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Publié le jeudi 24 mai 2018 à 21h23min par Aurélie de Varax

Montpellier. WOter prévoit de lever 2 à 3 millions d’euros pour révolutionner la réutilisation des eaux usées

Incubée à Clapiers par la métropole de Montpellier, la start-up wOter créée en 2015 finalise une levée de fonds de 2 à 3 millions d’euros pour le développement à l’international de sa méthode brevetée. Unique au monde, ce système dépollue et permet de réutiliser les eaux usées.

Après une première levées de fonds de 70.000 euros pour soutenir la création de l’entreprise lancée en 2015, wOter est en phase de finaliser une nouvelle levée de fonds de 2 à 3 millions d’euros pour se déployer rapidement à l’international via une stratégie numérique forte. Cette ascension fulgurante en seulement trois ans repose sur l’innovation. wOter propose depuis 2015 une solution écologique brevetée de traitement des eaux usées qui aura nécessité vingt ans de R&D. Une véritable nécessité à l’heure où les problématiques de pollution de l’eau potable sont grandissantes. La technologie wOter, telle une mini-station d’épuration, permet de dépolluer les eaux usées pour en faire de l’eau stérile par ultrafiltration ou de l’eau pure par osmose inversée.

« Notre méthode s’adapte en fonction de la pollution de l’eau, car pour chaque type de pollution, le traitement sera différent » explique Nicolas Clavel, dirigeant de wOter. Le module unitaire de base permet de traiter en six heures plus de 700 litres, soit l’équivalent des rejets d’une famille européenne de cinq personnes. Une fois traitée par le système wOter, cette eau peut être réutilisée pour arroser le potager, laver la voiture, les douches ou encore les toilettes. « L’eau ne contient plus aucune bactérie ni virus. Elle est même de meilleure qualité que l’eau du robinet ! », assure Nicolas Clavel.

Solution basse consommation

L’entreprise commence aussi à intéresser l’agriculture. « Nous avons par exemple proposé notre système à une bergerie bio à Villeveyrac, qui réutilise son eau (3000 litres par jour) pour donner à boire aux animaux ou irriguer. Dans notre région où l’eau est plus restreinte entre juin et septembre, cela permet au berger de prolonger l’alimentation en pâturage de ses bêtes et donc, de prolonger l’exploitation du lait des brebis ». L’industrie, les propriétaires de yachts et les promoteurs - particulièrement dans le secteur des maisons en bois - s’intéressent également de près à la mini station d’épuration.

Sa technique, wOter la propose à un prix défiant toute concurrence. « Si notre méthode est unique, nous ne sommes pas les seuls à proposer des solutions dans ce domaine. Mais nous offrons un des prix les plus bas du marché, à 11 000 euros maximum ». De plus, le système est autonome en énergie. Dotée de quatre salariés, la société a triplé son chiffre d’affaires en 2017 par rapport à 2016 et ambitionne de le multiplier par douze en 2018.
Coralie Pierre

Photo DR.