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Publié le jeudi 5 juillet 2018 à 10h50min par Aurélie de Varax

Qualité de l’air en Occitanie : Atmo affiche une tendance annuelle à la stabilité

Atmo Occitanie a dressé le 29 juin son bilan annuel à à Toulouse. La tendance est à la stabilité mais des zones à enjeux demeurent. 10.000 à 22.600 habitants de la région sont impactés par le dioxyde d’azote du trafic routier au-delà des valeurs réglementaires.

Dominik Tilak, directrice générale d’Atmo Occitanie, l’observatoire régional de la qualité de l’air, partage les enseignements d’une année de mesures recueillies par les 67 stations déployées.

Dominique Tilak : qu’observez-vous en matière de qualité de l’air sur l’année 2017 sur l’ensemble du territoire Occitanie ?
Dominique Tilak : Si nous considérons l’ensemble des polluants de l’air, la tendance est à la stabilité. Nous avons observé une baisse en 2011/2012 et depuis, alors que l’activité augmente sur les territoire, la tendance est à la stabilité, notamment sur les particules fines, que ce soit les PM10 et PM 2,5. Ces dernières sont d’ailleurs en baisse régulière sur nos stations de mesures. Les polluants qui restent à enjeux dans la région se situent proximité du trafic routier, à commencer par le dioxyde d’azote qui est toujours en dépassement des valeurs limites pour la santé sur les deux métropoles régionales que sont Toulouse et Montpellier mais aussi sur les zones de Perpignan et d’Alès. Pour la première année, nous n’avons pas mesuré de dépassement sur la zone de Nîmes mais 800 à 1750 personnes restent impactées par des valeurs supérieures aux limites à proximité des axes routiers.

Et qu’en est-il des autres polluants à enjeux ?
L’ozone reste à enjeux sur la zone Est de la Région, sur le Gard et l’Hérault, où nous avons des valeurs dépassées pour la santé humaine sachant que le nombre de jour d’exposition qu’il ne faut pas dépasser est 25 jours. C’est un polluant d’été qui est un polluant secondaire : il provient de la transformation des oxydes d’azote en provenance du trafic principalement et de composés organiques volatiles (COV) qui viennent surtout des activités industrielles. L’ensemble de ces molécules se transforme en ozone sous l’effet de la chaleur et de la lumière. Concernant les particules fines [1], sur la période 2010 à 2017, les concentrations de PM10 tant en fond urbain qu’à proximité du trafic routier ont généralement diminué de 25% sur la région. Idem pour les PM 2,5. Les valeurs annuelles respectent les seuils réglementaires mais nous avons comptabilisé 26 jours d’alerte pollution dans au moins un département.

Le NO2 émis par le trafic routier reste le polluant le plus préoccupant, qu’envisagez-vous ?
Le rôle d’Atmo est d’informer, notamment à travers ces bilans annuelles et les mesures effectuées en permanence sur les zones à enjeux. A partir de nos mesures, le préfet prend des mesures à travers des Plan de Protection de l’atmosphère (PPA) pour améliorer la qualité de l’air sur ces territoires. Du fait de la mise sous contentieux récente de l’état français des territoires de Montpellier et Toulouse, [2] ils font l’objet d’une feuille de route particulière, à la demande du Ministre Hulot. Il s’agit de réduire le nombre de personnes exposées aux dépassement des valeurs limites. La commission s’est réunie la semaine dernière pour Toulouse et se réunit jeudi prochain à Montpellier.
Propos recueillis par Aurélie de Varax

Photo DR

Notes

[1Les particules sont notamment dues à l’utilisation du chauffage en hiver, particulièrement du chauffage au bois. Elles sont également émises lors de la combustion de végétaux, notamment l’écobuage.

[2La France a été épinglée par l’Europe pour ses dépassements de rejets atmosphériques dans dix villes, principalement dû à l’utilisation du diesel dans le trafic routier. Le dioxyde d’azote peut provoquer des troubles respiratoires en cas d’exposition des personnes les plus fragiles (enfants, femmes enceintes, personnes âgées ou atteintes de maladies respiratoires comme l’asthme).