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Publié le jeudi 1er février 2018 à 16h31min par Aurélie de Varax

Millésime Bio, le mondial du vin bio, a fait le plein à Montpellier

Créé et organisé depuis 1993 par les vignerons de l’association interprofessionnelle Sudvinbio, le salon Millésime Bio a fait le plein cette semaine à Montpellier. Quelles sont les tendances du vin bio en 2018 ? Rencontre avec Nicolas Richarme, Président de Millésime Bio.

Quelles sont les tendances observées sur l’édition 2018 de Millésime Bio ?
Nicolas Richarme :
Nous avons accueilli 5700 visiteurs unique soit une hausse de plus de 17 % par rapport à 2017. Côté exposants, nous avons eu une augmentation de 10%. C’est une belle croissance. L’augmentation du visitorat du salon suit vraiment la tendance du marché qui a croit de 18 à 20% par an depuis six ans. Sur cette édition, quinze pays étaient représentés. C’est une tendance 2018 : notre visitorat étranger est en hausse avec 25% de visiteurs étrangers dont beaucoup en provenance de l’Europe du Nord mais aussi d’Amérique du Nord. Parmi les exposants, nous avons eu 30% d’exposants étrangers cette année, avant tout des italiens, des espagnols, des autrichiens et enfin des allemands.

La Région Occitanie est le première région productrice de vin bio, comment expliquez-vous cette réussite ?
Cela a été au départ une volonté politique de favoriser le bio et une volonté aussi des vignerons de se convertir. À elle seule, la région Occitanie représente 36 % du vignoble bio français avec 25 142 hectares de vignes en bio ou en conversion. Sur la région, le rythme des conversions est de 3% annuel. Le bio représente actuellement 9% des vignerons avec des volumes produits entre 770.000 et 900.000 hectolitres. Ce qui a énormément aidé est l’organisation de la filière. L’association interprofessionnelle Sudvinbio existe depuis 1991 aux côtés des vignerons. Le soutien se fait de deux façons : la première en faisant la promotion des vins bio et en essayant de garantir des prix de ventes rémunérateurs ; la deuxième en leur apportant un soutien technique en viticulture et en œnologie.

Quelles sont les nouvelles tendances du marché des vins bio ?
Il faut avant tout que les vins soient certifiées AB. Ensuite, libre a vous de faire par exemple des vins en biodynamie, ou des vins sans souffre ou des vins nature. Mais attention à cette appellation de vin naturel qui n’est pas reconnue par la DGCCRF. Les vins nature n’ont pas de certification ni de cahier des charges donc c’est compliqué d’en parler. En tous cas, je ne pense pas qu’ils ne viennent concurrencer les vins bio qui sont certifiés avec des garanties apportées aux consommateurs et qui répondent actuellement à une forte demande.

Quelles sont les défis que doit encore relever la filière régionale ?
En ce moment nous travaillons surtout sur des difficultés d’ordre technique sur le vignoble et qui ralentissent les conversions. Actuellement c’est l’épidémie de flavescence dorée. Cette maladie est transmise par un papillon, la cicadelle, et fait mourir les pieds de vignes en se développant à grande vitesse dans les vignobles. Nous avons un produit en AB mais il n’est pas aussi efficace qu’en conventionnel. Nous cherchons tous des solutions mais c’est un problème urgent qui freine clairement les conversions. Pour passer en bio, et y rester, il faut être un peu militant et très persévérant !
Propos recueillis par Aurélie de Varax

Sur la photo : Nicolas Richarme, Président de Millésime Bio et gérant du vignoble du Château de Bastet. Photo DR.