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Publié le jeudi 12 octobre 2017 à 16h59min par Aurélie de Varax

Près de Toulouse, Macadam Garden expérimente l’économie circulaire entre TPE

Depuis trois ans, l’expert des potagers urbains Macadam Garden construit des boucles d’économie circulaire avec ses voisins autour de Seysses, en banlieue toulousaine. La preuve par l’exemple que ce modèle marche aussi pour les TPE.

C’est une expérimentation de terrain et de bon sens, à taille humaine, qui entend prouver que les ceintures maraîchères des villes, ne sont plus en lent déclin. Installé depuis trois ans à Seysses près de Toulouse, le maraîcher Macadam Garden et promoteur de potagers urbain en entreprise [1], a réuni un collectif d’entreprises pour co-construire des boucles d’économie circulaire autour de son exploitation. « Nous nous sommes rapprochés en 2015 de deux entreprises voisines : la distillerie d’huiles essentielles EDC et le centre équestre de Seysses afin de travailler sur le recyclage des déchets compostables. Aujourd’hui nous réalisons ensemble quinze tonnes de lombricompost à partir de fumier et de résidus de distillerie que nous utilisons sur notre exploitation maraichère et proposons déjà à trois maraichers de la commune », raconte Cédric Jules fondateur de Macadam Garden.

Innover en économie circulaire

Une première boucle de proximité qui génère déjà d’autres collaborations. Les quatre maraichers ont entamé une réflexion sur du « maraichage collaboratif » dans l’idée de partager des réseaux de distribution et travailler ensemble. Une solution gagnant-gagnant permettant des économies pour, dans un second temps, acheter ensemble du matériel agricole et pourquoi pas, un véhicule au gaz naturel. Portée financièrement par les appels à projets « économie circulaire » organisés par la région et l’Ademe dont la société a été lauréate en 2015 et 2017 et accompagnée par le bureau d’étude Palanca, Macadam Garden ne cesse d’expérimenter et d’innover sur son territoire.

En 2017, la société a développé la culture de la spiruline pour commercialiser de la spiruline sèche, une activité à forte valeur ajoutée. Elle a également récupéré l’unité de production du projet Café des Spores qui propose de cultiver des champignons de Paris et des pleurotes sur du marc de café un excellent substrat récupéré auprès d’entreprises toulousaines. Dans l’optique de grandir et d’amorcer de nouveaux projets, Macadam vient aussi de racheter trois hectares de terrain supplémentaires à Seysses. « De quoi tripler nos surfaces en maraichage et spiruline, développer un verger et installer nos futurs projets », confie Cédric Jules.

Devenir autonome en énergie

Parmi ces derniers figure la construction d’un méthaniseur artisanal, qui permettrait la production simultanée de digestat solide et liquide (engrais de qualité), d’électricité et de la chaleur pour prolonger la culture de la spiruline d’avril à octobre, chauffer notamment la distillerie et approvisionner en gaz naturel un véhicule mutualisé. « Ce projet permettrait de valoriser le reste des déchets des entreprises voisines. Nous sommes dans la phase d’étude grâce aux soutiens de l’Ademe », précise Cédric Jules.

Sur ce bout de territoire du sud-ouest toulousain, avant d’acheter à un fournisseur, on se tourne vers ses voisins pour voir si on ne pourrait pas s’approvisionner sur place. « Les boucles d’économie circulaire sont longues à installer mais une fois que cela marche, on économise de la matière première et du temps. L’impact est bénéfique sur les factures, sur l’environnement et cela crée du lien entre les entreprises du territoire. » Un bilan vertueux donc, selon Cédric Jules qui nuance le trait en ajoutant que « rien n’aurait été possible sans l’accompagnement du bureau d’étude Palanca car les TPE ont le nez dans le guidon. »
A.de V.

Sur la photo : l’équipe de Macadam Garden avec de gauche à droite Cédric Jules, Simon Brège et Alex Belin. Photo Macadam Garden.

Notes

[1dont le célèbre potager sur le toit de la Clinique Pasteur