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Publié le jeudi 20 avril 2017 à 20h45min par Aurélie de Varax

Smart Occitania part à l’assaut de la smart ruralité

Construire un réseau électrique intelligent en milieu rural, tel est l’ambition de l’expérimentation Smart Occitania, pilotée par Énédis en Occitanie. Le projet vient d’être sélectionné par l’Ademe et doté de 2,6 millions d’euros au titre des Investissements d’Avenirs.

Le consortium Smart Occitania, fraichement sélectionné par l’Ademe dans le cadre du programme des Investissements d’avenir réunissait l’ensemble de ses parties prenantes ce mardi, à Toulouse. L’occasion pour les six partenaires majeurs que sont Énédis, en rôle de pilote, le Conseil Régional, Actia, Maec Cahors, le CNRS Promes et l’Irit CNRS de préciser leurs rôles respectifs dans cette expérimentation emblématique pour l’Occitanie : concevoir un réseau électrique intelligent adapté à des territoires ruraux de la région.

« Le niveau et la complémentarité des compétences du territoire est impressionnant ainsi que la diversité de relief et de climat avec de grosses unités de productions d’énergies renouvelables en zones rurales. C’est pourquoi l’Occitanie est un territoire propice pour cette expérimentation », explique Jean Paoletti, directeur régional d’Énédis Midi-Pyrénées Sud. « Pour piloter le réseau en ville et en zone rurale, l’innovation vise la construction d’une infrastructure de réseau de distribution électrique adaptée, enrichie d’une infrastructure télécom innovante », ajoute Matthieu Casaux, directeur régional Nord Midi-Pyrénées et Lozère.

Cet écosystème devra répondre au triple défi de l’adaptation des comportements à la transition énergétique, de l’intégration optimisée d’énergies intermittentes et de l’ambition régionale Repos 2050 (Région à énergie positive). Le tout dans une approche économiquement optimisée, créatrice d’emplois et au service d’une filière régionale d’excellence. A noter que Smart Occitania est complémentaire au projet urbain Sogrid, déployé à Toulouse, qui a passé une étape majeure en novembre dernier en faisant circuler des données par courant porteur en ligne sur les réseaux basse et moyenne tension.

Trois briques majeures

Smart Occitania démarre pour une durée de trois ans et demi en Lozère et en Haute-Garonne ainsi que leurs départements limitrophes. L’expérimentation s’articule autour de trois campagnes. La première vise à tester de nouvelles technologies de communication pour améliorer l’observabilité du réseau, de nouveaux systèmes pour la prédiction et l’anticipation de situations de crise. « Nous allons mettre en place des partenariats de compétences pour paramétrer la gestion du réseau au plus près des besoins avec par exemple Sigfox, Météo France, des start-up locales comme Geoflex ou Exem. Par exemple avec Météo France, nous prévoyons d’installer des dizaines de capteurs supplémentaires en échange d’études extrêmement précises de variations météorologiques », précise Jean Paoletti. L’objectif est d’atteindre 10 à 30% de gain sur le temps moyen de coupure d’électricité.

Seconde campagne, pilotée cette fois par la Région dans une démarche d’open innovation : le déploiement d’une pédagogie de la transition énergétique vers l’ensemble des parties prenantes - particuliers, entreprises, collectivités -, afin de capter les ressentis et co-construire une approche régionale. Celle-ci pourra permettre à des start-ups et PME régionales, fournisseurs d’innovations technologiques, de former une filière smart grid rurale.

Enfin, la dernière campagne d’expérimentations, pilotée par Actia, concerne l’intégration des énergies renouvelables en valorisant leur flexibilité. Selon Jean Paoletti, « le défi, c’est de pouvoir mobiliser des ressources à proximité des lieux de consommation au bon moment, par exemple coupler un méthaniseur avec un château d’eau. » Au final, Smart Occitania dont le budget global est estimé à 8 millions d’euros dont 4,5 millions financés par Énédis et 2,6 millions par l’Ademe, jette les bases d’un service public de distribution de l’électricité nouvelle génération, multi-partenarial et co-construit avec les territoires. Parmi ses défis, il devra innover pour protéger ses données et valoriser au niveau régional le potentiel d’une filière d’excellence qui puisse être exportée à l’étranger.
Aurélie de Varax

Sur la photo : une partie de l’équipe Smart Occitania. Photo Énédis.