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Publié le jeudi 27 septembre 2018 à 18h28min par Armelle Parion

Monnaie solidaire : Le Sol violette se modernise pour attirer de nouveaux utilisateurs

La monnaie complémentaire de Toulouse, parmi les premières à avoir été créée en France en 2011, a lancé ses nouveaux coupons-billets le 25 septembre. Elle souhaite moderniser ses usages, afin de séduire des utilisateurs plus nombreux.

En sept ans, le Sol violette a réussi à s’implanter dans la métropole toulousaine, avec une percée toute relative. La monnaie complémentaire locale rassemble aujourd’hui 1500 utilisateurs. Quelque 200 commerçants acceptent cette monnaie d’échange (épiceries, Biocoop, librairies, prêt-à-porter, bien-être, bars, restaurants, transports, etc.). 50.000 Sols violette sont actuellement en circulation, sachant qu’un sol est équivalent à un euro.

Il faut d’abord adhérer à l’association, pour pouvoir s’approvisionner en Sols dans l’une des deux banques partenaires, le Crédit municipal ou le Crédit coopératif. Une dizaine de commerçants partenaires font également office de comptoirs d’échange.

L’objectif de cette monnaie, comme de la cinquantaine d’autres monnaies complémentaires qui existent en France, est double : inciter les consommateurs à faire leurs courses dans des commerces partageant les valeurs de l’économie sociale et solidaire, et encourager les échanges non spéculatifs. « Au contraire de 98% des échanges financiers générés en France, qui entraînent de la spéculation, le Sol violette circule dans un réseau spécifique. L’euro, contre lequel il a été échangé, est placé sur un livret d’épargne solidaire », explique Cécile Rieu, la coordinatrice de l’association Clas Sol violette.

Paiement numérique

L’association souhaite un renouveau dans ses usages. « Nous avons lançé 27.000 nouveaux billets le 25 septembre, lors d’une soirée au théâtre du Fil à Plomb. Relookés, ils arborent des phrases en occitan et un QR code renvoyant à l’explication de la démarche ». Parmi les projets à court terme, la création dès 2019 d’une application permettra le paiement numérique depuis un téléphone. Une application sera aussi développée pour géolocaliser les commerces partenaires dans un rayon géographique donné.

« Nous cherchons des bénévoles pour promouvoir le Sol. Il faudrait que la masse monétaire en circulation augmente, et que cette monnaie soit aussi utilisée par les collectivités, au lieu d’être réservé aux commerçants et aux citoyens », poursuit Cécile Rieu.

Le Sol violette prévoit une petite bonification, puisque sont délivrés 21 sols pour 20 euros. Afin que la monnaie circule, sans quoi elle perd son intérêt, chaque billet doit être réinjecté dans l’économie locale dans les trois mois (une date est inscrite au dos du billet), sinon sa valeur fond de 2%. C’est ainsi que la librairie Terra Nova peut choisir de payer une partie des salaires de son équipe en Sols, ou d’utiliser les Sols avec lesquels des clients l’auront payée, pour acheter des produits alimentaires pour son salon de thé, dans une épicerie du réseau, comme Ô saveurs Bio ou le Recantou, à Toulouse.
Armelle Parion

Sur la photo : 27.000 nouveaux billets Sol violette sont mis en circulation cet automne. Photo Rémy Gabalda - ToulÉco.