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Publié le jeudi 1er octobre 2015 à 21h44min par Aurélie de Varax

Midi-Pyrénées Active fête ses dix ans et 10.000 emplois créés

A l’occasion de ses dix ans, le financeur de l’économie sociale et solidaire Midi-Pyrénées Active, partage son bilan et ses défis à avenir. Rencontre avec Jean-Eric Florin, son directeur.

Jean-Eric Florin, quel bilan dressez-vous des dix ans d’exercice de Midi-Pyrénées Active ?
En tant que financier solidaire pour l’emploi, notre métier est d’aller trouver des capitaux et identifier où il faut les investir sur le territoire en étroite collaboration avec les structures d’accompagnement de projets. En dix ans nous avons soutenu la création et la pérennisation de 10.000 emplois sur Midi-Pyrénées souvent dans des petits entreprises. Comment ? Nous avons mis à la disposition des entrepreneurs 40 millions d’euros sous forme de garanties bancaires, de prêts à taux zéro, d’avances remboursables ou de prêts participatifs. Les entrepreneurs les ont utilisés pour développer leur projet. 1.700 entreprises ont été créées et 300 entreprises solidaires. Je rappelle que les fonds mobilisés sont issus de l’épargne solidaire, de l’épargne populaire, des dotations publiques et de contributions d’entreprises privées.

Comment expliquez-vous ce succès ?
Beaucoup de choses ont bougé en dix ans. La première est la confiance de nos partenaires financiers, à commencer par les partenaires publics. Dans les fondamentaux de l’économie sociale et solidaire (ESS), il y a de l’emploi local non délocalisable, l’implication des salariés dans la gouvernance de l’entreprise, les motions d’utilité sociale. Toutes ces valeurs se sont développées et il y a eu une prise de conscience des pouvoirs publics qu’on pouvait miser là-dessus. Et que le secteur associatif était un secteur porteur d’innovation et d’emploi. Cette évolution s’est concrétisée l’année dernière avec cette nouvelle loi qui donne un cadre de compréhension de l’ESS plus explicite, plus visible et non pas idéologue. Ensuite deuxième élément très important, c’est le mouvement de la RSE. De plus en plus d’épargnants demandent des comptes sur la manière dont leur capital est investi et cela oblige toutes les entreprises et notamment les plus grandes à se poser la question de leur RSE. Les agences de notation sont arrivées également avec la notion d’ISR (Investissement socialement responsable). Tout cela contribue à cette réussite.

Et quels sont les marqueurs de cette réussite en Midi-Pyrénées ?
Ce vaste mouvement a permis l’éclosion et le développement d’une coopérative financière comme IES et en ce qui nous concerne ce qui a beaucoup bougé, c’est la mobilisation des banques. En dix ans nous avons développé un réseau de partenaires bancaires dans la confiance. Nous avons remis hier soir un prix « changer de regard » car nous voulons amener les banquiers à changer de regard sur les projets qu’on leur présente. Cela avance mais il y a encore à faire.

Quels sont vos nouveaux défis pour l’avenir ?
Le premier est d’accompagner l’émergence de nouvelles initiatives. Je fais référence aux incubateurs d’innovation sociale, deux ont été créés récemment. C’est un premier mouvement autour de l’émergence qui me semble très intéressant. Ensuite, de plus en plus d’épargnants solidaires ont besoin d’outils simples et rapides à l’image du crowdfunding. D’ici trois ans, nous voulons créer une plateforme régionale de la finance solidaire qui mettrait en musique tout ce qui existe, de façon compréhensible pour chacun, afin qu’il puisse faire ce lien direct entre l’argent qu’il épargne et la manière dont il est investi.

Et quid de la nouvelle Région ?
Justement ce projet de fusion des régions va nous aider car notre cousine Airdie en Languedoc Roussillon est une structure très proche mais qui a un temps d’avance sur nous sur cette thématique du financement participatif. Cette fusion va nous permettre d’accélérer notre développement en faisant bénéficier aux treize départements de ce qui est bon des deux côtés. Dans le domaine de l’agriculture par exemple, l’Airdie a créé depuis longtemps du microcrédit pour créer l’amorçage des projets et nous avons mis en place un fonds de garantie bancaire. C’est complémentaire.
Propos recueillis par Aurélie de Varax