ToulÉco Green

Publié le jeudi 21 juillet 2016 à 07h35min par Aurélie de Varax

La Région Occitanie monte en compétences sur la chimie verte

Article diffusé le 25 septembre 2015

Face à un marché mondial de la chimie verte estimé à 340 milliards de dollars en 2020, la montée en compétences du secteur est stratégique. L’université Paul Sabatier et le cluster chimie verte planchent sur un master « chimie verte » pour la rentrée 2016.

L’université Toulouse III - Paul Sabatier prévoit d’ouvrir son master « chimie verte » à la rentrée 2016. Il prendra la place du master recherche « chimie fondamentale et appliquée ». Après Strasbourg, Toulouse s’offre le second master spécialisé de ce type en France. « Ce projet était dans les tuyaux depuis un moment. La chimie reste bien ancrée sur le territoire mais nous assistons peu à peu la disparition de l’activité chimie de synthèse en Midi-Pyrénées - à commencer par Pierre Fabre et Sanofi - et à une ouverture vers la chimie verte, matérialisée par le lancement du cluster chimie verte », souligne Nancy de Viguerie, responsable du nouveau master à l’UPS. L’université s’est donc tout naturellement tournée vers le cluster lancé par l’UIC (l’union des industries chimiques) début 2014, pour être aiguillée sur les contenus.

« L’enjeu pour nous est de travailler sur une adéquation entre l’offre de formation et nos besoins en compétences face à l’évolution du marché. Nos entreprises se tournent massivement vers une chimie plus propre et plus sûre face aux enjeux sociétaux, tout en renforçant l’efficacité des produits, » précise Nicole Cot, déléguée générale du cluster chimie verte. Et de citer des acteurs comme Seppic qui s’est fixé l’objectif d’avoir 50% de ses produits bio-sourcés ou encore l’initiative menée au sein des membres du cluster d’une gestion mutualiste des déchets via leur réduction à la source et le recyclage.

Intégrer les douze principes de la chimie verte en entreprise

Pour intégrer la chimie verte dans les entreprises, il faut des profils qui soient bien imprégnés de ses principes. Le master 1 prévoit des unités d’enseignement spécialisées dont celles sur la professionnalisation feront intervenir des professionnels du cluster. Ces interventions seront encore renforcée dans le master 2 qui sera cohabilité avec l’Enciaset pour permettre aux étudiants en troisième année de l’école d’ingénieur de suivre ce master.

Côté enseignement, « nous sommes aussi adossés aux huit laboratoires de recherche de l’institut de chimie de Toulouse (ICT) qui représentent 130 doctorants et 50 post-doctorants, » précise Nancy de Viguerie. « Les étudiants pourront poursuivre en thèse ou apporter leurs compétences aux entreprises soucieuses de développer des produits dans un contexte de chimie durable, à commencer par les PME et PMI des industries chimiques, parachimiques, agroalimentaires mais aussi des bureaux d’études et de conseil ». Du côté du cluster, on ambitionne d’ouvrir également un cursus chimie verte, en formation continue.
Aurélie de Varax

Sur la photo : Nancy de Viguerie, responsable du master « chimie verte » à l’université Paul Sabatier. Photo Hélène Ressayres pour ToulÉco Green.

La chimie verte, un secteur clé en Midi-Pyrénées
La chimie représente 5.000 emplois salariés dans 140 entreprises. Le marché mondial de la chimie verte, lui, va doubler d’ici à 2020, pour atteindre 340 milliards de dollars. Un marché lucratif dont les entreprises de la région espèrent capter une partie grâce à leur force d’innovation.