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Publié le mercredi 24 septembre 2014 à 19h51min par Virginie Mailles Viard

Midi-Pyrénées : Cahors ouvre la voie aux bus hybrides

Et si les bus hybrides diesel-électrique bénéficiaient d’un partenariat public-privé ? Une piste proposée par le groupe régional Verdié Autocars pour que l’expérience du bus hybride de Cahors gagne du terrain.

Alors que le bus hybride est largement répandu dans les métropoles du monde entier, et que la Chine est déjà leader sur le tout électrique, la France ronronne. Mais face à la monétisation du CO2 lors des appels d’offres, quelques régions font de timides soubresauts, en Ile-de France, ou sur le Grand Dijon. Alors que des consultations seraient en cours à Toulouse pour recevoir des bus hybrides, [1] la ville de Bordeaux dispose d’ores et déjà d’une trentaine de ces bus. Pendant ce temps, dans le Lot, Cahors est désormais sur la grille de départ : elle teste depuis début septembre un bus hybride, électrique et diesel. Mis en route par le réseau urbain Evidence, du groupe régional Verdié Autocars, ce bus « doit être à terme une alternative au véhicule diesel. Mais nous voulions le tester sur une ligne pour évaluer les gains, » explique Melanie Lebacq, responsable du réseau urbain Evidence. La technique associée de l’hybride et du diesel, permet de réduire de 30% la consommation de carburant, et d’autant le rejet de gaz polluant. Une économie rendue possible par la technique du stop and go, où l’énergie récupérée par la batterie au freinage, est réutilisée au démarrage.

Un surcoût de 125 000 euros

Mais le coût de l’engin freine les velléités des opérateurs privés : 125 000 euros supplémentaires par rapport à un bus normal, dont le coût pour une centaine de places est déjà de 240 000 euros. Pour un bus articulé de 18 mètres, le rajout s’élève à 175 000 euros.

La raison ? « Par ce qu’il y a des batteries », analyse Bruno Lafon, d’Iveco ( label France), entreprise installée à Venissieux ( Rhones-Alpes), constructeur du bus hybride de Cahors. « Le prix de ces batteries au lithium-ion est élevé, environ 50 000 euros. Elles ont une durée de vie de 6 ans. Et il faut des stations de recharge rapides pour des batteries qui ont une autonomie aujourd’hui de 130 kms. Donc l’hybride a un surcoût important, mais la technologie évolue. L’hybride n’est qu’une étape vers le tout électrique. »

Clément Verdié, responsable développement du groupe régional Verdié Autocars ne l’entend pas autrement. « Depuis 10 ans, nous suivons les normes de dépollution européenne. Nous étudions les possibilités de limiter et de réduire l’impact de notre activité. Nous sommes sur une démarche de progrès avec ISO 14 001, et labellisés Charte CO2. Nous formons nos conducteurs à l’éco-conduite qui permet de réduire de 3 à 10% la consommation de carburant. » Les technologies innovantes autour des moteurs restent le nerf de la guerre. La production à bas coût chinoise a permis de créer des réseaux urbains en Chine. Ce succès peut être atteint en France dans les 5 à 10 ans prédit Clément Verdié, qui sent chez tous les acteurs une volonté d’aller plus loin. « A condition d’être soutenus dans cette démarche, à travers des partenariats publics-privés. Il faudrait une fiscalité allégée, comme on a pu le voir pour les panneaux solaires. »

D’ici 2020, dans la ville de Hong Kong, 30 millions de voitures et 15% de camions et de bus rouleront à l’éthanol ou à l’électrique.

Virginie Mailles Viard

Notes

[1Des minibus électriques circulent au centre-ville de Toulouse. Ils peuvent transporter gratuitement 22 passagers. Leur coût est de 320 000 euros.

1 Commentaire

  • Le 25 septembre 2014 à 21:51 , par Jérôme

    Effectivement il y a une réduction de consommation de carburant mais cela réduit aussi les frais d’entretiens et l’usure des véhicules… Par ailleurs, l’éco-conduite devrait être la norme pour les conducteurs de bus car cela permet de prendre soin des passagers et de réguler le trafic… Bref un service public dans sa globalité.
    L’éco-conduite est sans surcoût de mise en oeuvre et pourrait être appliquée depuis toujours mais c’est loin d’être le cas.

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