs. « Nous ne nous sommes pas mobilisés car le projet était porteur de nombreuses créations d’emploi pérennes », explique Patrice Ramond. Rien à voir avec une centrale solaire au sol. Pour ménager la chèvre et le chou, Ténergie s’est engagée sur vingt ans d’exploitation, laissant la porte ouverte à une reconversion des terres agricoles. « Les panneaux sont sur des pieux implantés dans le sol, non scellés avec du béton. En les arrachant, on retrouvera les terres », ajoute Christian Portet. « Une fumisterie » selon Patrice Ramond : « Pour nous, ce sont des terres perdues car la mise à nue des pieux de bétons de 2 à 3 mètres coûtera beaucoup trop cher. »
Aurélie de Varax

Sur la photo : Les 52.000 panneaux de la centrale solaire de Calmont. Crédits : Ténergie.

3 Commentaires

  • Le 16 octobre 2013 à 21:36 , par SocrateIII

    Je ne suis pas partisan des parcs au sol en zone agricole d’intérêt supérieur à « moyen ».

    Pourtant, l’ignorance des agriculteurs, qui ont pourtant dû vendre à vil prix les terrains, est patente… Les pieux consistent en des vis en acier galva plantées à 1,6 m max. Si au lieu de gueul*** comme d’habitude ils avaient pris connaissance de l’enquête publique ils sauraient cela…
    Au prix actuel (donc non actualisés à 20 ans) des matériaux (cuivre, alu, silicium de qualité électronique, verre) le démantèlement d’une centrale au sol est plus que rentable…

    Enfin, rien n’empêche certains type de cultures entre les rangs, ou l’élevage d’ovins en segmentant la centrale.

    Et puis pour la pensée positive du jour, ce terrain sera préservé 20 ans des intrants chimiques pour des cultures non rentables…

    Nb : La comparaison avec l’EPR n’est pas judicieuse puisque les panneaux qui pourraient être exploités 40 ans ne le seront que 20 ans, alors que le modèle économique d’un EPR est basé sur une exploitation à 50 ans minimum… De plus, on ne parle toujours pas du démantèlement (5 ans minimum), du recyclage du béton contaminé, du retraitement des déchets, et du stockage à parfois 20000 ans pour les radio éléments à demi-vie longue…

Répondre à cet article