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Publié le jeudi 29 janvier 2015 à 17h24min par Aurélie de Varax

Microcrédit : 10.000 entrepreneurs disent merci à l’Adie Midi-Pyrénées

Le 10.000 ème microcrédit de l’Adie vient d’être remis en Midi-Pyrénées. Destiné surtout à des micro-entrepreneurs exclus du prêt bancaire classique, l’accompagnement technique et financier de l’Adie est une arme anti-chômage à l’efficacité prouvée.

Suzanne Bilounga est la 10.000 ème bénéficiaire d’un microcrédit de l’Adie qui lui a permis d’ouvrir « Saveurs du monde », une épicerie de nuit à Cugnaux. En clôture de l’assemblée générale de l’Adie Midi Pyrénées à Toulouse, elle a reçu un chèque de 1000 euros convertibles en actions de communication pour faire connaître son épicerie. Déjà épaulée techniquement et financièrement pour créer quatre microentreprises qu’elle a dû fermer, confrontée aux aléas de la vie, elle s’est dite très reconnaissante envers l’Adie.

Association reconnue dʼutilité publique, l’Adie accorde des microcrédits à des entrepreneurs exclus du crédit bancaire pour créer leur entreprise, et donc leur emploi. Et le modèle porte ses fruits. « Au coeur de la crise, le taux d’insertion de ces personnes, bien qu’en situation de précarité et d’un niveau de formation inférieur à la moyenne des créateurs, atteint 84% à trois ans », souligne Yves Jarland directeur régional de l’Adie. En 2014, 902 clients de l’Adie Midi-Pyrénées ont bénéficié d’un prêt plafonné à 10.000 euros, pour concrétiser leur projet permettant la création de 1126 emplois. Si les intérêts sont plus chers que les banques classiques puisqu’ils intègrent le financement du dispositif de suivi, les taux de remboursement frôlent le sans-faute. En 2015, l’Adie prévoit de prêter 2,7 millions avec un cap à 1000 bénéficiaires supplémentaires.

« Sans l’accompagnement, on n’aurait pas ce taux de survie »

Pour Yves Jarland, c’est dans le micro-crédit accompagné que réside la force de l’Adie. Les porteurs de projet sont épaulés pendant au moins vingt mois à travers des formations collectives et des rencontres individuelle avec les conseillers de l’Adie ainsi que le réseau des quatre vingt bénévoles dont de nombreux chefs d’entreprise. Souvent en situation de grande précarité, les clients de l’Adie sont titulaires des minima sociaux mais 42% en sortent au bout de trois ans. C’est donc une réponse gagnante à la situation dramatique du marché de l’emploi qu’apporte l’Adie et ses partenaires financiers qui prêtent l’argent dont le Crédit agricole 31 et la Banque Populaire Occitane.

Parmi les actions phares en 2015, la structure souhaite renforcer le volet accompagnement sur la durée et le suivi et muscler encore son action dans les quartiers. Notamment vis-à-vis des jeunes et des personnes portant des micro-activités d’import/export qui pourraient bénéficier de prêts groupés. Une nouvelle action dédiée aux séniors à partir de 48 ans en collaboration notamment avec Toulouse Métropole et la Maison des chômeurs, sera annoncée sous trois mois.
Aurélie de Varax
Sur la photo : Marie-Jeanne Fouqué, conseillère communautaire de Toulouse Métropole et Yves Jarland, directeur régional de l’Adie. Photo Adie.