ToulÉco Green

Publié le jeudi 18 octobre 2018 à 21h30min par Nathalie Sanselme

Pierre Auriau : « Les Scop ne sont pas considérées à leur juste valeur »

Les sociétés coopératives de l’économie sociale et solidaire peuvent rimer avec rentabilité et emploi. C’est le message martelé par Pierre Auriau, directeur de l’Union régionale des Sociétés coopératives Languedoc Roussillon (Urscop LR), qui succède à Fatima Bellaredj.

Pierre Auriau, on parle beaucoup d’Alter Incub et d’Alter Venture, premiers incubateur et accélérateur français d’innovation sociale initiés par l’Urscop LR. Le statut collectif est-il bien adapté aux projets innovants ?
Comme Alter Incub, Alter Venture est porté par l’Urscop LR, qui accompagne les projets d’économie sociale et solidaire (ESS) depuis la création et tout au long de leur vie. Ils optent pour 50% d’entre eux pour le statut Scop ou SCIC (société coopérative d’intérêt collectif, NDLR). Le collectif est bien adapté aux projets innovants, car il fait écho aux attentes de nos sociétés modernes.

Scop ou SCIC peut donc rimer avec performance économique ?
Assurément. Certaines Scop comptent plus de 1500 salariés et leur marché est le monde. Un certain nombre d’entre elles présentes en région génèrent des gains de rentabilité de l’ordre de 10%, même au-delà, et elles embauchent. J’en veux pour exemple quelques beaux fleurons comme Heredis et ses 42% de rentabilité, ou encore Libriciel avec ses cinquante salariés et un chiffre d’affaires doublé en trois ans. Un bon nombre d’adhérents réalisent plus d’un million de chiffre d’affaires par an sur des activités très variées.

Les projets en ESS se multipliant, comment évoluent vos critères ?
Les idées foisonnent, mais elles sont plus ou moins tenables eu égard à la solvabilité du marché. On peut accompagner les initiatives quand le modèle économique nous semble pérenne et est susceptible de générer des bénéfices pour réinvestir. Le but est de financer des besoins en fonds de roulement… Pas des projets qui fonctionneraient à 100% sur des financements publics. La difficulté porte sur les modèles économiques et sur la gouvernance. Nous renforçons notre accompagnement en ce sens.

Quels sont vos principaux objectifs ?
Nous améliorons nos capacités d’accueil et de sélection pour ne pas passer à côté de bons projets. Nous travaillons en réseau avec les autres incubateurs dans le monde pour mutualiser les expériences. C’est l’objectif des rencontres internationales de l’innovation sociale que nous organisons tous les deux ans. Nous travaillons à l’ouverture à l’économie plus classique : il y a encore beaucoup d’idées reçues sur les Scop et les SCIC, qui ne sont pas considérées à leur juste valeur. Nous réfléchissons en permanence à de nouveaux dispositifs : la deuxième promotion de l’accélérateur Alter Venture démarre en avril et nous le déployons sur Toulouse avec une première promotion d’ici Noël. Un autre étage de la fusée sera la création d’un fonds régional de développement dédié à l’ESS, soutenu par la région Occitanie et la Caisse des dépôts.
Propos recueillis par Nathalie Sanselme

Sur la photo : Pierre Auriau, nouveau directeur de l’Union régionale des Sociétés coopératives et participatives (Urscop LR). Crédits : DR

1 Commentaire

Répondre à cet article