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Publié le jeudi 30 novembre 2017 à 11h31min par Aurélie de Varax

Pollution de l’air : la circulation différenciée va-t-elle se généraliser en Occitanie ?

Alors que la circulation différenciée vient d’être instaurée à Toulouse lors des pics de pollution, les métropoles de Montpellier et de Nîmes pourraient profiter de son retour d’expérience, avant de se lancer.

Après Paris, Lyon, Grenoble et Strasbourg, c’est au tour de Toulouse d’instaurer la circulation différentiée en cas de pics de pollution. La mesure a été officiellement lancée ce lundi 27 novembre par le préfet et sert d’expérimentation pour les autres métropoles régionales.

Le périmètre où s’appliquera la mesure est délimité par le périphérique toulousain, une zone « desservie par un réseau de transports en commun dense », selon le préfet Jacques Malhos et qui ne s’appliquera pas au périphérique « pour ne pas mettre en difficulté les véhicules en transit qui circulent par exemple entre l’Espagne et Lyon ». Seront donc autorisés de circulation en cas de pic de pollution les véhicules dotés des vignettes Crit’Air 0,1,2 et 3. Les véhicules estampillés 4 ou 5, ou sans vignette, pourront rouler sous condition de transporter au moins trois personnes.

Une mesure avant tout citoyenne

Concrètement, l’abaissement de la vitesse de 20km/h sur l’ensemble des axes rapides du département sera lancée dès le premier jour de procédure d’alerte. La circulation différentiée au troisième jour, après consultation d’un comité d’experts ayant analysé les données transmise par Atmo Occitanie, l’organisme de surveillance de la qualité de l’air. Etant donné que les épisodes sont plutôt hivernaux en Haute-Garonne, il est donc temps de s’équiper sous peine d’une amende de 68 euros pour un véhicule léger et 135 euros pour un poids-lourd.

Nuance importante apportée par Pascal Malhos : « c’est moins une mesure de police qu’une mesure citoyenne et les contrôles seront dans un premier temps des contrôles pédagogiques. » La mise en place globale sera donc progressive mais selon Dominique Tilak, directrice d’Atmo Occitanie, les retours d’expériences des autres villes montrent une efficacité. « 20km/h en moins sur le périphérique, c’est 10% d’émissions de particules fines en moins. Et le bilan sur Paris montrent une évolution des comportements et donc des émissions au bout d’un certain nombre d’épisodes. »

Quid du reste de l’Occitanie ?

Nîmes et Montpellier, les deux autres villes du territoire de plus de 250.000 habitants vont-elles bientôt emboiter le pas ? Rien de précis pour l’instant. Territoire à forte composante industrielle et largement urbanisé autour de la métropole, le département de Haute-Garonne est sujet en hiver à des épisodes de pollution avec des concentrations élevées en dioxyde d’azote et en particules en suspension dûes au transport routier mais aussi à des activités industrielles et agricoles. Nîmes métropole et Montpellier Méditerranée métropole sont également sensibles au dioxyde d’azote et aux particules avec des dépassements des valeurs limites pour la santé à proximité du trafic routier mais dans une moindre mesure que Toulouse.

Selon Didier Kruger, directeur régional de la Dreal, « chaque métropole à ses priorités et Toulouse est regardé par les deux autres comme un territoire d’expérimentation. Montpellier et Nïmes se sont dotées d’un Plan de Protection de l’atmosphère (PPA) ambitieux avec la mise en place d’un centre ville piéton, de véhicules de transport en commun au gaz avec un gros travail sur la logistique du dernier kilomètre. Elles iront au-delà sur les zones à risques si l’expérience toulousaine est concluante. » Pour l’édile le vrai enjeu est d’ordre comportemental : « Il faut progressivement, par des incitations, changer l’état d’esprit. Il faut habituer les citoyens à perdre leur liberté ou à s’organiser dans leur liberté. C’est quelque chose à envisager sur le long terme. quand la démarche sera généralisée à Toulouse, nous pourrons l’étendre ».
A.deV.

Photo Atmo Occitanie.